En noir et blanc.Lors d'une de ses visites guidées, Cécile aperçoit dans les allées du musée du Louvre un petit chaton blanc qui semble écouter ses commentaires. Quand elle en parle à son collègue, celui-ci ne la croit pas. Monsieur Marcel est gardien de nuit depuis des années. Sa famille travaille au Louvre depuis des générations. Ce soir, il forme Patrick, une jeune recrue. Très vite, il s'éloigne du circuit habituel pour emprunter le chemin des combles. Là haut, Patrick découvre des chats. Marcel vient les nourrir et explique à son jeune collègue que ces chats ont toujours habité au Louvre. Ils étaient là déjà à l'époque où le Louvre n'était qu'un château. Une fois les gardiens partis, les chats se mettent à parler. Il y a Barbe-bleue, Myosotis, Dent-de-scie, et le petit chat blanc, c'est Flocon. On raconte qu'il est spécial, ce serait un passe-tableau... mais qu'est-ce qu'un passe-tableau ?
Deux personnages se rencontrent à trois reprises.Un homme commence à parler avec une femme dans le hall de son hôtel et, quand celle-ci a un malaise, il l'héberge dans sa chambre. Leur conversation se poursuit, l'homme s'ouvre à elle mais mal lui en prend.Un portier d'hôtel aide une jeune cliente à s'enfuir afin d'échapper à son compagnon, un individu violent et dangereux. Plus âgé qu'elle, il lui révèle qu'il a passé treize ans en prison à la suite d'un meurtre.Malcolm, le personnage de la première rencontre, est encore enfant quand ses parents meurent dans l'incendie de leur maison. Pour le soustraire aux suites de ce drame et l'emmener dans un endroit sûr, une inspectrice de police le conduit chez un de ses amis.Trois histoires nocturnes qui se concluent à l'aube et qui marquent, chacune à sa façon, un nouveau départ. Trois facettes qu'Alessandro Baricco rassemble en un récit hypnotique et puissant, non dépourvu d'élégance et même de sensualité.
Pendant des siècles, les pirates chrétiens et musulmans se sont affrontés en Méditerranée. À la fin du 15e siècle, les musulmans prennent le dessus. Les navires français, espagnols et anglais sont abordés et leurs équipages et passagers sont réduits en esclavage, même si les flottes de ces pays vont jusqu'à bombarder (en vain) Alger et Tunis au cours des 17e et 18e siècles. Au début du 19e, ces 3 grandes puissances navales signent des traités en échange d'un tribut. Les pirates se rabattent alors sur de plus petitsétats comme le Danemark, la Hollande et. l'Amérique devenu un état indépendant. À peine nés, les Etats-Unis entrent en conflit avec des états situés à des milliers de kilomètres d'eux. Les premières négociations échouent (Adams, 2e président des États-Unis ira pourtant jusqu'à traiter avec les états barbaresques pour une somme représentant un cinquième du budget du pays !) et, en 1803, son successeur, Jefferson, décide d'envoyer une escadre contre le pacha de Tripoli.
Baye Phal, jeune enfant né à Saint Louis du Sénégal, vit d'expédients. Il plonge dans les eaux du fleuve à la recherche des pièces que lui jettent les touristes de passage. Jusqu'au jour où une riche danseuse hollandaise de passage à St Louis, l'adopte pour en faire son boy sur scène et l'embarque avec elle en France. Quand elle repart à Rotterdam quelques mois plus tard, il reste seul à Marseille, car il est sans papiers. Dans la rue, l'enfant survit comme il peut et enchaîne les petits boulots. Il est repéré par un entraîneur de boxe, qui va le transformer en champion. Il devient Battling Siki. Sa carrière s'interrompt le temps de la première guerre mondiale (il est engagé volontaire) et en 1922, après de nombreux matchs minables, il devient champion du monde en battant Georges Carpentier. Après la gloire, ce sera la lente descente aux enfers. Accusé de tricherie, il finira assassiné en 1925.
Luc Leroi, un anti-héros ? C'est le mot qui le désigne le plus souvent, en vingt ans d'existence éditoriale (1980-2000). Luc Leroi est un marginal, vivant dans une mansarde, sous les toits de Paris. Lunaire, attachant, pudique, succombant plus souvent qu'à son tour au charme des femmes, il quitte parfois sa mansarde pour vivre, à son corps défendant, des mésaventures où le danger côtoie le burlesque. Bohème, il évolue dans un quotidien contemporain. C'était alors une idée plutôt nouvelle que de raconter des histoires se basant sur la réalité, sans référence ni aux genres traditionnels de la BD, ni au cinéma, ni à la littérature. Jean-C. Denis, avec Luc Leroi, raconte des histoires simples qui reflètent, d'une certaine manière, sa vision personnelle de la vie, s'amusant du pessimisme qui l'habite. Luc Leroi est plus vivant que jamais ! Double de papier de Jean-Claude Denis à bien des égards, il ne peut donc disparaître tout à fait : on le retrouvera prochainement dans un nouveau récit.
Le 28 juin 1914, le terroriste nationaliste yougoslave Gavrilo Princip (1894/1918) assassinait l'Archiduc François-Ferdinand de plusieurs coups de revolvers, événement déclencheur de la Première Guerre mondiale. Si ce fameux attentat de Sarajevo a été maintes fois commenté, l'homme qui tenait l'arme du crime dont furent victimes l'Archiduc d'Autriche et sa femme reste pour la plupart un illustre inconnu. Cet homme, c'est Gavrilo Princip, un jeune étudiant serbe de Bosnie-Herzégovine né en 1894. Il le 7ème enfant d'une famille nombreuse de 9 enfants. D'extraction très pauvre, il vécut une enfance et une jeunesse marquée par la pauvreté.Cet événement, dans le contexte de relations internationales tendues de cette période, eut des répercussions inattendues qui amenèrent le gouvernement austro-hongrois à déclencher le 28 juillet 1914 - par une ironie de l'histoire le jour des 20 ans de Princip - une guerre préventive qui se mua bientôt en guerre européenne puis mondiale.
Né dans une modeste famille juive de Tunis en 1911, Victor Perez se passionne très tôt pour la boxe. Sa carrière professionnelle démarre à Paris en 1928. Il est très vite remarqué et même s'il ne gagne pas tous ses combats, tout le monde s'accorde à dire que c'est un pugiliste né. Il est sacré champion de France poids plume en 1930, avant de devenir champion du monde en 1931. Après un retour triomphal à Tunis, il devient la coqueluche du tout Paris, multipliant les liaisons avec les stars de l'époque, dont Mireille Balin, l'héroïne de Pépé le Moko. Après avoir cédé son titre de champion du monde le 31 octobre 1932 au profit de Jackie Brown, il entame une période plus difficile. Il accepte pourtant de jouer à Berlin, au lendemain de la Nuit de Cristal, dans un climat politique marqué par un antisémitisme déclaré. Rattrapé par la guerre, il est déporté à Auschwitz, ou il est l'objet d'un traitement particulier, avant d'être abattu en 1945.
Lorsque Golo se rend au Caire pour la première fois, il ne se doute pas quece voyage va bouleverser sa vie. C'est un livre d'Albert Cossery, Mendiants et orgueilleux, qui fut le déclic de ce premier voyage. Golo l'adaptera en bande dessinée quelques années plus tard (adaptation que Futuropolis réédite aujourd'hui) Mais ce sera ses rencontres avec les habitants, derrière le décor clinquant des musées à touristes, qui le feront rester.Mes mille et une nuits au Caire est le témoignage vécu de ces années passionnées où Golo découvre une autre philosophie de l'existence. Il décrit avant tout la vie quotidienne, à travers un écheveau d'anecdotes et de noktas, (« Les histoires drôles sans lesquelles on ne peut comprendre ce pays »).C'est aussi le témoignage de l'évolution d'une ville qui, depuis trente ans a beaucoup changé avec l'ouverture économique et le tourisme de masse.Ce premier volume s'attache plus particulièrement aux années 70 et 80. La dernière partie, à paraître l'année prochaine, reviendra sur les années 90 et 2000.
Il est des évènements familiaux qui se muent en secrets et continuent de hanter les vivants, d'opérer dans l'ombre leur travail de destruction. La tragédie est un héritage invisible. À travers Louis, est décrite la sourde angoisse engendrée par le secret.Louis a huit ans. Il vit avec sa mère, Laurence, dans une morne banlieue normande, au début des années quatrevingt.Enfant solitaire et contemplatif, Louis traîne sa différence comme un étrange fardeau : il est le seul Eurasien de son école, il ne connaît pas son père.Revêtant divers visages dans les rêveries de Louis, celui du héros ou celui de l'assassin, ce dernier reste une énigme entêtante. Laurence, tourmentée par cette séparation, élude toute conversation à ce sujet. Pour tromper la solitude de son fils, elle lui offre un canari. Peu à peu, un lien intime et secret se tisse entre l'enfant et l'oiseau. Car Louis est persuadé que l'oiseau les surveille, lui etsa mère, et qu'il connaît tous les secrets de la maison..
