C'est une entreprise de longue haleine qu'a débuté il y a plus de dix ans le chanteur de Carthage, Curro Pinana, et qui culmine aujourd'hui avec cet enregistrement. Cette sélection célèbre la culture juive, et principalement la figure de Ibn Gabirol, un immense personnage de la culture sépharade mystique. Il présente une collection de poèmes mis en musique, dont cinq de Gabirol extraits de son oeuvre « L'âme affligée » ainsi que de nombreux autres, afin de d'immerger dans la quête spirituelle perpétuelle de ces figures tutélaires qui parlent à nos sens.
Voce Ventu est un groupe de polyphonies corses, Mieko Miyazaki chante et joue du koto (cithare japonaise). Depuis leur rencontre en 2007, ces artistes ont travaillé un répertoire commun dans le cadre de résidences et se sont retrouvés l'été dernier dans une petite église des Landes pour enregistrer Tessi Tessi (tisser des liens en corse), avec l'exceptionnel soutien de la Maison de la Culture du Japon à Paris. Portés par le concours décisif de Manuel Solens, directeur artistique et violoniste de l'album, Mieko Miyazaki et Voce Ventu ont gravé onze plages qui unissent leur culture insulaire. Une habile collaboration où se fondent arrangements des uns et adaptations des autres, au fil d'un répertoire tout à la fois traditionnel et contemporain. Un album qui s'inscrit dans le prolongement naturel d'une aventure artistique et humaine qui, par-delà ses protagonistes, éveille l'enthousiasme de la Corse au Japon.
Voix incroyablement bien placée, culture musicale du blues au be-bop, rythme parfaitement intégré et couleurs sensuelles habilement placées ici ou là, celle que l'on surnommait Sassy a emmené le chant jazz à son apogée.
Les traditions musicales de l'île de Zanzibar trouvent leur racine dans la culture swahili, rencontre entre l'Afrique noir, le monde arabe et l'Inde. Au programme de ce voyage « épicé » : chants polyphoniques, instruments à cordes, percussions indiennes, rythmes lancinants...
La « Révolution klezmer », elle, se passe sous le signe de toutes ces musiques un rien mutantes qui puisent leurs sources dans le fabuleux vivier de la culture de l'Europe de l'Est mais qui les emmènent plus loin, aux confins d'une pop new look ou de couleurs inclassables où le hip hop et l'électronique viennent mettre leur grain de sel dans une tradition juive qui s'en sort revigorée voire totalement rénovée. Parmi les artisans de ces croisades musicales modernes, citons David Krakauer, les Klezmatics, le fameux Amsterdam Klezmer Band, et bien sûr Socalled, l'un des lutins les plus actifs de la nouvelle scène électro pop.
Ce nouvel album ambitieux du souffleur new-yorkais mêle dans un superbe élan créatif jazz et spoken word, hip hop et avant-garde, musique juive et harmonies vocales. On est là au coeur d'un art urbain qui ne surprendra pas les adeptes du musicien, surtout ceux qui connaissent ses travaux avec Elvis Costello, Debbie Harry, et ses incursions régulières dans les univers du film, du théâtre et de la poésie. À l'exception du Love Train des O-Jays, un tendre clin d'oeil au doo-wop, le répertoire est entièrement écrit par Nathanson et sa triple inspiration en est le jazz, Brooklyn, et la culture juive. On le devine, l'humour, la diversité, et l'audace sont les piliers de cette aventure musicale qui ne pouvait qu'être née à New York, et porter la griffe d'un des artistes les plus ouverts d'aujourd'hui : Roy Nathanson.
