Les six histoires courtes de ce premier recueil (sur deux volumes) mettent chacune en scène une héroïne d'un signe astrologique différent. Série parue entre 1973 et 1974 dans le magazine féminin Josei jishin , La Femme de la constellation raconte des destins de femmes à différentes époques, de la Seconde Guerre mondiale aux années 1970. L'oeuvre de Maki constitue un reflet de la condition de la femme dans la société japonaise. La mangaka met en scène sans aucun tabou des femmes séduisantes et charnelles en plein éveil à la sexualité. La parfaite maîtrise de son trait et de ses expressions, ses compositions et ses scénarios d'une remarquable finesse font de ce recueil un chef-d'oeuvre du gekiga , dont la réédition était depuis longtemps attendue au Japon.
Cette anthologie présente pour la première fois au public français un des plus grands noms de l'avant-garde de la bande dessinée japonaise, Maki Sasaki. Des patchworks graphiques imprévisibles de ses débuts à ses adaptations des poètes du non-sens anglais, des impromptus absurdes pour la presse aux saynètes surréalistes qui suivent dans le magazine alternatif culte Garo, tous les mangas réunis dans cette anthologie confirment que Maki Sasaki est bien l'un des auteurs les plus audacieux et modernes que compte l'histoire de la bande dessinée japonaise. Les mangas de Maki Sasaki sont autant un témoignage de la métamorphose d'un jeune mangaka iconoclaste qu'une chronique des immenses possibilités poétiques de la bande dessinée.« Lorsque j'ai écrit mon premier roman, Ecoute le chant du vent, j'ai absolument tenu à ce que la couverture soit dessinée par Sasaki Maki. Je fus très heureux lorsque lelivre fût achevé et dans les rayons des libraires. Non parce que j'étais devenu écrivain, mais parce qu'un dessin de Sasaki Maki ornait la couverture de mon premier livre. » Haruki Murakami
Considéré au japon comme « l'étoile noire » du manga, S. Maruo construit depuis ses débuts en 1980 dans le magazine GARO, une oeuvre où se mêle mythologie japonaise et une certaine culture occidentale de l'érotisme, qui va du Marquis de Sade aux surréalistes.Le fond narratif, composé de courts dialogues crus et parfois poétiquement délirants, sont encadrés dans l'image pour ne pas polluer les images où se révèle toute la virtuosité graphique de Maruo. Son trait unique, ligne claire et raffinée, ses habiles découpages, nous confrontent sans cryptage au petit peuple monstrueux de ses fantasmagories. L'élégance est transgressive, ce qui apparaît comique pour un japonais, convoque chez nous des monstres enfouis. En traversant un Styx fictionnel, happé par l'incroyable mais effrayante délectation de son dessin, on peut y déceler moult références littéraires, philosophiques et artistiques qui, tout en bouleversant nos sens, nous invite à jouir de son univers unique, extrêmement pervers et pourtant proche, mais indéniablement cathartique.Q-saku est une pièce maitresse de cette oeuvre, composé de courtes histoires, on appréciera l'incroyable richesse de son imaginaire et le superbe amalgame de ses influences. L'horreur surgit, parfaitement orchestrée par la mise en scène, au coeur d'une atmosphère froidement esthétique.Manga adulte traduit du Japonais par Miyako Slocombe. Préface Arnaud Viviant