LUI est un huis clos qui traite de l'enfermement. Un homme (LUI) converse avec trois femmes (une infirmière, une vamp et une lolita) sans que jamais celles-ci ne se croisent. Au fur et à mesure de la lecture, nous comprendrons que l'homme n'a plus toutes ses facultés, et plus précisément, que ce sont les femmes qui lui font perdre la tête. Il fallait sacrément être gonflé pour écrire une «tragédie grecque» au XXIe siècle et tout aussi culotté pour adapter cette pièce en bande dessinée.Pari réussi pour Philippe Djian et Jean-Philippe Peyraud. LUI devient un huis clos passionnant, à l'humour parfois glaçant, où la virtuosité du texte se fond dans la grâce et l'inventivité du dessin, aux multiples ambiances colorées. L¹action se passe de nos jours dans un appartement chic au-dessus d'une ville de bord de mer. L'homme revient de l'enterrement de sa mère et discute avec Elsie, sa nouvelle épouse. Elle trouve que Nicole, sa première femme est trop présente dans son esprit.Les deux femmes se croisent dans l'appartement, sans jamais se voir. Mais surgit une troisième femme, Sylvie, sa voisine. Elle montre de nombreuses similitudes avec Nicole, notamment celui d¹avoir été violée par les amis de l'homme sans que celui-ci n'intervienne.Au fil de la lecture, nous comprendrons que nous nous immisçons dans le cerveau bien dérangé de l'homme, et que deux des trois femmes avec qui il converse sont mortes, voire qu'il les a tués.
Juin 1984. Un taxi dépose Anna Laurens au Grand Tetras, un hôtel de Saint-Véran, dans le Haut-Quéras. Le propriétaire de l'hôtel a envoyé un courrier à sa mère, de la part d'un de ses pensionnaires, Winston Smith. Celui-ci a disparu il y a quelques semaines en montagne. A 80 ans passé, il vivait à l'hôtel depuis des années. Il avait remis au propriétaire une lettre pour elle au cas où il disparaîtrait. Mais cela fait 4 ans que la mère d'Anna est morte, elle est donc venue à sa place, intriguée par le message d'un homme qu'elle ne connaît pas et qui dit avoir bien connu sa mère autrefois. En entrant dans la chambre de Winston Smith, restée en l'état, elle découvre une malle cabine avec de nombreux souvenirs et photos. Et un manuscrit, intitulé Life. Le journal de Winston Smith écrit pour sa mère. Un manuscrit qui devrait répondre à toutes ses interrogations et qui commence en 1916, au collège de Lands Priors en Angleterre à Shangaï en 1925 en pleine révolution...
Paris, au XVIIe siècle. Jean Daubignan est un tout jeune homme, solitaire et rêveur. Pour échapper à l’emprise maternelle et à celle de son précepteur, bigots terrifiants à ses yeux, Jean se refugie dans le dessin. Un soir, son père l’entraîne dans l’humidité suffocante d’une cave où il lui fait découvrir le « peuple des endormis », animaux morts et de toutes sortes qu’il tente sans relâche de rendre « vivants » en les empaillant. D’où viennent ces animaux ? D’un commanditaire, Monsieur de Dunan, marquis et courtisan zélé, voulant s’attirer les faveurs d’un roi friand de chasse et de ménagerie. Mais les expériences taxidermistes du père de Jean sont un échec cuisant. Il meurt bientôt. Dès lors, Dunan a cette idée folle : la création d’un zoo exotique au château de Versailles. Il embarque donc pour l’Afrique en quête d’animaux sauvages. Jean, fuyant Paris et sa mère, embarque avec lui. L’aventure, dès lors, prendra un tour inattendu, épique et rocambolesque.
