C'est l'histoire d'une armée sans pays, la Légion tchèque, composée des 70 000 prisonniers de guerre Tchèques et Slovaques, qui a un projet fou : revenir « chez elle », grâce au chemin de fer transsibérien afin d'obtenir la création d'une république tchécoslovaque. C'est l'histoire d'une nation en marche, au sens propre comme au figuré. Au bout de la voie, leur cri de guerre deviendra réalité : « Svoboda ! Liberté ! ». Kris et Pendanx nous entraînent dans une véritable odyssée ferroviaire, au milieu du chaos de la révolution russe de 1917.Prague, automne 1938. Josef Cerny dit « Pepa », professeur d'arts plastiques, apprend les accords de Munich et imagine sans peine la suite : la mort de la Tchécoslovaquie, son pays et cette république qu'il a contribué à faire passer du rêve à la réalité, vingt ans auparavant.Alors, il ressort ses vieux carnets de croquis et les écrits de son compagnon, l'écrivain Jaroslav Chveïk.Tcheliabinsk, 14 mai 1918. Parti de Samara, le régiment de Jaroslav rejoint enfin les éléments avancés de la 1re division tchèque, parmi lesquels se trouve Pepa. Mais la joie de leurs retrouvailles va bientôt s'effacer devant les événements dramatiques de cette journée noire. Cette journée où, pourtant, pour ces milliers de soldats perdus loin de chez eux, tout a vraiment commencé.
Italie, plaine du Pô, aujourd'hui. Bruno vit seul. Il est gardien de péage du pont. Son obsession : « rester dans le tracé », ne pas faire de vague, être invisible...Bruno rend régulièrement visite à Maria et l'aide à vider la cabane au bord du fleuve. Depuis la mort de son mari, Maria vit seule avec son chien. Il y a une odeur réconfortante dans sa maison. Une odeur de choses immobiles. La fille de Maria, elle, veut la convaincre d'emménager près d'elle, en ville. C'est dangereux sa maison isolée. Il y a de plus en plus de cambriolages, sans parler des trafics sur le fleuve qui ne cessent d'augmenter. On dit que c'est la faute aux étrangers. Ils squattent de vieilles fermes abandonnées. Ça tourne à l'invasion, on dit cela.Anton, lui, est en Italie depuis 9 mois. Il vit d'expédients et de petits boulots sur les chantiers. Au noir. Un jour il se casse la jambe en tombant d'un échafaudage. Pas question d'hôpital pour les patrons. Il est embarqué dans un refuge, où on le soigne quand même, discrètement. Mais Anton s'enfuit et pique la caisse. Il se réfugie dans la cabane de Maria...Bruno et Anton. Deux hommes en marge de la société.Le premier ne veut surtout pas faire de vagues, le second tente simplement de survivre. Mais vivre à la marge fait-il de vous des nuisibles ? Piero Macola signe un récit intimiste qui parle aussi, de manière diffuse, des malaises de la société d'aujourd'hui...
Les extraordinaires (més)aventures d¹une gaffeuse ! «Je m'appelle Prunelle et je voudrais sauver la planète.» Ce sont les premiers mots de cette comédie magnifique de drôlerie et de tendresse. Si l'on rit beaucoup à la lecture de Ça n'arrive qu¹à moi !, on s'émeut des mésaventures mouvementées de son héroïne... Écologie, médecine parallèle, télévision, voisinage, racisme «ordinaire» : tout passe à la moulinette ravageuse mais tendre de Didier Tronchet. L'auteur de «Jean-Claude Tergal» renouvelle avec brio la comédie sociale ! Prunelle est une charmante jeune femme qui a le souci de la nature. Tri sélectif, vélo plus que 4 X 4, douche plutôt que bain, elle pousse son engagement pour l'écologie jusqu'à ouvrir un cabinet de naturopathie ! Les soins par les plantes ! Tout un programme ! Ajoutez à cela que Prunelle est la reine des gaffeuses, qu'elle mélange dictons et autres proverbes avec une volubilité désarmante : elle voit toujours l'oeil dans la poutre du voisin ! Bref, c'est une... nature ! Tout irait bien dans le meilleur des mondes si la télé ne venait pas bousculer sa vie. En effet, une sitcom au succès grandissant raconte les mésaventures quotidiennes d'une jeune femme, dont les gaffes et les expressions fantaisistes sont les copies conformes de celles que Prunelle renouvelle jour après jour. Quel est ce mystère ? C¹est tout le sel de cette comédie sociale, menée avec maestria par Didier Tronchet.
