Sans moralisme ni démagogie, Baladi nous propose ici une courte histoire sur l’influence fortuite que peut avoir cette étrange invention de l’homme moderne : la presse people ! Tout commence lorsque l’auteur découvre sur un banc public un exemplaire de « Star People ». La lecture du magazine va d’abord provoquer chez lui une profonde consternation, puis un fou-rire bien naturel, pour enfin aller torturer notre protagoniste au plus profond de son sommeil. C’est alors que vont lui apparaître en rêve les héros de ses lectures dans de bien étranges situations…Un récit onirique et corrosif qui ne risque pas d’avoir un bon article dans « Gala ». Mince.
Tout d’abord, J&K, ça a été une poignée de numéros d’un fanzine nommé Epoxy, auto-publié par son créateur, l’Américain John Pham, et imprimé avec toutes les qualités et les défauts de la risographie. Aujourd’hui J&K est un livre – et quel livre – dont le contenu a été revu, repensé, retravaillé et complété pour l’occasion. Dans J&K, se dévoile un univers sans réel équivalent, faisant parfois écho aux Peanuts de Schulz mais avec une atmosphère bien plus viciée, un mélange de charme rétro et d’expérimentation actuelle, et une bonne dose de folie et de mordant. Jay et Kay, donc, évoluent dans un monde pop et imprévisible, où un méchant bouton dans le cou donne naissance à une créature indescriptible, et où des vampires dépressifs squattent les centres commerciaux. Les rêves sont peu flamboyants – devenir serveuse chez Orange Julio, compléter sa collection de Cool Magazine – les déceptions souvent cruelles mais l’humour, salvateur, bien présent, et la critique sociale jamais bien loin. Portrait d’une certaine Amérique, celle des malls géants et du consumérisme à tout crin, J&K joue jusqu’à l’extrême la cohérence du fond et de la forme, et se présente comme un objet complètement hors norme. Le petit monde de J&K est ainsi prolongé dans la fabrication même du livre, et plus spécialement dans ses nombreux suppléments (vinyl, petite revue, mini-poster, stickers), suppléments qui font écho aux pérégrinations de Jay et Kay et offrent ainsi une expérience « totale » et jubilatoire.