Algérie, été 1962. Plus d'un siècle de colonisation, sept années de lutte armée s'achèvent par l'affranchissement de neuf millions de musulmans qui réclamaient plus de justice sociale et de liberté.Pourtant, cette population va rapidement déchanter. Les séquelles des conflits antérieurs sont importantes : 40 % des Algériens vivent dans une misère totale, le chômage est galopant, l'exode massif, 90% de la population illettrée. Et si les institutions politiques se mettent en place, elles sont minées par les luttes de clans et les manigances pour s'approprier le pouvoir. La guerre civile menace.Le 5 Juillet 1962 à Oran, au lendemain de la déclaration d'Indépendance, un défilé festif dégénère en un massacre d'Européens. Terrorisée, 85% de la population va s'enfuir, abandonnant biens et espoirs.L'auteur a 13 ans en 1962. Il vit à Oran dans une famille aisée, intégrée à la culture française, mais attachée à sa culture nationale et à ses traditions musulmanes.Témoin des événements qui se sont passés à l'Indépendance, il retrace avec fidélité les faits politiques, économiques et sociaux, les ambitions de pouvoir qui ont relégué au second plan la construction de la nation et l'intérêt de ses citoyens. Mais aussi la vie quotidienne des Oranais.
Famille d'Egyptiens, expatriée au Liban depuis près de 10 ans, façonnée par la culture occidentale, les Naggar coulent des jours heureux. Entre une mère baba cool amoureuse de son meilleur ami gay, un père libraire, coureur de jupons fan de l'Echo des savanes et trois ados mordus de cinéma, cette véritable famille formidable se tient à l'écart des conflits politico-religieux qui minent le pays. Au cocktail explosif formé par les oppositions entre sunnites, chiites, druzes, maronites, catholique et arméniens, vont venir s'ajouter les tensions entre réfugiés palestiniens et Etat d'Israël. En avril 1975, la guerre éclate. Une guerre qui n'est pas celle des Naggar mais qui tardera pas à les rattraper.
Dans les vallées reculée de la frontière Pakistano-afghane, les trois mille derniers Kalash de l'Himalaya tentent de préserver leur culture et leurs traditions ancestrales, désormais menace´es par l'islamisation de la société et le monde moderne.A l'approche du solstice d'hiver, les Kalash chantent et dansent pour la renaissance des saisons et la fertilité de leurs cultures. Ils prient les dieux et les esprits de la nature, dialoguent avec les fées et écoutent les instructions du chamane.C'est pour vivre de l'intérieur l'événement le plus sacré de la tradition que Jean-Yves Loude, Viviane Lièvre et Hervé Nègre ont intégré le quotidien de ce peuple, appris leur langue et adopté leurs rites.Un voyage captivant en terres chamanique au coeur du Pakistan, coédité par le Musée des confluences de Lyon.
New York 1810, Lorenzo Daponte, un vieux vénitien juif converti au catholicisme, émigré sans le sou, se met en tête de faire découvrir la culture italienne et l'opéra aux Américains. C'est ainsi que, dès 1826, grâce à Daponte et à la création du Metropolitan Opera, Mozart est devenu célèbre outre-Atlantique.Lorenzo, né Emanuele Conegliano, n'est rien moins que le librettiste des opéras Don Giovanni, Cosi fan tutte et Les noces de Figaro.Il a connu gloire puis disgrâce à Venise Vienne, avant d'émigrer à New York en passant par Londres.Et s'il est resté dans l'ombre du célèbre compositeur, il a pourtant marqué l'Histoire en se faisant le trait d'union entre le libertin Casanova, son mentor, le génial Mozart, son ami, et le créateur du Père Noël Clément C. Moore, son disciple et mécène.Un ouvrage remarquable sur cet homme de lettres à la destinée extraordinaire.
Le tome 1 de Mémoires de Viet Kieu proposait quatre témoignages de Vietnamiens, dont le père de l'auteur, ayant dû s'exiler à cause d'une succession de guerres de 1945 à 1975.Le tome 2 nous plonge au sein de cette même diaspora aux Etats-Unis, dans le pays où elle est la plus représentée. Avec ce paradoxe omniprésent pour ces « Viet Kieu » de vivre au sein de la nation qui a « assiégé », ou « aidé » (c'est selon) leur pays natal.Quel que soit ce ressenti, ces communautés immigrées ne sont pas intégrées au sens français du terme mais vivent en autarcie dans des quartiers appelés Little Saigon. A travers des voyages réalisés en 2009 et 2010, Clément Baloup donne à voir comment s'est effectué l'entretien de la mémoire et de la culture dans ces quartiers asiatiques au coeur des grandes villes américaines (Chinatown, Little Tokyo, Lao Area, etc.).
L'île de Pâques était jadis une île isolée, avec sa culture propre et une population de près de 3. 000 habitants.Puis les occidentaux sont arrivés. Ils ont enlevé 1407 Pascuans pour les réduire à l'esclavage dans les mines de guano. Certains ont finalement pu rentrer... et propager sur l'île des épidémies venues du continent.C'est à cette époque qu'Eugène Eyraud, prêtre ouvrier de son état, décide de s'installer sur l'île pour y mener une mission d'évangélisation et apporter la civilisation à ces sauvages aux dieux de pierre. Il aura bien du mal à parvenir à ses fins, devra partir pour mieux revenir...Jusqu'à ce qu'un autre civilisateur vienne s'installer dans l'île : le marin Jean-Baptiste Dutrou-Bornier. Il développe l'agriculture sur l'île, épouse une princesse locale puis se transforme en despote, fait brûler les églises, tue, viole.À sa mort, en 1876, il ne reste plus que 175 Pascuans sur l'île. Les fameux Moaï, ces géants de pierre garderont leur mystère pour l'éternité...