Bordelais comme Les Hurlements d’Léo, compositeur et chanteur lui-même, Emmanuel Moynot a accompagné les musiciens pendant cinq mois, du 17 juin au 17 novembre 2011. Il a écrit et dessiné un reportage intime sur leur vie : tensions, incompréhensions, coups de gueules, mais aussi fous rires et déconnades. Une aventure humaine et musicale, sur la route et la scène. « Est-ce que vous êtes prêts pour un…bor-del-de-luxe ??!! »Nés de cette nouvelle scène française apparue à la fin des années 90, Les Hurlements d’Léo sont à mi-chemin entre le rock alternatif et la chanson « à texte ». Leur union avec Les Ogres de Barback en 2001, donne naissance à la fameuse tournée « Un air deux familles ». Depuis, ils multiplient les collaborations musicales et artistiques, s’imposant comme un véritable groupe de scène, à l’énergie jubilatoire. Emmanuel Moynot a suivi les huit « troubadours effrontément punks », comme ils se définissent eux-mêmes, sur leur dernière tournée. Du café Charbon à Nevers au Bataclan à Paris, en passant par le Sziget Festival, en Hongrie, celui de Dour en Belgique, et les Francofolies, il a partagé les repas, les balances, les heures de route, les tensions, les doutes et l’énergie des concerts. Tantôt observateur discret, tantôt neuvième membre de l’équipe, Emmanuel questionne son métier d’auteur et son propre rapport à la musique.3 chansons de leur nouvel album sont offertes avec l'achat de cette BD !
Cinquième volume de la collection de bande dessinée en collaboration avec le musée du Louvre, Rohan au Louvre, du Japonais Hirohiko Araki, en est certainement le livre le plus surprenant.Le plus international aussi, puisqu¹il s¹agit d¹une création originale, en couleur directe, de ce mangaka célébrissime et même cultissime en son pays, avec près d¹une centaine de livres publiés !Rohan Kishibe est un jeune mangaka. Pendant ses vacances, il fait la connaissance d¹une jeune femme, Nanasé, qui loue une chambre chez sa grand-mère. Le voyant dessiner, elle lui parle d¹un tableau, certainement le tableau le plus étrange au monde : celui de Nizaémon Yamamura, peint avec la couleur la plus noire jamais créée, dont la matière aurait été extraite d¹un grand arbre, vieux de plus de 1 000 ans. Un tableau maudit, car le peintre fut condamné à mort par son Seigneur pour avoir abattu l¹arbre vénérable. Le tableau échappa de peu à la destruction et aurait été acheté par un conservateur du Louvre, il y quelque deux cents ans.À la fin de l¹été, Rohan rentre chez ses parents et oublie cette histoire. Dix ans plus tard, devenu un professionnel reconnu, Rohan entend à nouveau parler du fameux tableau noir. Profitant d¹un séjour à Paris, il décide alors d¹aller le voir au musée du Louvre. Las ! Le tableau, s¹il apparaît bien dans les répertoires du musée, n¹est pas exposé. Il est introuvable et semble avoir disparu¦ Une enquête haletante au cur du plus grand musée du monde.