La vie de d’Émile a basculé le jour de la 1ère fête de la musique en 1982. Ce jour-là, alors que son groupe allait être repéré par des rocks critiques parisiens, assurant ainsi leur probable gloire, Emile a été incapable de plaquer un accord sur sa guitare. Il n’a jamais compris pourquoi. 28 ans plus tard, Emile est plutôt la star de la loose. Il a un fils de cinq ans avec qui il vit chez ses ex-beaux parents, qui le considèrent comme un garçon immature, et il est harcelé par son ex-femme. Il travaille pour un agent immobilier antipathique, drague des filles bien plus jeunes que lui en les emmenant dans des villas à vendre. Mais la banalité de sa vie disparaît avec l’arrivée de Boris, un extraterrestre tentaculaire. Boris est venu reprendre une petite boîte oubliée en Bretagne le 21 juin 1982. Témoin de la scène, le patron d’Emile se fait retourner la tête par Boris. Et ce qui n’aurait dû être qu’une virée discrète sur terre se transforme en une course-poursuite à travers le temps, dans un petit rayon de 10 kilomètres en Bretagne.
Paris, 9 février 1975, un hold-up tourne mal. Un gangster est abattu par la police après avoir blessé un policier. Les malfrats se réfugient dans la banque et prennent en otage les clients et employés. Les gangsters réussiront à s'échapper, avec le butin et plein de projets. Cinq ans et quelques hold-up plus tard, l'un d'entre eux est tué lors d'un contrôle de police. Les autres membres du gang décident de réagir et de braquer à nouveau des banques. La méthode choisie est simple : ils entrent grimés de barbes et de perruques postiches dans les agences et restent le temps de vider un maximum de coffres-forts. Le gang des postiches est né. Forts de leurs succès, ils n'hésitent pas à braquer plusieurs banques dans la journée, face à une police impuissante et envieuse. Jean-Patrick Manchette considérait le roman noir comme un dénonciateur social. David B. reprend le flambeau du maître du polar pour parler de la société des années 80, et d'imaginer de l'intérieur ce qu'a pu être la vie de ce gang pas comme les autres.
En qualité de soudeur sous-marin sur une plateforme pétrolière au large de la Nouvelle-Écosse (au Canada), Jack Joseph a l'habitude de travailler sous grande pression sous marine. Mais personne ne l'a préparé à une autre forme de pression qui l'attend, celle de devenir prochainement père de famille. Plus ce moment s'approche, plus il semble vouloir s'isoler au fin fond de l'océan. C'est alors qu'il fait une rencontre sous-marine incroyable qui va révéler des souvenirs enfouis. Un plongeur inconnu lui fait retrouver une montre ancienne, avant de disparaître mystérieusement. Cette montreavait été offerte par le propre père de Jack, alors que celui-ci était un enfant. Fâché contre son père, alcoolique notoire, Jack avait jeté la montre dans l'océan. Peu de temps après, son père disparaissait à tout jamais. Rongé par une culpabilité enfouie, Jack Joseph revisite son passé pour enfin comprendre ce qui s'était passé.
En se replongeant dans ses cahiers intimes, notes, croquis, photos prises au Japon lors de ses nombreux voyages, l'idée est venue à Igort de faire un livre sur la culture japonaise. Il faut dire que c'est un domaine qu'il connaît bien. Il est l'un des rares auteurs occidentaux à avoir travaillé directement pour un éditeur japonais, et cela durant onze années. Après avoir fait un tour d'horizon de l'édition manga au Japon vue de l'intérieur, les méthode de travail, les relations avec les éditeurs de Kodansha publishing, il nous entraine tout naturellement dans son sillage à la rencontre d'artistes qu'il a eu la chance de côtoyer comme Jiro Taniguchi, Katsuhiro Otomo. En sa compagnie et celle d'Hayao Miyazaki, nous visitons les studios Ghibli. Remontant le temps, Igort nous plonge également dans la beauté des oeuvres d'Hokusai et Hiroshige. Le cinéma non plus n'est pas oublié, avec un chapitre consacré à L'empire des sens et une rencontre avec Takeshi Tikano.
« Alexandrin de Vanneville, poète des campagnes et des villes, arpentant les chemins et les villes, de terre ou de bitume, par vent et par la pluie, sans me taire et sans amertume, je survis en proposant ma poésie ». Refusant la servitude moderne, Alexandrin a choisi de ne s'exprimer qu'en rimes et de gagner sa vie en vendant en porte-à-porte ses poèmes photocopiés. Inutile de préciser qu'il ne roule pas sur l'or, mais cette vie lui réserve des petits plaisirs, comme celui de ne payer ses achats qu'avec des pièces jaunes.Rencontrant Kevin, un jeune adolescent fugueur, il décide de le prendre sous son aile, et le nomme auxiliaire en Contrat Indéterminé en Mendicité. Il va lui faire découvrir que la poésie ce n'est pas que des rimes, c'est aussi une façon de voir et d'interpréter les choses.Amis de longue date, Alain Kokor et Pascal Rabaté ont attendu plus de 25 ans avant de se lancer dans un projet commun.Chacun des deux artistes est allé puiser dans la fantaisie de l'autre pour nous offrir un authentique petit bijou intemporel.
« Avec S., Gipi raconte, en quelques moments choisis, l'histoire de son père récemment décédé. Utilisant ses propres souvenirs, l'auteur italien revient sur sa relation pleine d'admiration et d'amour mais aussi d'incompréhension et de malentendus, avec ce père aussi impressionnant qu'il reste un homme « comme les autres ». Et pour donner à ce portrait d'autres regards, Gipi relate les histoires de famille qu'il a entendues toute sa jeunesse : la guerre, les bombes qui tombent sur la ferme, et d'autres anecdotes qu'on imagine maintes fois relatées. Le résultat est un album assez étonnant dans sa construction, prenant le risque de dérouler son récit sur un rythme saccadé à la mesure incertaine, mais qui évite le piège de l'autobiographie facile et convenue en mettant en scène sur le même plan petits et grands drames qui font une vie et des souvenirs. [.] S. est un grand livre qui prend des risques et démontre une fois de plus le grand talent de Gipi lorsqu'il parle des êtres, de leurs émotions, et de leurs faiblesses jamais ignorées. » Alexis Laballery, critique
L’histoire se passe à Cuba au début des années 50. Santiago, un vieux pécheur rentre à nouveau bredouille. Cela fait déjà 84 jours qu’il n’a rien pris. La malchance le poursuit, tout le monde pense qu’il n’est plus bon à rien. Seul un jeune garçon, Manolin, continue de croireen lui, en dépit des commentaires désobligeants de ses parents. Le 85e jour, Santiago décide de pêcher loin dans le golfe pour trouver le poisson qui lui ramènera l’estime de tous. Il rencontre alors un marlin. La lutte entre le vieil homme et le poisson durera trois jours et trois nuits. Des journées épuisantes où le vieil homme et le poisson devront également lutter contre des requins. Quand il rentrera au port, épuisé, Santiago aura également retrouvé sa dignité. En collant au plus près du texte d’Hemingway, Thierry Murat a réussi une des meilleures adaptations littéraires en bande dessinée de ces dernières années. Son graphisme transcende le texte de l’écrivain américain, tout en respectant son style et le rythme du récit.
Nous ne sommes jamais au bout de nos surprises avec Hugo Pratt. Alors que l'intégrale de ce western d'Hugo Pratt, réalisé en Argentine dans les années 1950, et remonté en Italie en 1967 s'achevait, nous avons constaté qu'un récit semblait incomplet. Après avoir fait des recherches, il est apparu que le premier récit de ce volume, n'avait jamais était publié en son entier dans la version italienne. Et des recherches en Argentine nous ont permis de retrouver plus de 70 planches en format horizontal, jamais republiées depuis plus de 50 ans. C'est donc un dernier tome réunissant une douzaine de récits de 8 à 80 planches, entièrement inédit qui est publié aujourd'hui. Comme dans Fort Wheeling, s'affirme ici le talent de conteur de Pratt et son habilité à faire vivre la prairie et ses mythes. L'auteur s'éloigne de plus en plus de l'influence majeure de Milton Caniff pour ressembler à ce qu'Hugo Pratt nous a donné de meilleur. L'événement Pratt de cette fin d'année est incontestablement le dernier tome de cette série mémorable.
La bande dessinée apparaît avec la révolution industrielle, à l'aube du XIXe siècle. Art neuf, jeune, il se développe en même temps que les premiers soubresauts du monde moderne et accompagne les grands mouvements de population de l'histoire contemporaine. Depuis les premiers « funnies » américains du début du XXe siècle, dessinés, comme il se doit, par des migrants venus d'Europe, jusqu'au succès planétaire de Persépolis, oeuvre d'une jeune migrante fuyant l'Iran des mollahs, les rapports graphiques et narratifs entre la bande dessinée et le fait migratoire sont légions. Sans doute parce que la bande dessinée, genre à l'origine sous-culturel qui a depuis acquis le statut de 9e art, est un art populaire par excellence. Et que, jusqu'à un passé très récent, il n'existait pas de voie toute tracée pour devenir auteur de BD. N'importe qui, pourvu qu'il ait un bon coup de crayon et un imaginaire à l'oeuvre, pouvait l'être ! Et particulièrement les immigrés, donc, soucieux à la fois de préserver leur mémoire mais aussi de s'intégrer.