Juin 1984. Un taxi dépose Anna Laurens au Grand Tetras, un hôtel de Saint-Véran, dans le Haut-Quéras. Le propriétaire de l'hôtel a envoyé un courrier à sa mère, de la part d'un de ses pensionnaires, Winston Smith. Celui-ci a disparu il y a quelques semaines en montagne. À 80 ans passés, il vivait à l'hôtel depuis des années. Il avait remis au propriétaire une lettre pour elle au cas où il disparaîtrait.Mais cela fait 4 ans que la mère d'Anna est morte, elle est donc venue à sa place, intriguée par le message d'un homme qu'elle ne connaît pas et qui dit avoir bien connu sa mère autrefois. En entrant dans la chambre de Winston Smith, restée en l'état, elle découvre une malle cabine avec de nombreux souvenirs et photos. Et un manuscrit, intitulé Life. Le journal de Winston Smith écrit pour sa mère.Un manuscrit qui devrait répondre à toutes ses interrogations et qui commence en 1916, au collège de Lands Priors en Angleterre et se poursuit au prestigieux Eton College.
« Vous avez pas vu celle que j'cherche ? ». Cette question, Léonard la pose constamment à quiconque le croise ou le rencontre. Une scie, une rengaine, un leitmotiv. Une ritournelle que chante à l'envi Léonard l'innocent, le simple d'esprit ou, comme disent les gens pressés, le débile. Pour ses amis... il en a d'attentifs et de généreux..., en particulier pour Frank, écrivain en panne d'écriture, Léonard est un mystère. Une énigme d'autant plus profonde que Léonard va exaucer des voeux, accomplir des « miracles ». Oh ! pas des miracles estampillés par Dieu, des petits miracles à dimension humaine, des amours qui se révèlent d'un coup, des résolutions qui se prennent enfin, des maladies qui se soignent malgré tout, des héritages inattendus qui s'accomplissent. « Ça se passe » est la formule magique que Léonard prononce simplement, le sourire fendu jusqu'aux oreilles, le présent tenant lieu de futur. Énigme d'une femme recherchée, logogriphe d'une formule magique, mystère d'un innocent. En fouinant dans le passé de Léonard, Frank découvrira le fin mot de l'histoire. Le fin mot, on ne peut mieux dire.
« Vous avez pas vu celle que j’cherche ? »Cette question, Léonard la pose constamment à quiconque le croise ou le rencontre. Une scie, une rengaine, un leitmotiv. Une ritournelle que chante à l’envi Léonard l’innocent, le simple d’esprit ou, comme disent les gens pressés, le débile.Pour ses amis — il en a d’attentifs et de généreux —, en particulier pour Frank, écrivain en panne d’écriture, Léonard est un mystère. Une énigme d’autant plus profonde que Léonard va exaucer des vœux, accomplir des « miracles ». Oh ! pas des miracles estampillés par Dieu, des petits miracles à dimension humaine, des amours qui se révèlent d’un coup, des résolutions qui se prennent enfin, des maladies qui se soignent malgré tout, des héritages inattendus qui s’accomplissent. « Ça se passe » est la formule magique que Léonard prononce simplement, le sourire fendu jusqu’aux oreilles, le présent tenant lieu de futur.Énigme d’une femme recherchée, logogriphe d’une formule magique, mystère d’un innocent. En fouinant dans le passé de Léonard, Frank découvrira le fin mot de l’histoire. Le fin mot, on ne peut mieux dire.
Kherson, en Ukraine, janvier 1996. Inna a 6 ans.Elle regarde, par la fenêtre de l'appartement où elle vit avec ses parents et sa soeur aînée Yulia, le noir qui enveloppe les sinistres immeubles de la cité. Inna adore quand « le vieux géant » coupe l'électricité.Pour ses parents comme pour les autres habitants, c'est l'état de délabrement du pays qui provoque ces coupures à répétition, et qui ne facilitent pas la vie quotidienne. L'effondrement de l'U. R. S. S., sept ans plus tôt, a provoqué une perte totale des repères, une paupérisation absolue, et la prospérité des mafias et des seigneurs de guerre. La petite Inna subit de plein fouet le déclassement humiliant de ses parents, en même temps qu'elle observe son oncle Vanya s'enrichir frauduleusement.En septembre 2000, le journaliste dissident Gueorgui Gongadzé est enlevé et assassiné. Une partie du peuple est scandalisée et soupçonne le président Leonid Koutchma d'être le commanditaire de cet assassinat. C'est à ce moment-là qu'Inna décide de devenir journaliste, comme Gongadzé. Elle n'a que dix ans, mais la figure de ce héros va la hanter durablement...