Dans ce récit écrit à 4 mains, Kris et Éric T. racontent leur vie, celle de deux adolescents que rien ne prédisposaient à se rencontrer. La chronique intime d'une Amitié Majuscule forgée dans la douleur et les affres de l'existence. Un récit poignant.Hôpital de Brest 1994. Christophe retrouve son ami Éric, en séjour psychiatrique, suite à sa tentative de suicide. Il essaie de comprendre les motifs qui ont poussé son ami à commettre ce geste. Des raisons, Éric en a beaucoup : une mère alcoolique, un problème d'illettrisme, qui le met en marge de la société. Rien de bien réjouissant dans tout cela. Dans le même temps, Christophe est entré à la fac. Il s'est plongé à corps perdu dans les études et a perdu un peu le contact avec son ami. Jusqu'à cette tentative...Dès lors, Christophe et Éric se retrouvent. La famille de Christophe prend Éric sous son aile et la vie reprend peu à peu son cours normal... c'est le temps des filles et des premiers amours. Et c'est au tour de Christophe de plonger dans une histoire compliquée... et c'est au tour d'Éric d'épauler, à son tour, son ami...Qu'est-ce qui pousse un jeune adulte au suicide ? Comment peut-on vivre de nos jours sans vraiment savoir lire ? Comment s'intégrer dans la société ? Avec justesse et sincérité, en revenant sur leurs souvenirs d'enfance, Kris et Éric T., épaulés par le dessin efficace de Nicoby, nous prennent par la main pour nous raconter ce terrible récit, sans aucun pathos.
Jean- Hugues Berrou et Pascal Rabaté, équipés de leurs armes respectives, marchent sur les pas du grand écrivain.Ou plutôt ils sont accompagnés de son souvenir, de ses récits, protégés par son humour aussi. Ils croisent des témoins qui ont connu ces bagnes devenus goulags. Ils se font pages blanches où les humains perdus dans des étendues sans fin se posent presque brutalement dans leur dépouillement. Un long voyage à travers les forêts, les fleuves, les maisons et les hommes qui semblent espérer leur propre oubli.Le 21 avril 1890, Anton Tchékhov quitte Moscou pour une longue traversée de la Sibérie. Il arrive après quatre mois d'une course épuisante à parcourir les 8 000 km qui le séparent de l'île de Sakhaline, située au nord du japon. Il veut témoigner en tant que médecin des conditions de vie des bagnards isolés sur cette longue langue de terre gelée. C'est que déjà dans la Russie tsariste, on bannit, enferme et exile à tour de bras.Son voyage durera une année entière. Tchékhov écrit des lettres à ses proches, prend des notes, recueille des anecdotes, fait l'inventaire de la population de chaque village de cette immense colonie pénitentiaire. Il en tirera un récit étonnant : l'Île de Sakhaline : je veux simplement écrire deux ou trois cents pages et payer ainsi ma dette à la médecine, à l'égard de laquelle je me comporte, vous le savez, comme un vrai porc .Mais ce médecin est avant tout un dramaturge.
Presque dix ans après la mort de Gordon McGuffin, ses ayant droits (deux cousines) ont retrouvé dans ses archives l'essentiel des fameux carnets qu'il affirmait tenir depuis 1985. Ce précieux document précieux est désormais livré à la sagacité du grand public. Voilà enfin l'occasion de réhabiliter la figure de McGuffin, artiste oublié par nos écoles de cinéma et trop souvent absent des revues de spécialistes. Gordon McGuffin a pourtant été un témoin privilégié de Hollywood, depuis son âge d'or, jusqu'aux grands bouleversements des années 1970 et 1980. Il aura été, à sa manière, un réalisateur et, bien sûr, un scénariste de premier plan. Sa parfaite connaissance du hongrois lui aura aussi valu l'amitié de Zsa Zsa Gabor.Nous présentons ici la première édition en français des Carnets de Gordon McGuffin. Les carnets originaux se composent de feuilles manuscrites et de photographies diverses rangées dans une chemise intitulée Recettes de Jenny. D'après Jacques Boudoir, de l'université de la Sorbonne Nouvelle, Jenny Owens est la tante de Gordon - quant aux recettes, elles concernent pour l'essentiel la confection de gâteaux à la carotte. Le titre écrit sur la chemise a pu égarer bien des chercheurs, voilà pourquoi on est resté si longtemps sans nouvelle des Carnets McGuffin.L'ordre des pages a été rétabli, ainsi que l'orthographe. Les passages illisibles ou manquants ont été signalés entre crochets [.]. Contrairement à l'édition américaine (Nutmeg & Clove, 2005), nous avons choisi de ne pas retenir les recettes de Jenny Owens, afin de rendre la lecture plus facile.