Le Dernier voyage d'Alexandre de Humbolt met en scène l'un des plus grands naturalistes du 19e siècle.De manière jubilatoire, Étienne Le Roux et Vincent Froissard renouent avec les grands récits d'exploration du temps où la terre recelait encore des espaces inexplorés.Cela commence ainsi.Nous sommes le 22 décembre 1847.Alexandre de Humboldt, célèbre naturaliste à la retraite, doit se rendre au repas annuel de l'Académie des sciences, lorsque une jeune fille se présente à lui avec le carnet du dernier voyage de son défunt père, Aymé Bonplant, disparu dans la jungle amazonienne.À la lecture de ce carnet, Humboldt décide de partir immédiatement de l'autre côté de l'Atlantique sur les traces de celui qui fut un confrère estimé mais surtout un ami.Ce départ précipité fait sensation à l'Académie. Pourquoi le vieil homme, qui n'est plus parti en expédition depuis si longtemps, a-t-il tout laissé pour, une nouvelle fois, explorer le monde ?Son grand rival à l'Académie, subodorant une découverte sensationnelle, part à sa suite.
Notre Mère la Guerre est un récit, sous des allures d'enquête policière, qui prend la guerre comme sujet principal. Un récit qui aborde la question de ce Mal Absolu qu'est la guerre, à travers l'affrontement de deux hommes en plein coeur des tranchées françaises : un caporal et un lieutenant de gendarmerie, un socialiste antimilitariste et un militant catholique et patriote. Janvier 1915. Champagne pouilleuse. Cela fait six mois que l'Europe est à feu et à sang. Six mois que la guerre charrie ses milliers de morts quotidiens. Mais sur ce lieu hors de raison qu'on appelle le front, ce sont les corps de trois femmes qui font l'objet de l'attention de l'étatmajor. Trois femmes froidement assassinées. Et sur elles, à chaque fois, une lettre mise en évidence. Une lettre d'adieu. Une lettre écrite par leur meurtrier. Une lettre cachetée à la boue des tranchées, sépulture impensable pour celles qui sont les symboles de la sécurité et du réconfort, les ultimes remparts même de l'Humanité. Des femmes... C'est impossible. Tout s'écroulerait. Ou alors c'est la guerre elle-même qu'on assassine...
Alors qu'il se trouve à Moscou pour visiter l'appartement d'Anna Polilkovksaïa, Igort apprend l'assassinat le jour même de son avocat et d'un autre journaliste de la Novaïa Gazeta. C'est donc sur les traces de la célèbre journaliste russe, militante des droits de l'homme, assassinée en 2006 que nous conduit Igort. Après avoir dressé le portrait de ces personnes et expliqué les raisons de la guerre en Tchétchenie, nous découvrons l'histoire de Musa, torturé dans un camp de filtration. L'ouvrage fait la part belle aux témoignages des victimes de la guerre en Tchétchenie, mais aussi aux militaires russes, accablés par le poids de la culpabilité.Igort rencontre également la meilleure amie, éditrice et traductrice d'Anna Polikovskaïa.Grâce aux recueils de ses articles, la journaliste est connue du monde entier. Une notoriété qui lui a peut-être valu d'être exécuté par des inconnus.L'ouvrage nous entraîne également à Londres, où l'on découvrira les liens qui unissaient Anna Polikovskaïa et Alexande Vitvinenko, ancien agent secret russe empoisonné au polonium 22.
Alors que les familles des États-Unis s'apprêtent à fêter Noël, une terrible nouvelle tombe à la radio : l'attaque surprise du Japon à Pearl Harbor. Le lendemain, le 8 décembre, l'Amérique entre dans la Seconde Guerre mondiale.Rapidement, le président Roosevelt signe un décret accordant aux commandants militaires le pouvoir d'arrêter et d'incarcérer « certaines personnes, voire toutes » d'origine japonaise, craignant la présence d'un ennemi de l'intérieur. La famille de George est américano-japonaise. Si sa mère est née aux États-Unis, son père, lui, n'a pas pu obtenir la citoyenneté alors qu'il vivait dans le pays depuis cinquante ans.George Takei, âgé de 4 ans suit alors sa famille pour le Fort Rohwer, l'un des dix camps d'internement établis par ordre du président. Nous étions les ennemis permet de mieux comprendre le parcours de cet acteur de la série originale Star Trek. Il associe l'esprit d'aventure de son personnage de fiction à l'histoire de ses parents qui se demandaient comment survivre et prospérer dans un pays où ils étaient littéralement qualifiés d'extraterrestres.
Est-ce que ça sent bon ? Est-ce que ça sent fort ? Y a-t-il des « bonnes » et des « mauvaises » odeurs ? Des puanteurs qui nous soulèvent le coeur aux arômes subtils qui nous séduisent, tout est affaire de goût, si l'on peut dire, de moment, de culture. L'odorat joue de multiples rôles, excitant ici notre appétit, nous alertant là d'un danger. Il ravive la mémoire, provoque des émotions. Bref, les odeurs nous mènent par le bout du nez. Et pourtant l'organe olfactif, mille fois plus sensible, dit-on, que celui du goût, est de moins en moins sollicité par l'homme, et l'odorat est, de tous nos sens, celui que nous négligeons le plus souvent.Ce n'est pas le cas de Jean-C. Denis qui nous fait ici l'éclatante démonstration qu'il « a du nez ». En composant ses Nouvelles du monde invisible, par petites touches délicates, il nous fait sentir ces odeurs familières que nous croisons chaque jour, sans toujours y prêter attention. Il nous régale de ces petits moments qui sont le sel de l'existence. Au fond, il nous parle de la vie.Et s'il se met en scène lui-même, pour la première fois de façon aussi explicite, Jean-C. Denis ne se met en avant qu'avec la pudeur que confère la distance de l'élégance.
En débarquant à Katmandou en 2005, Jean-Sébastien Bérubé espérait bien devenir moine bouddhiste. Mais il ne tarde pas à découvrir que la réalité des moines tibétains est beaucoup plus complexe que ce qu'il avait lu ou vu. Dès son arrivée, il est hébergé par une famille de réfugiés politiques tibétains, aux prises avec des problèmes d'alcool, qui le présente au grand maître d'une secte bouddhiste controversée. Les moines de cette secte déclarent qu'il est probablement possédé par un mauvais esprit parce qu'il souffre d'un problème de bégaiement.Alors qu'il croyait que les enseignements de Bouddha étaient une science de l'esprit et une philosophie profonde, Jean-Sébastien ne rencontre que des pratiquants qui croient en la magie et aux superstitions, vénérant Bouddha comme s'il était un dieu avec des pouvoirs surnaturels. Parallèlement à cela, il fait un voyage au Tibet pour visiter les lieux sacrés et voir de ses propres yeux les conséquences de l'occupation chinoise. La réalité de cette situation géopolitique n'est également pas celle qu'il croyait et sa vision des bons tibétains et des méchants chinois se trouve remise en question.
Marion s’approche de sa grand-mère et lui montre une photographie jaunie par le temps. Une date est inscrite au dos : 10 février 1938. On y voit une jeune femme souriante, heureuse sûrement…Mais ce moment de bonheur ne rappelle rien à Giuseppina. Pourtant, elle se dit que cela pourrait bien être elle… Mais non…Elle n’a jamais été aussi souriante, elle s’en souviendrait. Face à sa grand-mère, Marion ne peut détacher son regard du visage ridé, fatigué, des mains parcheminées, usées, gonflées de vieillesse. Et tout ce dont elle est capable, c’est de pleurer.Que reste-t-il des vingt ans de Giuseppina, de son enfance d’orpheline dans le Piémont, de son arrivée à Paris dans les années 30, de son premier mari, stérile, de son second mariage et de la naissance des enfants ?Qu’elle a donc été la vie de cette jeune femme posant tranquillement pour une photographie prise quarante-deux ans avant sa naissance, à elle, sa petite fille ?Recroquevillée dans sa solitude médicamentée, sans souvenirs, sans mémoire, Giuseppina est-elle vraiment la même que sur ce négatif de la réalité ?
