Dès son adolescence à Bordeaux, Sempé rêvait de pouvoir intégrer la famille des dessinateurs du New Yorker, le prestigieux magazine américain dont il admirait l'esprit.Ce rêve devenu possible, en 1978, il se rend régulièrement à New York pour travailler avec une équipe qui lui laisse une totale liberté. Bien que Français, Sempé dessine cent une couvertures et autant de «cartoons» en pages intérieures, ce qui est sans précédent dans l'histoire d'un magazine américain.Ces dessins new-yorkais, dont de nombreux inédits, sont ici rassemblés pour la première fois et accompagnés d'un entretien avec Marc Lecarpentier, ancien directeur de la rédaction et président de Télérama.Ils expriment le bonheur de vivre dans une ville unique, avec ses chats insouciants et ses humains minuscules, sa frénésie, ses nuages, son gigantisme, ses jazzmen et ses jardins oubliés.
Janvier 1975, lancement de la fusée Métal Hurlant.Créé par une poignée de transfuges de Pilote, ce magazine de bandes dessinées devient le vecteur d'une révolution culturelle sous le règne de laquelle nous vivons encore. Plusieurs générations d'Humanoïdes s'assemblent et jettent leurs passions - BD franco-belge, comics US, underground, cinéma-bis, littérature fantastique, SF, roman noir, érotisme SM, rock, mode, design - dans ce grand shaker pour produire un mélange au goût étrange, carburant de toute notre modernité. Pendant treize ans, à coups de numéros spéciaux et d'éditions étrangères, Métal propage sur la planète ses visions incendiaires. Cette french touch soufflera jusqu'à Tokyo ou Hollywood, si bien que, trois décennies plus tard, Luc Besson, Ridley Scott, Tim Burton, Hayao Miyazaki, pour ne citer que ceux-là, peuvent se réclamer de l'influence de Métal Hurlant et de ses artistes.L'odyssée de Métal racontée par ses principaux acteurs, illustrée de photos et de documents inédits, suivie d'un scrapbook rassemblant plus de 600 images de légende extraites du magazine et de ses dérivés.300 pages de pur bonheur pour comprendre comment La Machine à Rêver a modifié à jamais l'ADN de la BD, l'esthétique du XXe siècle finissant, et jeté les bases du XXIe, qui sera visuel ou ne sera pas.
Au moment où le phénomène Millenium atteint son apogée avec l'arrivée du premier blockbuster de la trilogie signée David Fincher (Daniel Craig est Mikael Blomkvist), voici la première incursion de la BD sur ce territoire de légende.Guillaume Lebeau, auteur d'un essai remarqué sur Stieg Larsson et son univers, scénariste et documentariste ayant longuement rôdé sur les scènes du crime, s'étant frotté de près aux proches de l'auteur, ramène un biopic parfaitement adapté à la narration graphique. En trois instantanés d'une vie trop brève, la genèse d'une oeuvre et d'un auteur qui ont pris le monde par surprise. L'éveil du petit Stieg dans les forêts blanches du haut de la Suède. L'initiation du jeune journaliste dans une Érythrée peuplée d'amazones dogmatiques. Stockholm et la plongée dans le combat antifasciste, avec la création du magazine Expo, qui deviendra Millenium pour la postérité.Tout ce qui a modelé l'énigmatique Stieg Larsson, mort avant d'avoir su qu'il avait réenchanté le crime et ouvert une perspective toujours valide à ce jour sur une Europe du Nord où le ferment des totalitarismes continue de prospérer à bas bruit. Frédéric Rébéna apporte son dessin aux humeurs changeantes, son crayon incisif et laconique, la force de son dépouillement, à ce récit unique de la naissance simultanée d'un héros de papier et d'un héros des lettres. Une chronologie de Larsson, illustrée de photos inédites de l'auteur, complète l'ouvrage.