Il commençait à sérieusement nous manquer !!Après Les petits ruisseaux et La Marie en plastique, Pascal Rabaté revient à ses chroniques provinciales, observant avec malice, mais sans moquerie, les gens ordinaires. «J'aime les petites gens. Ils sont à ma hauteur, je suis issu d'un milieu campagnard, je raconte le milieu dans lequel j'ai grandi, les gens que j'ai croisés, qui vivent et pensent au premier degré, comme moi.» À l'instar de Charles Trenet, qui sur l'air de Je Chante, fit fredonner joyeusement la France entière avec l'histoire d'un artiste qui finit par se pendre, Pascal Rabaté nous raconte avec jubilation les faits et gestes d'un garçon triste à mourir, dans une province cafardeuse, sur fond de suicide, de conflit social et de délocalisation. Y'a de la joie!Patrick possède une boutique de farces et attrapes en province, «Le petit rien tout neuf avec un ventre jaune». Ici tout est rigolade, poilade, farce... Mieux vaut faire abstraction du bon goût, les étrons en plastiques côtoient les tabliers de cuisines assortis de faux seins, sous le regard jubilatoire des masques de Johnny ou Sarkozy. La boutique est tenue par Patrick, clown devenu triste sire depuis le départ de son épouse (« Ma femme m'a quitté parce que je suis une vraie m***e qui vend des fausses en m***** en plastique »). La vie de Patrick va basculer au cours d'une soirée entre amis. Notre petit commerçant va faire connaissance d'une artiste, une acrobate travaillant pour le cirque Nuage, de passage en ville... Une étoile brillante dans la nuit sombre qui va de nouveau éclairer le chemin de sa vie.
Si la littérature n¹est pas avare de sagas familiales rurales, ce n¹est guère le cas en bande dessinée.À travers la vie de braves gens, au fin fond d¹une petite région agricole de l¹Ontario, Jeff Lemire dépeint un tableau universel, celui des histoires de village et des secrets de famille.Lester Papineau, un garçon d¹une dizaine d¹années, vit chez son oncle, un fermier, depuis la mort de sa maman survenue un an auparavant. Il s¹ennuie ferme, dessine des histoires naïves de super héros, est rêveur et mélancolique. Son seul ami est Jimmy Lebeuf. Ancien hockeyeur de talent, il tient la station-service qui fait aussi office d¹épicerie. Depuis le mauvais coup à la tête qu¹il a pris lors d¹un match, il semble ne plus avoir tous ses esprits ou, du moins est maintenant considéré comme différent. Mais est-ce l¹unique raison pour laquelle oncle Ken préfèrerait que Lester ne le fréquente pas ?Vince et Lou Lebeuf sont les vedettes de l¹équipe de hockey. Liés comme les doigts d¹une main, tout leur réussit, jusqu¹au jour où le mariage de Lou avec la très jolie Beth Morgan les sépare. Pourquoi la vie de Vince ne devient plus que remords et regrets et solitude. Pourquoi 25 ans sans se voir ? Pourquoi, même quand vieillards, les deux frères habiteront à nouveau ensemble, suite à un dramatique accident de voiture, rien ne pourra les réconcilier ? Et pourquoi, Jimmy, leur petit-fils et petit-neveu ne vient-il que si rarement leur rendre visite ?Infirmière à domicile, Anne Byrne-Quenneville côtoie les protagonistes des différents récits qui composent ce livre. Elle connaît tous les secrets qui les relient et les éloignent et les font souffrir. Pourtant, à quoi ça sert la famille, sinon à donner de l¹amour.