L'Or n'est pas tout à fait une fiction. C'est un récit inspiré de la réalité méconnue et sidérante de Maripasoula, un village de la Guyane française situé au bord du fleuve Maroni, au tout début des années 2000. L'Or, à la manière d'un western moderne, propose au lecteur d'explorer l'un des confins les plus noirs de la République française et de sonder l'âme humaine dans un milieu extrême. La calamiteuse gestion (ou non-gestion) de l'Amazonie par l'État mêlée aux intérêts violemment divergents d'une poignée de personnages vont faire exploser un village pris dans les soubresauts et les violences de la fièvre de l'or. Six tomes composent le récit. Chacun porte le nom d'un personnage. Chaque personnage offrira un éclairage singulier sur cette région si riche de populations si différentes et souvent antagonistes : se croisent des Bonis Alukus, ces descendants des esclaves marrons échappés des plantations surinamiennes et qui dominent depuis des décennies la région ; des Indiens Wayanas ; des « métro » venus de France ; des créoles du littoral ou encore des clandestins brésiliens ou surinamiens. Six personnages, six trajectoires de vie se mélangeant intimement pour créer peu à peu le tableau frémissant de ce petit bout d'Amazonie.
Exarcheia est un quartier d'Athènes. Un lieu qui ne connait aucun équivalent en Grèce et raconte tant sur la situation du pays. Là, pratiquement tout le monde est militant. Une tradition qui remonte au temps de la junte militaire, lorsque de nombreux poètes et activistes ont pris la parole alors que le pays était paralysé par la peur. Nikos a 26 ans, il est étudiant et peu concerné par la situation politique de son pays. Il revient dans le quartier de son enfance pour profiter du soleil et des festivals. Il est venu saluer son oncle et sa tante qui tiennent un bistrot anarchiste et quelques anciens camarades, avant de partir en vacances. Mais voilà, son oncle Christos est à l'hôpital suite à une attaque cardiaque depuis que des immigrés squattent le bâtiment dont il est propriétaire et le café périclite sous les yeux fatigués de sa tante Natalia. Les habitants du quartier ont pris possession d'un ancien parking qu'ils ont transformé en parc sous l'impulsion de Tzibis, ami d'enfance de Nikos qui rêve de le voir lutter avec eux. Nikos décide de reporter ses vacances et d'aider un peu sesproches le temps que les choses se calment.
Trois cousins juifs, Andrea, Martino et Cati, sont persécutés par les lois raciales de Mussolini à l'aube de la seconde guerre mondiale. Forcé de quitter Trieste pour New York, Andrea essaiera de retrouver une vie normale, hanté par les fantômes du passé. A travers le destin d'Andrea Goldstein, jeune homme juif, Andrea Serio nous fait percevoir avec douceur et empathie, l'intensité, la violence, la bêtise crasse et innommable de cette sombre époque, comme les prémisses mortifères de ce qu'à nos portes, certains de nos contemporains vivent aujourd'hui.A dater du jour du 15 octobre 1938, Victor Emmanuel III, par la grâce de Dieu et par la volonté de la nation, roi d'Italie, empereur d'Ethiopie, ayant entendu le Conseil des ministres, décrète que tous les enseignants de race juive seront suspendus de leur service, et ne pourront être inscrits les élèves de race juive. Sont considérées comme de race juive les personnes nées de parents tous deux de race juive, quand bien même elles professeraient une autre religion que la religion juive.
En rendant hommage aux films de samouraï, Hugues Micol signe un conte épique et mélodramatique, et s'impose comme l'un de meilleurs dessinateurs de sa génération.Epuisé depuis des mois, cette histoire est enfin rééditée, avec une nouvelle couverture et agrémentée d'un ex-libris inédit, comportant trois images inédites et absolument somptueuses d'Hugues Micol.Maraki Zatu, une jeune fille de bonne famille part à la chasse avec ses trois voisins, Messieurs Ishi, Ni et San. Ce sont des êtres vils, lâches et jaloux. Au cours de cette chasse, ils tuent un chien et son maître, un aristocrate. Témoin de la scène, Maraki s'enfuit à cheval. Elle chute au milieu d'un lac. Les trois hommes la laissent pour morte. Chacun y voit son intérêt: l'un se remariera avec sa mère, les deux autres prendront en charge la fortune ou la puissance militaire de son défunt père. Mais ils ignorent que Maraki n'est pas morte et qu'elle a été recueillie par un vieillard, qui, en échange de son assistance, lui apprendra à devenir une guerrière. Des années plus tard, Maraki peut retourner en ville et assouvir sa soif de vengeance...
À quoi ressemblerait Orsay sans ses femmes ? Vénus sortant des eaux, danseuse chez Degas, les vahinés de Gauguin. Egéries d'artistes, modèles. Les femmes inspirent et dictent les esthétiques, depuis l'origine du monde. Elles sont légions au Musée d'Orsay. Les muses d'Orsay ont disparu. Les tableaux d'Ingres, Bouguereau, Gérôme, Lautrec, Picasso ou Puvis de Chavanne, comme écorchés, ont perdu leur dame. Seuls restent des décors. Auraient-elles été enlevées par un malin satyre ? Quel fou, quel pervers et jouisseur dépressif aurait pu jeter un tel charme aux égéries charmantes et charnues ? Virgile Gautrey, gardien du musée depuis 30 ans, se met en quête du coupable. Un voyage à rebrousse-temps. Au pied de la mythique horloge, il cherche des indices. Un endroit mystérieux, magique et habité. Plus rien d'étrange alors à voir surgir un train, dans ce qui fut la gare d'Orsay. Un homme masqué y embarque. Virgile lui emboîte le pas pour un voyage fantastique, à la recherche des muses perdues. Dans sa quête, il passe d'un compartiment à l'autre, à la rencontre de celles et ceux qui ont fait l'histoire de l'Art.
Gus et son ami Pepe sont ouvriers sur un chantier. Après leur journée de labeur, ils se retrouvent à l'auberge du village. À la télé, ce soir-là, on rediffuse Calypso, film mythique dans lequel irradie la magnifique Georgia Gould.En réalité, raconte Gus à Pepe, Georgia Gould n'est autre que Georgette Schwitzgebel.A 15 ans, Gus et Georgette brûlaient d'amourl'un pour l'autre.Plus tard, dans le journal local, Gus apprend que Georgia est de retour au pays, quarante ans après en être partie, admise dans la luxueuse et discrète clinique Edelweiss, spécialisée dans le traitement des addictions...Quand il lui rend visite à l'Edelweiss, dirigée par son mari, le docteur Beat Niederhauser, Gus est convaincu que son amour de jeunesse est sous la coupe de cet escroc en blouse blanche. En effet, explique Georgia, Beat est aussi son tuteur, gérant de sa fortune personnelle, à laquelle elle n'a plus accès, ayant commis des bêtises.Georgia aimerait rentrer à New York. Mais comment faire quand on ne dispose plus d'aucun moyens, pas même celui d'acheter un timbre ?Tu vas me kidnapper et demander une rançon, propose Georgette à Gus.Elle n'aurait peut-être pas dû...
En mars et avril 2010, pendant plusieurs semaines, Emmanuel Lepage a embarqué sur le Marion Dufresne, depuis La Réunion, pour faire le voyage dans les T. A. A. F., les Terres Australes et Antarctiques Françaises. Les Terres australes :îles de Crozet, d'Amsterdam, de Saint-Paul et de Kerguelen, jadis surnommées les îles de la Désolation ! Des confettis d'empire, égarés dans l'immensité bleue à des milliers de kilomètres de toute terre habitée. Terres inconnues, sauvages, inhospitalières, mystérieuses. Souvent battues par des vents violents, ces terres ne sont peuplées que par les seuls scientifiques, de toutes disciplines, le temps de missions pouvant durer plusieurs mois.Le Breton Emmanuel, en toute contradiction, n'avait jamais pris la mer. Il a été servi ! Croquant sur place les paysages, la faune et la flore, c'est surtout sur les hommes que son regard aigu mais bienveillant s'attarde.En cinq mois à peine, avec la fièvre du passionné, Emmanuel Lepage a écrit et dessiné plus de cent cinquante planches, dans lesquelles il a inséré illustrations, croquis et portraits réalisés sur place, donnant à ce récit de voyage une dimension exceptionnelle.
Holmes tome 1 - édition 48H de la BD Détail de l'opération Si vous commandez la BD seule, des frais de port de 4,85 € s'appliquent. Si vous l'ajoutez à d'autres albums dans le cadre d'une commande, ce sont les conditions de port habituelles qui sont applicables (offerts dès 25 € d'achat). 1 exemplaire par utilisateur et par commande. Offre réservée aux utilisateurs en France Métropolitaine et dans la limite des stocks disponibles. 4 mai 1891, Sherlock Holmes disparaît en Suisse aux Chutes de Reichenbach, entraînant avec lui dans la mort son plus grand ennemi, le professeur Moriarty. Quelques jours plus tard, l'appartement du détective au 221 b Baker Street est mis à sac par des hommes de main envoyés par Mycroft Holmes, le propre frère de Sherlock. Mycroft tente ainsi de détruire toutes les preuves de la folie de son frère, qu'il accuse de s'être abandonné à la cocaïne. Pour lui, la mort de Holmes est le suicide déguisé d'un homme qui ne pouvait se résoudre à voir son cerveau détruit par la drogue. Malgré les preuves apportées par Mycroft, Watson se refuse à croire cette version des faits. Il se lance à travers toute l'Europe dans une incroyable enquête qui va tout lui révéler de l'histoire de Sherlock Holmes et de sa famille.
