Les Fins du monde inaugure avec la nouvelle édition de Bleu, la toute nouvelle collection de L'Association « PATTE D'EPH ». Ces courts récits publiés en 2007 dans le magazine Spirou vous feront entrer dans la folie de professeurs illuminés dont le but ultime est l'anéantissement de l'espèce humaine. Trou noir psychique, gaz mortel, expanseur d'A.D.N. Les scénarios insensés s'enchaînent, se croisent et s'entremêlent donnant naissance à de drôles de monstres. Boris, héros ordinaire, tente désespérément de sauver le sort de l'humanité coincé entre deux professeurs hystériques qui ne manquent pas d'imagination pour « anéantir notre race stupide et médiocre ».
Apparu en 1984, Åke Ordür (« Åke Jävel » en suédois) est le héros le plus populaire de Lars Sjunnesson. Adopté par la scène punk, il va devenir motif de tatouages et de tee-shirts. Son cri de guerre Aux chiottes la bourgeoisie et toute l'ordurière société ! va passer des pages du magazine suédois Galago aux festivals de rock.Inspiré par un personnage de l'Opéra de quat'sous, Åke Ordür est dessiné en noir et blanc de façon très iconique : le logotype d'une société délétère. Vêtu d'un costume noir stylé, il montre les dents, un immuable sourire retenant une inextinguible cigarette. Il s'exprime laconiquement, souvent par interjection. Åke Ordür est la quintessence de l'anarchiste énigmatique qui défie violemment les autorités et les conventions en vigueur. Il boit, fume, jure, seul ou avec sa petite amie, Anna Dëbris (Anna Fan). Il fait exploser des bâtiments, poursuit des policiers, dénonce par l'absurde les oppressions sociales et les dérives insensées du consumérisme. Rebelle sans idéologie, pour des raisons purement égoïstes, le lecteur doit se questionner pour comprendre ses pensées et ses motivations. Mais surtout la permanente posture prosaïque d'Åke Ordür est drôle. Les situations sont totalement grotesques. Les autres personnages n'ont guère plus de moralité.
Renouant avec la veine parodique de ses débuts (Lame Ryder, Emmanuelle’s Last Flight, Lone Racer, Série Z,etc), Mahler nous propose probablement ici sa “revisitation” la plus poussée et la plus efficace : Engelmann s’attaque ni plus ni moins au Mythe tout puissant du Super-Héros. Certes, ce n’est pas la première fois que l’univers des Super-Héros est la cible de moqueries bien légitimes, mais grâce à son minimalisme et son acuité imparables, Mahler signe avec Engelmann un de ses examens critiques les plus grinçants et les plus drôles. On pourra y découvrir (notamment grâce au témoignage de l’employé de la cantine du Consortium, la maison de production) les coulisses de l’industrie des Super-Héros ; comment le Bureau des Scénarios gère les emplois de couverture (Engelmann se dissimule de jour dans la rédaction d’un magazine féminin), détermine les super-pouvoirs, ou change la cible de lectorat du malheureux Super-Héros, dès lors sujet aux problèmes d’identité et de psychotropes.Engelmann, l’Homme-Ange, et son camarade la Capitaine Analpho, nous instruisent sur la vie, la mort et la misère de ce métier méconnu, dans cette première Ciboulette en quadrichromie de Mahler, idéale pour découvrir le meilleur humoriste autrichien, l’auteur lui-même définissant ce livre comme un album mainstream.