Hiver 1872. Le journaliste Victor de Nelville débarque de Paris dans le nord du Yorkshire pour relater les faits extraordinaires qui se déroulent dans la lande de Fylingdales dont l'écho est venu jusqu'en France. Padfoot, le loup-garou, le chien noir aux yeux rouges, annonciateur de mort, serait revenu dans la région. Depuis, une maladie décime les troupeaux.L'engouement du lectorat mondain de la capitale, friand de ces péripéties ésotériques à la mode, saupoudrées de celtitude et d'exotisme anglo-saxon, a poussé son journal à l'envoyer là-bas relater ces « balivernes »... Au village où il s'installe, l'accueil est glacial. L'aubergiste le prévient : il ne trouvera aucune explication à ces phénomènes. Puis, le vieil Hodgkin, un berger qui avait la réputation d'être un magicien magnétiseur disparaît... avant d'être retrouvé pendu. Serait-ce la fin du padfoot ?Lors d'une promenade nocturne dans la lande, Victor croise Mëy, une femme aussi belle que mystérieuse, qui va le pousser délaisser son article pour écrire de la poésie...
Baby-Foot est la suite d'Un sac de billes, le récit du petit Jo, devenu adolescent, dans le Paris et la France de l'immédiate après-guerre.Lorsqu'Un sac de billes se termine, nous voyons Jo rentrer à Paris après plusieurs mois d'exil. On retrouve le grand frère Henry qui s'affaire dans son salon de coiffure et dont l'autorité pèse parfois un peu trop sur son jeune frère en pleine révolte adolescente. Il y a les copains. Et il y a Jo. On retrouve sa malice et son indéfectible désir de vivre sa vie en jeune homme libre.Il se fiche un peu de son certif' et ne veut à aucun prix devenir coiffeur. Il multiplie les rêves mais aussi les désillusions. Il s'intéresse à la boxe qu'il va pratiquer puis abandonner, se rendant compte qu'il n'est pas fait pour ça. Il y a aussi pour lui et ses copains la fascination qu'exercent sur eux les GI américains, qui ont libéré le pays, et l'Amérique si proche et si lointaine à la fois, riche de promesses. Il y a aussi les petits trafics de l'après-guerre et les plans foireux. Et il y a aussi la jolie Bernadette, 22 ans, sa première rencontre, son premier amour.
Depuis 2011, la France est le premier pays au monde à avoir officiellement interdit la technique de fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste. Pourtant la situation n’est pas close et à l’intérieur même du gouvernement actuel, pro et anti gaz de schiste s’affrontent. Doit-on sous prétexte d’indépendance énergétique et d’emplois, laisser détruire et polluer notre territoire? A t-on besoin d’une énième énergie de transition avant de passer à un autre modèle ? Avec Énergies extrêmes, Sylvain Lapoix et Daniel Blancou nous expliquent l’origine de cette énergie fossile, et comment des grandes entreprises américaines y ont vu un intérêt suite aux chocs pétroliers des années 70. Nous suivons également les lobbyings que cela provoque chez les partisans comme les opposants. Enfin, ce livre nous montre comment cette nouvelle énergie redessine la géopolitique mondiale. Publié en 3 parties dans La Revue dessinée, ce reportage a été remonté et complété pour sa publication sous forme de livre.