En choisissant de construire sa narration sur 500 pages, Ludovic Debeurme cherche à nous immerger totalement dans l'intimité de ses personnages comme jamais encore un récit de bande dessinée ne l'avait fait auparavant.Page après page, l'auteur nous invite à suivre au quotidien Lucille et Arthur, deux adolescents pour qui la vie n'est ni facile, ni douce. C'est avec justesse, émotion et pudeur qu'il va faire de nous des témoins, jamais des voyeurs, de ces deux vies chahutées.À travers ce récit âpre, rigoureux et sans concession, Ludovic Debeurme ne joue pas le jeu du pathos ou du désespoir, au contraire il sait avec grand talent mettre en lumière la subtilité des sentiments de ses personnages, faire surgir l'énergie, la tendresse et l'amour qui pourront permettre à ces deux êtres en perdition de renaître.En laissant au lecteur le temps d'appréhender ces personnages, en s'attachant à toutes les complexités de leur deux personnalités, Ludovic Debeurme réussit à nous amener à un troublant sentiment de proximité avec ceux-ci.Le livre refermé, Lucille et Arthur ne seront plus de simples personnages de papier mais bien des êtres qu'il vous semblera connaître.
Eté 1984. Un petit groupe de plongeurs débarque dans un minuscule archipel au large de l'île de Sumatra en Indonésie, les îles Banyak. Léo, sa femme Isabelle et leur ami Bernard sont des documentaristes venus au bout du monde au service d'une cause, l'écologie : ils veulent démontrer par le film qu'ils préparent comment l'homme en détruisant son environnement se détruit lui-même. Le projet tourne à la tragédie quand Isabelle, enceinte, est dévorée par un crocodile géant sous les yeux de Léo. Avec le concours des habitants de l'île, Léo et Bernard partent en chasse du reptile. S'ils échouent à le tuer, ils le blessent à l'oeil. Léo ressent un curieux lien avec l'animal. Secondé par Bernard et Sap, un jeune Indonésien, il plonge dans le repaire sous-marin du crocodile. Il échoue une fois de plus à le tuer. Mais, mystérieusement, le monstrueux animal le laisse emporter le cadavre de sa femme. Trente ans plus tard, Léo retrouve les îles Banyak, dans un territoire encore traumatisé par le tsunami. Tel le capitaine Achab pourchassant jusqu'à la folie Moby Dick, Léo dit en finir avec celui que les autochtones appellent désormais « N'a-qu'un-oeil ». Mais sa soif de vengeance n'a-t-elle pour objet que le seul crocodile ?
Petits mensonges, discrets arrangements, et autres secrets de famille... Dans un bar tranquille, une jeune femme allaite son enfant lorsqu'un vieil homme, désespéré, vient à elle et lui demande d'en faire autant pour le petit affamé qui hurle dans ses bras. La demande glace le sang de toutes les personnes présentes. Le vieil homme se retrouve rapidement cerné, pris sous le feu roulant des questions, contraint de raconter son incroyable histoire... Une histoire sans révélations extraordinaires, sansévènements abracadabrants. Celle de sa famille. De sa femme, Rosalie. De son fils, Laurent. L'histoire de gens comme tant d'autres, se débattant au quotidien dans une société à laquelle ils tentent d'apporter un peu d'humanité, un peu d'amour,... modestement. Or, c'est précisément aux limites et aux contradictions de leur humanité qu'ils vont tous trois être confrontés. À la suite d'une décision, d'un choix de vie de Laurent, celui-ci découvre la vraie personnalité de sa mère, la lâcheté de son père, la face cachée du foyer qui est le sien. Absolument rien, ni personne ne pourra alors empêcher l'implosion totale de cette famille que tout le monde pensait admirable et indestructible.
Dans le Paris des années cinquante, où règnent Sartre et l'existentialisme, nous faisons la connaissance de Daniel Brodin. Daniel aime les livres, au point de les voler. C'est un poète.Du moins le prétend-il. Au café Serbier, fréquenté par la fine fleur de la littérature parisienne, il est prié de déclamer un poème de sa composition.Il choisit un poème italien, pensant qu'il est inconnu de tous. C'est un plagiat, mais c'est un triomphe.Acclamations du public subjugué. C'est tout soudain la gloire pour Brodin !Et cette imposture, considérée comme une véritable oeuvre d'art, va le faire accepter d'une bande de « débauchés », artistes libertaires, volontairement désoeuvrés, délinquants, voleurs, alcooliques, d'où émergent Gilles, la tête pensante, Jean-Michel, la tête de brute, Ed, la tête en l'air, et d'autres encore, tous plus singuliers les uns que les autres. Et puis il y a Colette, jolie tête bien pleine, dont Daniel tombe amoureux.La gloire de Daniel durera le temps des roses, jusqu'à ce que Jean-Michel le détrône, devenant à son tour la coqueluche du Tout-Paris littéraire.Et quand l'étoile de celui-ci ne brillera plus, il faudra bien se résoudre à vivre d'expédients, et les choses iront en se gâtant.
Deux histoires s'entrecroisent : d'une part, la chasse à la baleine blanche menée par le capitaine Achab et l'équipage du PEQUOD au milieu du XIXe siècle ; d'autre part, une discussion conduite aujourd'hui, à Paris, sur la signification du roman de Melville. Les deux protagonistes principaux de cette discussion sont : d'une part, un vieil homme, qui vient juste de prendre la décision de ne pas transposer MOBY DICK au théâtre ; d'autre part, un jeune homme, qui veut réaliser une émission de radio sur le sens actuel de l'oeuvre de Melville. Tout au long de l'album, alternent ainsi des scènes situées à Paris aujourd'hui et au XIXe siècle sur le PEQUOD. Ces scènes correspondent entre elles. Elles permettent de délivrer le sens de la quête d'Achab, en explicitant l'univers symbolique de Melville. Elles ont également pour but d'adapter tous les passages de MOBY DICK, dans lesquels Melville lui-même disserte abondamment sur le cachalot et sa signification existentielle (passages qui représentent tout de même presque la moitié du livre - et qui, ànotre connaissance, n'ont jusque-là jamais fait l'objet d'aucune adaptation).
4 mai 1891 : Sherlock Holmes disparaît en Suisse aux Chutes de Reichenbach, entraînant avec lui dans la mort son plus grand ennemi, le professeur Moriarty. Pour Mycroft, son frère, la mort de Holmes est le suicide déguisé d’un homme qui ne pouvait se résoudre à voir son cerveau détruit par la drogue. Malgré les preuves apportées, le docteur Watson se refuse à croire cette version des faits. Il se lance à travers toute l’Europe dans une incroyable enquête qui va tout lui révéler de l’histoire de Sherlock Holmes et de sa famille.Dans ce tome 4: Alors que Wiggins suit la plaidoirie du docteur Parks au procès de Judith Brown, sous l’oeil attentif de Mycroft, dont l’issue va provoquer l’émoi dans le pays tout entier, Mary et John Watson sont au chevet de la nourrice de Sherlock, blessée par balles. Et les révélations de celle-ci vont les mettre sur la piste d’une femme dont le nom fut aussi au coeur du procès : Florence Nightingale, infirmière célèbre et pionnière des soins infirmiers modernes, qui mit en pratique ses théories lors de la guerre de Crimée à l’hôpital de Scutari où officièrent le jeune docteur Parks et une certaine… Violet Holmes.
Satoshi travaille comme financier dans une société à Tokyo. Sa vie est uniquement rythmée par le travail. Les journées sont longues, et il ne peut rejoindre sa famille (en banlieue) que durant les week-end. Il passe ses nuits dans un capsule hôtel, parfois en compagnie de Mayumi, la jeune secrétaire de 26 ans. Au bureau, tout le monde ignore leur liaison. Marquée par le divorce de ses parents, Mayumi rêve d'un grand et bel amour. Mais Janichi, le collègue arriviste et jaloux de Satoshi s'intéresse de très près à cette jeune fille et finit par deviner que les deux collègues sont amants. Il découvre également que le couple de Satoshi bat de l'aile, et compte bien en tirer profit. Mais les apparences sont encore bien plus trompeuses. Et Satoshi cache des choses qui pourraient s'avérer encore plus dangereuses pour lui si elles venaient à être sues. Sylvain Runberg (London Calling) et Olivier Martin (Les Carrés) se lancent dans un long manga intimiste digne des meilleurs auteurs japonais. Un récit psychologique qui nous plonge au coeur d'une société nippone, où les convenances et les apparences servent souvent à cacher des situations dramatiques...