Textes en anglais et en français de Jean-Pierre Mercier, Denis Kitchen, Paul Gravett et John Lind, dessins de Will Eisner.Reprenant les thématiques principales de l'exposition, ce livre abondement illustré présente des documents rares ou inédits de la vie et la carrière de Will Eisner :- L'enfance à Brooklyn, ses premiers dessins, ses maitres (Segar, Milton Caniff...). L'occasion de mettre en valeur l'importance de l'environnement familial, en particulier le rôle de son père, ancien peintre de fresques murales, qui l'encouragea à embrasser la carrière artistique et qui témoigne de son précoce talent.- Passage en revue des activités de l'agence fondée par Will Eisner et Jerry Iger, pionnière en matière de packaging, qui fournit des dizaines de série « clé en main » aux éditeurs spécialisés.- The Spirit. C'est le personnage le plus illustre de Will Eisner. Créée à l'aube de la seconde guerre mondiale, cette série policière décalée a connu plusieurs vies durant une douzaine d'années. C'est à son retour de l 'armée que Will Eisner dessinera les plus belles pages du Spirit, réinventant chaque semaine, la façon de raconter une histoire avec un personnage récurrent. Passant du polar à l'humour, du conte philosophique au récit social, cette oeuvre finira pourtant par le lasser au point de l'arrêter, avant d'être redécouverte à la fin des 60's par la presse underground hippie. Le livre reprendra trois histoires complètes du Spirit d'après les planches originales.- Les romans graphiques. Redécouvrant la richesse de la bande dessinée grâce à une nouvelle génération d'auteurs, il abandonne son travail d'auteur et éditeur pour l'armée américaine, Will Eisner a 60 ans quand il dessine son premier roman graphique, Un bail avec Dieu. Dès lors, il n'aura de cesse jusqu'à la fin de sa vie en 2005 de raconter des histoires plus intimistes, souvent emprunts d'éléments autobiographiques.
« Emmanuel Guibert, japonais. Le titre est culotté. Si je mets bout à bout mes trois séjours au Japon, j'obtiens à peine quatre malheureux mois. À côté de l'autochtone qui descend de la déesse Amaterasu, à côté de Lafcadio Hearn, de Nicolas Bouvier, des copains et copines qui vivent au Japon depuis des années, je suis la grenouille qui veut se faire plus grosse que le sumotori. Pourtant, pas à tortiller, Emmanuel Guibert est bien japonais.Débarquant à Tokyo la première fois, j'ai essayé de me convaincre que j'étais dépaysé, c'était faux. À part quelques aliments dans mon bol, je reconnaissais tout. Il faut dire que Tokyo n'est pas mon lieu de naissance. Mon lieu de naissance, c'est Kyoto. C'est à Kyoto que j'ai fait les primes expériences du chaud et du froid, du jour et de la nuit, que j'ai dit mon premier mot (« fude »), que je suis allé à l'école, que j'ai perdu ma fleur de cerisier, que je me suis marié, que j'ai engendré, que j'ai frénétiquement bossé, que j'ai été malade, que j'ai pris un coup de vieux, c'est à Kyoto que j'ai été japonais. » C'est ainsi qu'Emmanuel Guibert présente son livre. Et, bien sûr, tout est faux et tout est vrai.Chaque livre d'Emmanuel Guibert est un éblouissement. Guibert, japonais n'échappe pasà cette règle absolue. De son dessin, qu'il plie aux exigences des univers, humoristiques, fantasmatiques ou réalistes, qu'il explore, transpirent l'originalité, l'intelligence et l'émotion, jamais apprêtées car toujours retenues à la juste expression. Son trait glisse directement de son cerveau et de son coeur sur la feuille. Il ne faut pas croire pour autant à la seule facilité d'un dessinateur surdoué, tombé dans la marmite de l'excellence quand il était petit. Oui, l'enfance, le bonheur de l'enfance toujours présent, l'accompagne constamment, mais des heures de dessin, chaque jour ou presque, depuis tant d'années, croquis pris sur le vif, véritable fringale, le maintiennent en éveil et aiguisent sa main-outil.Par son trait même, il dit le goût des autres et le sens de l'amitié. Emmanuel Guibert est un auteur du bonheur. Il faut tout lire d'Emmanuel Guibert, tout regarder. On en garde à jamais le sentiment d'être vivant.