Avec cet album, nous plongeons au fond de la culture de l’Ouzbékistan. La place principale revient à la voix de la plus célèbre chanteuse traditionnelle du pays, Munadjat Yulchieva qui, avec sa voix grave, nous a déjà émerveillé dans «Sufi Soul». Le talent exceptionnel de la voix de Munadjat, sa force d’expression et son charisme naturel enchante entre-temps le public des grandes salles de concerts internationales, parfois touché jusqu’aux larmes comme cela s’est produit récemment à Londres. Les enregistrements ont été réalisé au printemps dernier dans les studios de la radio et télévision de Taschkent, capitale de cet Etat d’Asie centrale. Le célèbre joueur de rubab et professeur au conservatoire de Taschkent, Shavkat Mirzaev, a ajouté à son ensemble d’autres solistes de première classe afin de présenter tous les instruments et styles de musique de son pays. Les luths, instruments à cordes et cithares joués ici exigent la plus grande concentration et habilité pour atteindre de stupéfiants effets de glissando et de vibrato. Flûtes et percussions se mêlent à l’ensemble. La lente construction hypnotisante des morceaux progresse jusqu’à un point culminant dramatique d’où la chanteuse et l’ensemble donnent, avec brio, de toutes nouvelles facettes à la mélodie.
Ramzi Aburedwan, né et élevé en Palestine, a découvert la musique à plus de quinze ans. Il est aujourd'hui un soliste de renommée internationale et dirige l'Ensemble national de musiques arabes de Palestine. Savourez sur cet album instrumental la douceur de son bouzouk, accompagné par l'oud, l'accordéon et les percussions. La carrière internationale étonnante et le talent de Ramzi nous font souvenir que sa patrie est lieu de culture, de créativité et de beauté. Reflections Of Palestine est une sélection des compositions et arrangements originaux de Ramzi qui jalonnent son histoire personnelle. Photographié enfant jetant des pierres aux tanks israéliens, Ramzi est devenu ambassadeur de la paix et de la compréhension par la musique. Une image de 1987 montre un enfant de 8 ans, vêtu d'un jean et d'un blouson rouge, sur le point de jeter violemment la grosse pierre qu'il tient dans la main. L'image du petit garçon s'est rapidement diffusée et est devenue une icône de la première Intifada. Adolescent, Ramzi a pris des leçons gratuites de musique. En découvrant son talent, son monde a été chamboulé et la musique est rapidement devenue sa profession, sa vie, et, surtout, son arme. Ramzi a poursuivi ses études en France, au Conservatoire d'Angers. Il a ensuite obtenu une place dans le prestigieux Orchestre du Divan occidental-oriental de Daniel Barenboïm. Il se produit aujourd'hui en tant que soliste et dirige l'Ensemble national de musiques arabes de Palestine.
Sonny Landreth est l'un des plus grands joueurs de guitare slide actuel et à ce titre a collaboré avec de nombreux artistes : Clifton Chénier (son premier mentor), John Hiatt, Bonnie Raitt, Alain Bashung ('Osez Joséphine', 'J'écume', 'Volutes'), Stephan Eicher ('Carcassonne', '1000 Vies'), Elliott Murphy, John Mayall ('A Sense Of Place'), Mark Knopfler ('Golden Heart'), etc. Il est né à Canton dans le Mississippi le 1er février 1951 et a émigré très tôt à Lafayette où il devient un « session man » très recherché. Imprégné de culture louisianaise, il intègre facilement dans ses compositions des styles cajuns tels le zydeco ou le swamp. John Hiatt le repère assez rapidement et lui donne sa chance dans son groupe. Son style inimitable lui assure une reconnaissance chez ses pairs à commencer par des musiciens de stature internationale tels que John McLaughlin, Eric Clapton, Mark Knopfler, etc. Passé maître dans l'art de la 'slide guitar', grâce à un jeu arachnéen époustouflant, Sonny Landreth est également chanteur, auteur, compositeur, porteur de l'âme du Sud profond de l'Amérique : le blues. Ce onzième album solo est très différent de ce que le maître a déjà enregistré : il s'agit d'un album totalement instrumental. Les influences sont très diverses : sonorités ibériques, improvisations bouillonnantes entre rock et jazz, grooves jamaïcains, harmonies classiques, swing Zydeco... Un album sans frontière, enregistré en compagnie d'excellents musiciens, qui respire l'amour de la musique et dont la richesse surprend et tient en haleine à chaque écoute. A noter la participation de Joe Satriani (le solo féroce sur « Gaia Tribe ») et du virtuose de retour Eric Johnson (« Passionala »).