En septembre 1914, l'asile de Prémontré, dans l'Aisne, près de Soissons, abrite quelque 1 300 malades. Des aliénés, des fous, des « zinzins », comme les appelle le gardien-chef Loisel. L'armée prussienne, avec à sa tête le colonel Von Stauffenberg, qui se dirige à marche forcée vers Paris, est en vue. Le directeur se fait la malle, promptement suivi du médecin-chef adjoint et de quelques autres, abandonnant les malades à l'envahisseur.André Letombe, l'économe en fin de carrière, quelques gardiens et religieuses refusent de quitter leur poste. Avec les fous, ce sont les oubliés de Prémontré.Sous la tutelle des nouveaux maîtres prussiens, la vie, à Prémontré, devient périlleuse.Les vivres viennent à manquer, et la faim gagne. Le charbon se fait rare, et le froid mord les corps et brûlent les âmes. Au coeur de cette enceinte de misère et de désolation, les malades tombent comme des mouches.Alors Letombe, secondé par le jeune et mystérieux Clément, va passer un accordinouï avec les paysans des alentours. Puisque les bras des mobilisés manquent, les malades valides travailleront aux champs. Comme Letombe le dit lui-même, il « troque » ses fous contre de la nourriture... pour les sauver tous d'une mort certaine.
Etrange destin que celui du premier volume de La Chute. L'ouvrage d'anticipation mettait en scène notre univers paralysé par une étrange pandémie. Il est malheureusement devenu d'actualité en paraissant quelques jours avant que la France ne soit entièrement confinée. Ce tome 2 nous permet de découvrir comment les gens s'organisent dans ce monde où tous les fonctionnements sociaux se délient. Coincés en quarantaine sans vivres ni chauffage, Liam décide de quitter la ville avec ses deux enfants pour rejoindre ses beaux-parents, malgré l'interdiction des autorités.Au moment de partir, Sophia, intriguée par d'étranges petits cris, retourne dans l'immeuble. Elle en ressort avec un bébé abandonné. La fuite de la ville est mouvementée, entre attaque de chiens errants et couvre-feu militaire. Tombé en panne d'essence, nos personnages devront poursuivre leur route à pieds. Hors de la ville, la vie s'organise, par village ou par clans. Toute personne venant de l'extérieur est perçue comme dangereuse, potentiellement porteuse du virus tueur.Blessé, Liam, ses enfants et le bébé affamé se réfugient dans un village de vacances malgré l'hostilité des habitants...
Dimanche 29 août 1937. Un sous-marin républicain espagnol sort son nez des eaux troubles, pour faire surface au milieu des brumes de la rade de Brest, où personne ne l'attend. La Guerre d'Espagne vient de s'inviter à la pointe du Finistère, clandestinement. Déjà, petits et gros poissons s'agitent dans leur bocal, remuent la queue dans tous les sens... Il va y avoir du rififi dans la Cité du Ponant !Sous la houlette de l'affreux Troncoso, un commando franquiste se monte en effet très vite, dans le but de s'emparer du navire. Ces hommes-là sont des barbouzes, qui savent pouvoir compter sur l'appui des fascistes locaux. Afin d'optimiser leurs chances de réussite, la belle Mingua est recrutée. Elle constitue un renfort de choix, de charme et de choc. Avec de tels atouts, comment l'entreprise nationaliste pourrait-elle échouer ? C'est sans compter que, dans le camp d'en face, on s'organise également... Les forces de gauche, communistes et anarchistes en tête, sont prêtes à faire front et préparent la résistance, du port de commerce au centre-ville, de Saint-Pierre à Recouvrance. Leur mot d'ordre est catégorique : « No pasarán ! Mort au fascisme ! »
Été 1991.Thibault quitte Marseille en compagnie d'un copain DJ, Alex. Direction Londres. Là où deux ans plus tôt Thibault a été étudiant. Bye bye, la France, pays de ringards où il ne se passe rien. Exit, les Beatles, Lady Jane, Piccadily, L'île de Wight. So long everybody... Bienvenue chez Maggy !Thibault et Alex débarquent donc à Londres gonflés à bloc. Mais pour commencer, Andrew, l'ami irlandais qui devait les accueillir est introuvable, et les deux copains se retrouvent le bec dans l'eau. De plus, Andrew a apparemment coupé les ponts avec sa famille, il vivrait désormais dans un squat de Elephant & Castle. C'est vague et les voila plutôt dans la merde. Les liens tissés lors de son voyage précédent n'étaient pas aussi indéfectibles que Thibault le pensait. Tout n'est pas perdu, la soeur d'Andrew, Sam, finit quand même par leur donner l'adresse d'un pub où ils pourront éventuellement le retrouver. Sitôt arrivés, sitôt la galère. La tension monte vite entre les deux amis... Ils se décident d'aller au fameux pub, ils y rencontrent Lucy. Lucy, qui va leur indiquer une piste de logement. Mais Thibault et Alex ne sont pas les seuls à chercher Andrew. À Belfast, l'IRA s'intéresse aussi de très près à celui-ci...
Une falaise au bout du chemin des douaniers, quelque part dans le Pas-de-Calais. Le printemps, impatient, se donne parfois des airs d'été.Un homme attend une femme, sa voiture à l'arrêt.Quand, enfin, elle arrive, c'est pour lui annoncer que leur relation, c'est fini. Fi-ni ! Que la dernière fois, elle n'aurait pas dû. Que les enfants... Que son mari...Que... Le final classique d'une histoire d'adultère, quoi !Elle repart. Il reste là. Sur cette falaise. « La falaise aux baisers volés », comme il l'appelle.Lui, c'est Martin. La bonne trentaine.Il travaille dans une compagnie maritime.Elle, c'est Virginie. Pas loin des quarante.Elle est vétérinaire.Ils sont frère et soeur.Et ils s'aiment.Ils s'aiment d'un amour fou, passionné, ravageur.Interdit.Leur relation porte un nom, un nom tabou : inceste.Tout a commencé alors que Virginie avait 18 ans et Martin 16. Un jeu d'adolescents curieux.Puis chacun d'eux a cherché à fuir cet amour interdit.Elle dans un mariage confortable. Lui en acceptant, des années durant, un poste à Abu Dhabi.Mais, dès son retour voici quatre ans, leur relation a repris. Plus forte, plus passionnelle encore.Aujourd'hui, elle veut arrêter. Elle parle de leur relation comme d'une drogue qui les détruit peu à peu. Elle a raison, bien sûr. Mais les corps !Mais les corps !...
Face Cachée nous plonge au coeur d'une société financière tokyoïte. Ici tout n'est qu'apparenceet convenance. Satoshi, un salaryman vit une double vie. La semaine à Tokyo et le week-end à la campagne, avec sa femme et sa fille. Mais sa vie de couple est plus compliquée qu'il ne veut bien le laisser paraître et il entretient également une liaison avec une jeune femme du bureau.Les relations entre Satoshi, le salaryman et sa jeune maîtresse, Mayumi se dégradent. Elle le suspecte de rentrer chez lui en semaine, pour rejoindre sa famille. Pire, elle le soupçonne d'avoir une seconde relation adultère avec la fille de leur patron, M. Ota. Satoshi nie en bloc, tant il est vrai que les secrets qu'il cache sont bien plus terrifiants.En découvrant l'ordonnance d'un psychiatre qui suit Satoshi, M. Masato Ota a confié à Satoshi le drame qui bouleverse sa vie et celle de sa famille. Car il a vu en lui quelqu'un de sain, qu'on ne peut pas soupçonner de suivi médical. Hélas, en lui demandant cela, M. Ota ne fera que rouvrir la blessure qui hante les jours et les nuits de Satoshi, responsable de sa double personnalité. Terrible symétrie mentale ou les trois personnages principaux de ce récit feront face en même temps que le lecteur à la face cachée d'une terrible vérité, où se côtoient la mort, le mensonge, la folie..
Avec la naissance d'un enfant trisomique, une famille est entraînée dans un tourbillon qui ébranle ses certitudes et la transforme. Triso Tornado témoigne du choc de la découverte du handicap, des peurs qui en découlent, puis des différentes étapes que vit une famille jusqu'à l'acceptation de sa différence. Témoigner bien sûr, mais surtout démythifier les présupposés sur le handicap. Même avec un enfant trisomique, on continue de rire, de râler, de travailler, de s'amuser, bref de vivre.L'histoire raconte comment s'accompagne, avec l'aide des professionnels, le développement de Nils lors des trois premières années de sa vie : le quotidien, les rendez-vous d'orthophonie, de kinésithérapie, les petits « trucs » qu'on l'on trouve pour faire grandir son enfant malgré ses difficultés. Il est aussi question d'avortement : en France, 96 % des parents qui apprennent la trisomie de leur bébé pendant la grossesse choisissent l'IVG. C'est le signe d'une grande angoisse.Comment vit-on avec ce handicap ? Comment vaincre la peur ? Et si l'humour et l'amour en étaient les armes les plus efficaces ?Fiction basée sur la vie réelle de Violette Bernad, Triso Tornado est une histoire aussi intime qu'universelle. Avec élégance et subtilité, Camille Royer a dessiné des « sourires en coin » et donné au récit l'esprit malicieux qu'il lui fallait.