Les mots du commissaire fédéral résonnent dans la tête du Sergent Kirk: « L'attaque lancée contre moi et mon escorte ne peut rester impunie. Préparons une expédition punitive ! Répression. Ma vengeance sera synonyme de la fin des Comanches ! » Kirk a déjà participé à un massacre d'indiens à Pueblo Negro, il n'a pas envie de voir ce cauchemar se reproduire. Cette crise de conscience pousse le sergent à quitter l'armée américaine. Désormais, il sera du côté des indiens et des plus faibles.Dessiné entre 1953 et 1959 quand il était en Argentine, Sergent Kirk est l'oeuvre la plus prolifique et la plus méconnue d'Hugo Pratt. Les scénarios sont signés d'Héctor Oesterheld, à qui l'on doit également Ernie Pike.Si l'on en croit le père de Corto Maltese, la série ferait 5000 planches au format du fascicule Misterix. En 1967, la série est remontée en un format plus classique, pour le magazine Italien Sgt Kirk (ou sera publiée pour la première fois La Ballade de la mer salée). Les textes d'Oesterheld sont réécrits par Hugo Pratt. Un dépoussiérage qui tient compte de l'évolution du dessin de Pratt, de ces préoccupations, mais aussi de l'évolution du western, qui grâce à un autre italien, Sergio Léone, change de peau.Ce sont ces 900 pages que Futuropolis propose aujourd'hui à la lecture.Sgt Kirk paraîtra en cinq tomes. Le premier tome, de 180 planches sera entièrement inédit en français. En effet, il y a 25 ans, quelques albums du Sgt Kirk, ont été publiés, en commençant par la page 300, et avec une photogravure. douteuse.Ce sera donc pour l'amateur de Pratt, une véritable découverte.
C'est l'histoire d'une radio pirate qui défie le pouvoir : il y a quarante ans, Lorraine Coeur d'Acier posait, pour toujours, un jalon essentiel dans l'histoire desluttes et des radios libres. Une radio populaire qui libère la parole d'une population tout entière.Lorraine Coeur d'Acier ? Le 12 décembre 1978, sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, est annoncé le plan Davignon qui va liquider la sidérurgie dans le bassin lorrain.Début mars 1979 débarquent à Longwy les journalistes Marcel Trillat et Jacques Dupont : à l'instigation de la CGT, les deux journalistes vont animer des mois durant ce qui allait devenir une radio à nulle autre pareille, une radio de lutte, une radio illégale défiant le pouvoir giscardien, mais aussi une radio « libre », au sens plein de ce terme. Une radio ouverte à tous. « Y compris aux gauchistes et à la droite ? », s'étrangle Eugène. C'est juré, il n'y mettra jamais les pieds. Camille, à rebours de son père, la fréquentera chaque jour, et pas seulement pour la belle voix de Mathilde...
1944, Montmartre ploie sous les bombardements de la RAF. Le vent tourne pour les allemands et les collaborateurs. Le docteur Destouches, plus connu sous son nom de plume, Louis-Ferdinand Céline, muni de faux-papiers, quitte la France en compagnie de Lucette son épouse et Bébert le chat. Direction l'hôtel Brenner à Baden-Baden, où il retrouve Robert Le Vigan, comédien et collabo, qui vient de quitter le tournage des Enfants du paradis. Ensemble, traversant une Allemagne en ruine, ils se rendent à Sigmaringen, rejoindre le gouvernement en exil de la France Vichyste. Cerné par des personnages hauts en couleur, pitoyables, voire caricaturaux, le drame tourne à la farce burlesque. De cet épisode historique authentique, Céline a tiré une oeuvre incontournable, D'un château l'autre, Nord et Rigodon. Il fallait un sacré culot pour oser s'y attaquer. Après avoir tenté d'en faire un long métrage animé, Christophe Malavoy et Paul & Gaëtan Brizzi se sont lancés ici avec maestria dans leur première bande dessinée.
