Rien ne s'est passé comme je le rêvais à cette rentrée des classes. Quand je suis arrivé, tous les regards étaient tournés ailleurs. Vers un drôle de spectacle : un vieux très très grand était planté au milieu de la cour. Il ressemblait à un bananier à l'écorce misérable, parce que ses habits étaient tout rapiécés. A l'école de Tsévo, il arrive que des bêtes sauvages perturbent la classe et que les héros ne sachent pas lire...
Un claquement de doigts et tout lui obéit ! Pas besoin d’aller à l’école, quand on est fils de sorciers et que la magie s’occupe de tout. Pourtant, il n’a pas envie de dormir toute la journée comme ses parents, pas envie de louper le spectacle de la vie. Lui, il veut apprendre à faire les choses, aller à l’école, jouer, compter, lire et écrire. Pourquoi se fatiguer ? se demandent ses parents, pourquoi refuser ses pouvoirs magiques ?!. Ses parents ne voient pas l’intérêt de se tuer à lire, à calculer, à penser. Ils l’appellent le Non, parce qu’il refuse la magie et qu’il préfère aller à l’école ! Il y apprend à jouer et à compter, il apprend le corps humain, il apprend le nom des choses et surtout il apprend la poésie. Pour l’anniversaire de sa mère, il invente un poème qui l’émeut et lui fait monter les larmes aux yeux, c’est incroyable, c’est presque magique ! Sur le chemin de l’école, il apprend aussi la vraie vie : il rencontre un vieil homme, un cheval, des pompiers, une rivière et surtout cette fille dont il ne connaît pas le prénom et qui fait battre son coeur. Pour elle, pour elle seulement, il ne réfléchit pas et utilise ses pouvoirs. Pour la première fois, il veut bien dire oui à la magie.