Albert Dadas, modeste employé à Bordeaux dans les années 1880, fut une des premières personnes atteintes de la folie du fugueur. Inconsciemment, à l'écoute de noms de villes ou de pays, il partait alors, en transe, et commençait à marcher. Ses périples le menèrent à Nantes, Paris, mais aussi en Algérie et même jusqu'en Russie. Le docteur Philippe Tissié, jeune interne en psychiatrie à l'hôpital Saint André de Bordeaux, le recueillit, le soigna, et décrivit dans sa thèse sa passion impulsive pour la marche et les voyages, souvent sans papiers, accompagnée d'amnésie à chaque retour. Considéré comme un vagabond potentiellement dangereux par les gendarmes, Albert Dadas fut qualifié par la médecine de « fugueur pathologique », le premier du genre. Christophe Dabitch et Christian Durieux font revivre cette incroyable histoire à travers la rencontre entre ces deux hommes qui vont changer leur vie. Albert Dadas sera soigné par Philippe Tissié, grâce à l'hypnose, et il pourra mener ainsi une vie normale. Les théories du docteur, avancées dans sa thèse, vont le rendre célèbre. Mais c'est surtout une belle histoire d'errance, une ode au voyage, à laquelle les auteurs nous convient. Embarquement immédiat !
De toutes les organisations scouts, les Black Badges sont l'élite ; les meilleurs parmi les meilleurs. Les Black Badges sont une branche très secrète de scouts, chargée de missions secrètes qu'aucun adulte ne pourrait entreprendre. Mais en définitive, les petits gars en vert toujours prêts (selon la légende) savent peu de choses les uns des autres, et encore moins des autres organisations.Au sein de celles-ci, se cacherait un groupuscule utilisé par le gouvernement pour effectuer des opérations paramilitaires secrètes. En Corée du Nord, comme en Sibérie, qui se méfierait d'une bande d'ados étrangers en short ?Pourtant, au cours de l'une de ses missions, l'escouade des Black Badge devra choisir entre accomplir leur objectif ou secourir l'un de leurs camarades présumé mort des années auparavant.Les Black Badge sont une troupe de scouts d'élite. Ils sont chargés de missions que les adultes ne peuvent entreprendre. Une équipe d'espions digne de Mission impossible en culottes courtes. Mais il faut se méfier des apparences, le bien et le mal ne sont pas toujours là où l'on s'y attend...Après la série à succès GrassKings, Matt Kindt et Tyler Jenkins reviennent avec un roman graphique de 300 pages émouvant, drôle ou... horrible, parfois sur la même page.
Pour son second livre de bande dessinée, Freddy Nadolny Poustochkine nous livre un récit remarquable de maturité sur l¹enfance et son insouciance à travers le quotidien de deux jeunes garçons aux vies très différentes. En choisissant de construire sa narration sur quelque 350 pages en couleurs, il provoque une immersion totale dans l¹intimité de ses personnages, suscitant ainsi un sentiment de proximité très troublantŠ Au Cambodge, un jeune novice apprend l¹enseignement des moines bouddhistes avec difficulté. Les tâches quotidiennes, astreignantes, la méditation, le jeûne, sont difficilement compatibles avec le caractère insouciant et joueur du jeune garçon. Celui-ci préfère courir derrière les papillons, s¹initier au cerf-volant, se promener dans la forêtŠ Le 17 avril, les Khmers rouges prennent le pouvoir et instaurent un programme de rééducation qui va balayer le pays et emporter le petit moine dans la tourmenteŠ En France, un jeune garçon vit avec sa mère et son frère dans un immeuble d¹une cité. Son quotidien est rythmé par l¹école, les copains et les jeux à la récré. Il sympathise avec une jeune fille, nouvelle dans sa classe, réfugiée cambodgienne, qui semble vivre seule avec son petit frère. Une tendre complicité s¹installe entre eux. Pourtant, un beau jour, elle disparaîtŠ
Après s'être illustrés quelques années plus tôt, par les campagnes en pays Mossi (actuel Burkina Fasso), le capitaine Boulet et le lieutenant Lemoine végètent à Paris, partageant leur temps entre débauche, nostalgie et conférences. Dans un contexte de concurrence européenne sur les régions à coloniser (notamment l'Angleterre et l'Allemagne), l'état français compte sur eux pour parachever la conquête de l'empire français d'Afrique. Les deux hommes sont envoyés en mission stratégique au Tchad, l'objectif étant d'atteindre le Tchad par l'ouest et le fleuve Niger et d'opérer la jonction de leur colonne sur le lac Tchad avec deux autres missions. Ils forment une colonne de 50 tirailleurs sénégalais, 200 tirailleurs auxiliaires et 700 porteurs. La colonne se met en route en janvier 1899. Le capitaine Boulet et son adjoint Lemoine sont bien décidés à parer au plus pressé quitte à se servir sur place auprès des populations locales afin de nourrir leur colonne et augmenter le nombre de leurs porteurs. Ainsi, la violence et les massacres se succèdent au fur et à mesure que leur mission avance. Inspiré de faits réels (la mission Voulet-Chanoine), cette histoire peu connue est racontée sur un ton tragicomique par un tirailleur survivant qui dialogue avec l' « esprit » de la colonne.
« Nous sommes en 490 avant J.C. Poséidon est mal luné.Il le fait savoir à quelques visiteurs indésirables. Un petit groupe de Perses. Une centaine d’hommes, pas plus. Venus sonder nos défenses... Ou peut-être assassiner notre chef. »Ainsi débute la célèbre bataille de Marathon, première victoire des grecs sur l’armée Perse. Et première pierre du nouveau récit de Frank Miller, qui revient sur cette période historique après son ouvrage 300, en reprenant les moments marquants des guerres menées par le Roi des rois, Darius, dont l’empire s’étendait, durant plus de deux siècles, de l’Asie Centraleau golfe persique et à la mer Égée, et ses successeurs, Xerxès en particulier, face à la Grèce.Avec Xerxès, Frank Miller s’éloigne ponctuellement de la narration comics pour rejoindre la puissance évocatrice digne de Philippe Druillet.Vingt ans après la publication de 300, Frank Miller revient avec une épopée historique à grand spectacle, racontant la montée et le déclin de l’empire du Roi des rois Perse et l’ascension du royaume grec à travers Alexandre le Grand.Frank Miller est l’un des auteurs phare de la bande dessinée mondiale. Son œuvre comics est synonyme de succès (Batman, Sin City, 300…) mais il est également connu grâce à ses collaborations cinématographiques (Sin City, Robocop, 300, Elektra,…).
Parce qu'ils mettent les mains jusqu'aux coudes dans les poubelles de la vie, pour les autres Moudy, Alex et Samir sont des voyous, des vauriens, des racailles. Des « ordures ». Les deux premiers travaillent dans un centre de tri des ordures ménagères, justement, dans une riante banlieue. Le troisième survit en vendant des cigarettes de contrebande, sous le métro aérien, à Paris. Moudy aime les garçons. Le regard désapprobateur de ses « frères » lui fera quitter le foyer africain où il vivait. Il en éprouvera une rage qui ne le quittera plus. Alex aime une danseuse, aperçue derrière la vitre d'une école de danse. Quand il osera l'aborder, elle le jettera comme un malpropre. Il en gardera à jamais dans les yeux les stigmates du désespoir. Samir aime Cheyenne, une jeune et jolie Gitane délurée, mais ce sera la suite de l'histoire. En attendant, Samir rêve de papiers qui lui permettent de quitter la clandestinité. Mais à la « préfecture de Barbès », une filière de vrais faux-papiers, on ne fait pas crédit. Il lui faut du fric, et la vente des cigarettes ne suffit pas. C'est comme ça qu'il fait la connaissance de Moudy et d'Alex : en voulant leur piquer leur pognon. Moudy, Alex, Samir, Cheyenne : voyez ces « ordures », voyez comme ils vivent, voyez comme ils aiment, voyez comme ils rient, voyez comme ils pleurent.
Achille et Adrien sont frères; Achille est un ancien « enragé de la mer » qui ne la prend plus depuis vingt ans. Il veille sur Adrien, considéré comme « l'idiot du village », qui, sans lui, n'aurait sans doute ni gîte ni couvert. Depuis l'adolescence, Adrien raconte à qui veut l'entendre qu'il entend des voix et qu'il reçoit souvent la visite de morts, notamment de marins perdus en mer, et souffre de ne pas être cru. Il arrive souvent qu'Achille se lève la nuit et trouve son frère assis dans la cuisine, en pleine conversation avec un soi-disant être invisible. Au village, on est habitué à sa folie, il n'est pas méchant, sauf avec les enfants, qui le lui rendent bien. Il continue de raconter ses histoires de revenants. Achille et Boris son médecin, sont convaincus que toutes ces « fantaisies » sont une façon de fuir certaines choses et qu'elles cesseront le jour où Adrien se décidera à parler de l'Algérie, des choses terribles qu'il a sans doute vécu là-bas. De son côté, Achille était marin pêcheur. Il a un jour prêté son bateau L'Agathe, à une famille de touristes, mais le bateau n'est jamais revenu. Aujourd'hui, cela fait vingt ans jour pour jour que L'Agathe a disparu, Achille est un peu fragile et Adrien, comme chaque année à la même époque, lui déclare que bientôt son bateau reviendra, que c'est l'âme d'un marin qui est venu le lui annoncer.
