D'origine guyanaise, Blakkamoore part très tôt vivre à Brooklyn où il baigne dans la culture hip-hop. De ces origines diverses lui viendront l'envie de mixer les sons, jongler avec les cultures. Son style est ainsi un patchwork épicé de toutes ces influences entre musique urbaine et sonorités tropicales du reggae dancehall. Sur son nouvel album Upward Spiral, Blakkamoore démontre à quel point reggae et hip-hop sont liés. On y savoure sa voix huilée et charismatique, qui se dilue aussi bien sur du reggae que sur des sonorités plus urbaines. Quand le tempo s'accélère, Blakkamoore poursuit avec aisance et son flow se déverse avec fluidité. Blakkamoore, un artiste complet qui, à travers ce nouvel album, remet le reggae sur le devant de la scène internationale. Ce n'est pas pour rien que Snoop Dogg lui-même participe à ce nouveau projet sur le titre Get Down Tonight l'exemple parfait d'une rencontre dancehall / hip hop au sommet. Biga* Ranx, icone de la scène Dub digitale le rejoint sur l'excellent Skyscrappers, une collaboration de haut vol où les deux voix, les deux flows se donnent la réplique. Enfin, le défunt Akae Beka, ancien chanteur du groupe Midnite qui transcendait les foules avec une aura mystérieuse, est aussi de la partie sur Earth Cry . Un cocktail de qualité servi sur un plateau de productions riches et variées, redonnant un coup de fouet au reggae mondial, de quoi réunir du monde autour d'esthétiques qui, finalement, peuvent n'en être qu'une.
TRAGéDIE D'UNE TRAJECTOIRE après de longues années d'attente, enfin la réédition de l'album de CASEY. Balafrée et creusée par des plaies mal cicatrisées, Casey expose un visage à l'image de ses mots. Ennemi de l'Ordre, son précédent disque, assénait avec force, sous le vocable d'un je, les souffrances et colères d'un nous opprimé, dominé. L'identité collective laisse place sur ce plus long format à l'expression d'une identité personnelle, plurielle, dont les lignes de force et de construction se dessinent au fil des titres. Un premier morceau, où chaque mot est un coup de couteau, trace cette trajectoire, par un récit autobiographique fragmentaire, décousu, et violent, donnant à voir par flashs des moments de l'enfance, fondateurs et obsédants. Puis les différents pôles de l'identité de Casey s'exposent. Il y a les racines : un magnifique Chez Moi, hommage à l'île d'origine, sa culture et son histoire nécessairement souffrantes. Il y a ce qui a fait et continue de façonner Casey : la Banlieue Nord et le rap, la fierté populaire mêlée à l'orgueil de l'autodidacte. Et il y a ce que Casey veut détruire, ce qui la construit dans l'adversité : les ennemis, dans la société française ou dans le milieu rap, ou cette si féconde histoire d'amour avec la haine. Une haine qui prend la forme d'une bombe finissant de s'amorcer lors de la prophétie d'explosion qui conclut le disque. C'est ici que la tragédie individuelle dessinée par le premier morceau et la tragédie collective tracée par Ennemi de l'Ordre se confondent et deviennent tragédie politique et sociale. NOUVEL ALBUM ET TOURNéE EN MARS 2020.