R-raparegar, une femme dotée de super-pouvoirs découvre dans une baignoire un jeune Intrus blessé par deux cow-boys de l'ouest sauvage. Parodie des séries B ou des bandes dessinées de série Z ? Bien entendu. Mais Marko Turunen n'est pas là pour railler avec complaisance les clichés de la culture populaire. Au contraire, profondément imprégné de ces références multiples, il en fait émerger un récit déroutant, rien moins qu'une émouvante histoire d'amour, où s'efface la frontière entre fantastique surréaliste et chronique intimiste.R-raparegar et Intrus vivent le temps en sens inverse, ce qui est pour l'unleur première rencontre, est pour l'autre la dernière. C'est dans l'espace-tempsinterdit qui les sépare que va se nouer leur étrange romance.
Après avoir exécuté un honnête dictateur, les amants *Démoniak partagent un moment d'amour dans la plus secrète de leurs caches. Ils s'adonnent ensuite aux joies de la lecture sans se douter que des soldats américains font route vers leur repaire...Le livre qui tue est le premier volume des aventures de *Démoniak qui paraîtront tous les deux mois dans la collection Flore. Selon ses détracteurs, *Démoniak n'est qu'un vulgaire avatar des pires visages de la culture populaire. Pour les critiques, c'est un «absurde fatras mythologique, politique et pornographique». Pour les croyants, c'est le Livre impie par excellence. Le pire sans doute est que l'on en ignore à ce jour la fin... mais aussi le début ! En effet, la parution du Livre qui tue sera suivie en mars de l'épisode précédent, Mort à Babylone, et la série continuera sa course en alternant numéros en aval et en amont.
«Cowboy Henk, ce n’est pas toujours bien, mais quand c’est bien, c’est VRAIMENT bien.»Umberto Eco.Avec sa houppette blonde, Cowboy Henk pourrait être le pendant surréaliste de Tintin. Politiquement incorrect, parfois potache mais tendre aussi, Cowboy Henk est un héros vieux de 30 ans, véritable icône pop et absurde !Figure incontournable de la culture flamande, il est apparu chaque semaine de 1981 à 2012 dans l'hebdomadaire flamand à gros tirage Humo.Et quand il traverse la frontière, Cowboy Henk est publié dans la cultissime revue RAW d'Art Spiegelman, avant de faire des apparitions en France dans Fluide Glacial, Psikopat ou Hara Kiri dans les années 80 et 90.Amateur du nonsense, et heritier direct du surréalisme belge, Cowboy Henk contient autant de références à la bande dessinée américaine classique qu'au dadaïsme. Herr Seele avoue pratiquer un humour vache comme Magritte et sa peinture vache : peinte avec la queue d'une vache.
Après 36 ans de déloyaux services au profit de la bande dessinée, Alex Barbier remet son tablier avant un arrêt définitit. Il n'a plus rien à dire. Il a tout dit. Il est vidé.Et pour cause, cette « Dernière Bande », plus hard, poétique et vénéneuse que tout ce qu'il a fait jusqu'à présent.Célébrons cet adieu à la scène et accueillons avec perte et fracas cette oeuvre ultime.Voici ce qu'en dit l'artiste sur le départ:« Après, terminé! Plus personne n'entendra parler de moi. Cette chose, est en effet venue comme une conclusion.Je désire brasser tous mes thèmes, toutes mes ambiances, tous mes paysages, tous mes personnages, et ainsi récapituler, résumer, pour moi-même, une histoire, celle de MES B.D., celles qui m'ont fait, triste chose que je suis ... » Inventeur de la couleur directe, Alex Barbier a infusé le trouble littéraire et pictural de la contre-culture dans le champs de la bande dessinée. Peintre de la chaire désirante, il revient pour un ultime tour de piste, son adieu à la bande dessinée.Héritier de William Burroughs et Céline autant que de Francis Bacon, il livre ici son oeuvre la plus violente et incarnée, la plus charnelle et incendiaire.Après la réédition de ses livres historiques Lycaons et Le Dieu du 12, après sa trilogie Lettres au maire de V, il ramasse et remet sur le tapis le théâtre de ses obsessions : Le casino de V. et son dernier habitant confronté à ses ruines d'humanité. Reclus dans ce lieu improbable, livré aux sarcasmes de politiciens extraterrestres, dans un dernier geste avant la dislocation, il convoque la cuisine italienne, ses jeunes amants pasoliniens, autant que des figures de la bande franco-belge dans un ballet séminal de fureur et de désir.
Conteur turbulent, Marko Turunen sort tous les personnages de son coffre à jouets pour évoquer sous les airs du pur divertissement le tragique de l'existence. Guerriers surarmés, poneys à coiffer et barbies policières donnent la réplique au Sheikh Hyperactif, sujet à l'impulsivité et l'amnésie.Sa science du rythme situe cette action dans une version spectaculaire du monde, faite de drames intimes, de fantasmes et de références au cinéma de série Z. S'y déploie patiemment un héros à première vue viriliste et brutal, qui s'avère mentalement fragile, proche de nous.Le Sheikh Hyperactif est un personnage réel, romancé par Turunen : il n'est pas sans foi ni loi, mais un produit de son environnement, irrationnel, capable des pires méfaits comme d'une soudaine fragilité. Et, trame de fond du récit mais non objet d'étude, il souffre a minima de troubles du déficit de l'attention avec hyperactivité. Ce trouble et le goût de Turunen pour les combats et les scènes explicites l'engagent dans une lutte permanente, fuite en avant pour la jouissance et la survie.La violence qui hante le monde de Turunen est une mise en relief de nos fantasmes, eux-mêmes hérités des produits de l'industrie du divertissement, dont il remanie les codes pour en montrer la face cachée. De mignons animaux, jouets et blondes à fortes poitrines rejouent des faits divers et des destins tragiques. Turunen développe sous ces traits gourmands et ces clins d'oeil à la pop culture des personnalités brutes, complexes. Il ne juge pas leurs vices et illusions mais les montre comme conséquences d'un réel qui les dépasse - machisme et violence gratuite inclus - à la manière de Frank Miller, une influence majeure.Le contraste opère radicalement, respirations et cascades alternent, mouvements chorégraphiés et dialogues épicés assurent le spectacle dans ce road movie dessiné. Le réel est ainsi mis à distance, montré au plus proche de ce que nous en connaissons : notre subjectivité, nos fantasmes standardisés, la lutte pour l'existence au quotidien.Le livre ne révèle son propos qu'après une lecture patiente, qui comme leur créateur observe les protagonistes sans les ramener à des stéréotypes.De ce sheikh machiste, addict et violent, le lecteur ne percevra donc toute la personnalité que dans les dernières pages, qui invitent à relire l'oeuvre d'un point de vue plus avisé sur les troubles du comportement. Aucune vérité n'est livrée, la subjectivité du lecteur devra se confronter aux faits et aux paroles. Bienvenue dans la réalité augmentée de Marko Turunen.