Après 18 ans d'absence, Principius un peintre d'origine juive retourne en Pologne pour retrouver le fils qu'il n'a pas connu. Un contexte historique révélateur de la manière dont nos croyances, notre culture, notre identité, nos appartenances, nos choix peuvent être instrumentalisés et faire de nous soit des boucs émissaires soit des bourreaux. Printemps 1937. Le train qui conduit Principius à Breslau est toujours arrêté sur la voie par les militaires allemands. Principius est accusé d'avoir tué celui qu'il imagine être son fils, Benyamin. Le fait qu'il soit juif n'arrange pas sa situation, même si aucun cadavre n'a été trouvé. Mais dans ce train, les juifs ne sont pas les seuls à poser problème. Deux militants pro-bolchéviques voyagent sous une fausse identité. Sans parler d'un couple d'allemands bon teint, mais dont l'identité pourrait n'être que de façade. La tension est à son comble, les haines s'affichent et les identités se dévoilent. Principius est maintenant certain que Benyamin est son fils, mais on ne refait pas la vie des gens après des années d'absence. La guerre, elle, ne demande qu'à se déclarer... Six mois après le premier volume, Johanna revient avec la dernière partie d'un diptyque consacré à la recherche identitaire, la place de l'homme avec un grand H face à la barbarie des hommes avec un petit h.
Près de Collioure, tout appartient aux de Brignac : « les vignes, les maisons, les gens, enfin leur travail ». Mattéo et son ami Paulin « en savaient quelque chose, ils y bossaient, et dur encore ! Le pressoir n'était pas que dans les chaix ». Quant à Juliette, l'amour de Mattéo, recueillie par les de Brignac à l'âge de trois ans, elle est considérée par « eux » comme un membre de la famille. Mattéo, qui « n'avait pas envie d'être charitable » pensait qu'elle «faisait juste partie des meubles ».En août 1914, quand éclate la guerre, cette « saleté de chien d'aveugle qui nous tirait dans la merde et bouffait nos gosses », le destin de Mattéo bascule. Fils d'un anarchiste espagnol, disparu à jamais en mer, Mattéo, parce qu'il est étranger, échappe à la mobilisation générale.Première contradiction : alors que son ami Paulin et les garçons de son âge partent à la guerre en braillant, le jeune homme, élevé par sa mère au biberon du pacifisme, ressent confusément la honte de rester à l'arrière, avec les femmes et les vieux.Paradoxe encore, plus insupportable celui-ci, Mattéo côtoie quotidiennement Juliette, quand celle-ci tremble pour Guillaume de Brignac, engagé dans l'aviation.Absurdité toujours : quand, taraudé par le remords de n'être pas au front aux côtés de son ami, et meurtri par la belle indifférence de sa Juliette, Mattéo se décide enfin à rejoindre les tranchées, Paulin, lui, est définitivement renvoyé dans ses foyers.
Au Bénin, de nos jours. Kémi, un adolescent, est hanté par la mort de son père, tué dans l'explosion de sa moto, alors qu'il transportait du kpayo, l'essence frelatée de contrebande.Comme le hante son frère jumeau, Yao, disparu à cause de lui, qui n'a pas su lui venir en aide, alors qu'il était poursuivi par la police. Depuis, la culpabilité ronge Kémi. Culpabilité d'autant plus forte que, selon le rite vodun, perdre son jumeau, c'est perdre la moitié de son âme.Apprenant que Yao se trouve vraisemblablement dans le delta du Niger, au Nigéria, Kémi décide d'aller à sa recherche. Il entreprend alors un long périple, magique et périlleux, qui le conduira de Cotonou au delta du Niger, pollué et ruiné par les grandes compagnies pétrolières, en passant par la cité lacustre de Ganvié, la forêt sacrée d'Osun-Oshogbo, la grande métropole de Lagos et son immense bidonville de Makoko. Mêlé d'onirisme, de croyances et de fétichisme, sur fond de réalité sociale et politique, le voyage de Kémi est une quête personnelle, magnifique et tourmentée.Récit envoûtant se déroulant au Bénin et au Nigéria, personnages plus vrais que nature, paysages somptueux et noirs, pour son premier livre en tant qu'auteur complet, Jean-Denis Pendanx réussit un coup de maître ! A travers le destin du jeune Kémi, à la recherche de son jumeau disparu, c'est à une quête personnelle, magnifique et tourmentée, qu'il nous convie.
Aux premiers jours de 1919, ils sont arrivés dans le Nouveau Monde, Julien et Max.À bord du Libertad, un rafiot plein jusqu'à la gueule de fusils et de munitions, piloté par le capitaine Silius Jensen, un drôle d'oiseau aussi, celui-là. Et avec Tina, surtout, Tina la rebelle, Tina la farouche, Tina la compagne du fameux colonel Craven, chef des guérilleros mexicains.Quand le Libertad aborde la rive atlantique mexicaine, les regulares, les soldats du gouvernement, attendent de pied ferme, le fusil à l'épaule et la mitrailleuse frémissante. Un déluge de feu s'abat sur le trio et les quelques rebelles venus les accueillir. Jensen s'apprête à reprendre la mer, Max, Julien et Tina à vendre chèrement leur liberté.C'est alors que le gros de la troupe rebelle, aux cris de « Craven, Craven ! », entre en jeu, bousculant comme des quilles les soldats réguliers. Enfin, le colonel Craven, seul, un drapeau à la main, les yeux fous, s'élance au milieu de la bataille, déclamant un poème de fange, de rage et de sang. Stupeur chez les regulares, vivats hurlés sous les sombreros des révolutionnaires, l'hésitation des uns profite aux autres, et c'est la victoire.Craven. Julien, Max et Tina. Les personnages sont en place, le rideau, ensanglanté, s'est levé. L'hiver des tranchées se dissipe enfin, le printemps mexicain est en pleine éclosion. Pour combien de temps encore ?
Lorsque Golo se rend en Égypte pour la première fois, il ne se doute pas que ce voyage bouleversera sa vie. Mes mille et une nuits au Caire est le témoignage passionné d¹un familier (depuis plus de 30 ans, y vivant depuis 15) de cette ville, qui y a découvert une autre philosophie de l¹existence.Il s¹agit moins d¹une autobiographie que de la description foisonnante et colorée de la vie quotidienne cairote. C¹est aussi le témoignage plein d¹humour et de fantaisie de l¹évolution d¹une ville, qui a beaucoup changé avec l¹ouverture économique et le tourisme de masse. Dans ce second album, en petites anecdotes authentiques, Golo raconte, conte, colporte, susurre, hypnotise tel Shéhérazade. Que ce soient avec les dessous cachés de l¹expédition de Bonaparte en 1798, les arrière-salles des cafés, les secrets d¹un mariage réussi, l¹ambiance dans les salles de cinéma, les marchands ambulants, les élections, ou avec la traversée de la statue de Ramsès le long des avenues du Caire, et sa rencontre improbable et hilarante avec un ministre d¹état, il donne à partager la bouillonnante vie cairote. Mille et une nuits grouillantes de monde, où les échos des klaxons et des youyous, mais aussi la voix d¹Oum Kalthoum résonnent dans la tête du lecteur, qui prit dans cette farandole tourbillonnante, sort de sa lecture enjoué et prêt à partir à la rencontre des formidables habitants du Caire.Un album empreint de toute la chaleur et de l¹humanité de son auteur.
Un cabot sans allure, minable, essaye d'attirer l'attention d'une jeune fille qui passe. Un homme fade, effacé, sans intérêts, tente de se faire remarquer par une jeune fille qui danse. L'une ne voit pas le chien ; l'autre ignore l'homme.Un couple se promène main dans la main. Le temps de dépasser un panneau de circulation planté au milieu du trottoir, leurs mains se séparent pour mieux se retrouver. Une jeune fille arrive en sens inverse. Elle passe au milieu du couple. Leurs mains séparées ne se retrouvent pas.Un couple se dispute sans remarquer l'enfant qui arrive à l'improviste. Un autre couple se déchire devant l'enfant qui joue. L'enfant se moque de la séparation de ses parents ; il s'inquiète de ses crayons de couleurs.Le parent seul. Son immense responsabilité face à la dépendance de l'enfant. Cette lourde charge l'autorise-t-elle à draguer ? Les après-midi au parc sous le regard attendri du parent qui pourtant s'ennuie ferme. La tyrannie de l'enfant heureux, de l'enfant-roi.L'enfant grandit ; le grand-père se ratatine ; le père est entre les deux, à la frontière visible du temps qui passe...Avec son stylo à bille, de son trait vif et expressif, parfois drôle souvent terrible, Blutch pose la vie commune à nombre de personnes d'aujourd'hui : la rencontre, l'enfant, la séparation.b