Philippe djian est né en 1949 à paris. il a exercé de nombreux métiers : il a vendu des photos de colombie à l'humanité dimanche et ses interviews de montherlant et lucette destouches, la veuve de céline, au magazine littéraire ; il a aussi travaillé dans un péage, été magasinier, vendeur... son premier livre, 50 contre 1, paraît en 1981. ont suivi bleu comme l'enfer, adapté au cinéma par yves boisset, et 37°2 le matin, adapté par jean-jacques beineix. il a publié une trentaine d'ouvrages dont lent dehors, une trilogie composée de assassins, criminels et sainte-bob, ça, c'est un baiser, frictions, impuretés, et doggy bag, feuilleton littéraire qui compte aujourd'hui six saisons. traducteur à ses heures, philippe djian est également l'auteur fétiche du chanteur stéphane licher. avec le dessinateur jean-philippe peyraud, il vient de publier sa première bande dessinée, mise en bouche, aux éditions futuropolis. miles hyman est né à bennington dans le vermont (etats-unis) en 1962. après avoir appris la peinture et les arts graphiques, il arrive en 1985 à parispour étudier à l'école nationale supérieure des beaux-arts. il commence sa carrière d'illustrateur professionnel en 1987 dans le magazine lire. depuis, il enchaîne les travaux d'illustrations et de couvertures, que ce soit pour la presse ou pour l'édition. il travaille pour denoël, gallimard, actes sud, mais aussi pour simon & schuster, random house, penguin... miles hyman a dessiné les couvertures de la série policière le poulpe. pilier des éditions futuropolis, il y a réalisé plusieurs livres illustrés : l'homme à deux têtes, chroniques ferroviaires (avec marc villard), manhattan transfer de john dos passos, l'agent secret de joseph conrad, abc, un abécédaire de dessins noir et blanc en grand format et enfin lorsque lou, sur un texte de philippe djian. son travail a été exposé dans de nombreuses galeries à travers le monde.
Derrière une peinture de l'organisation de l'Aéropostale, l'ouvrage traite de la problématique du héros pour qui toute action relève de l'absolu.La force de l'homme héroïque est de s'effacer devant cet absolu. Mais l'homme donne de la valeur à l'humanité par les effets de son action. Face à la solitude, il assume cette signification.En Amérique du Sud, des pilotes sont chargés de transmettre des courriers vers d'autres villes. Fabien, pilote, ramenant à Buenos Aires le courrier de Kénitra, affronte un violent orage. À Buenos Aires, Rivière, son patron, attend impatiemment les avions attendus et, le contact étant perdu avec Fabien, médite dans son bureau sur le fragile équilibre entre danger et autorité, qui permet à la poste aérienne de vivre. La femme de Fabien est très inquiète et se rend à l'aérodrome.Passé au-dessus des nuages pour échapper à l'orage, Fabien découvre bientôt avec une fusée éclairante qu'il a dévié au-dessus de la mer et que la réserve de carburant ne lui permettra pas de revenir à terre.Dès lors, chacun le sait condamné..
Septembre 1941. Joseph, le narrateur, âgé de dix ans, vit heureux, avec ses parents et ses frères, à Paris. Il est très proche de son frère Maurice, deux ans plus âgé que lui. Mais les Allemands occupent Paris et imposent le port de l'étoile jaune. Maurice et Jo, après un périple incroyable de débrouillardise et de courage arrivent à Menton, alors en zone libre, où se sont installés leurs deux frères aînés.Ceux-ci, toutefois, sont convoqués par la police française dans le cadre du S. T. O., le service du travail obligatoire en Allemagne. Pas question pour les grands frères de se jeter dans la gueule duloup : ils décident de partir immédiatement à Nice, où se sont déjà réfugiés leurs parents. Malgré l'occupation de la ville par l'armée italienne, l'insouciance reprend le dessus. Las, ce sera de courte durée. L'armée italienne est remplacée par l'armée allemande, et la Gestapo resserre les mailles de ses filets pour attraper les Juifs. Dès lors, la vie des Joffo va connaître des jours douloureux...La peur, l'angoisse et la souffrance sont désormais au rendez-vous.
Greg est un auteur de bande dessinée d'auto-fictions qui se vendent mal. Son éditeur lui propose alors de créer un super héros différent, noir ou maghrébin, auquel les jeunes issus de l'immigration puissent s'identifier, pour une nouvelle collection de comics qu'il veut lancer. Fauché, Greg accepte et imagine Angela, une femme de ménage noire qui travaille dans un laboratoire de physique. Pour fuir le harcèlement sexuel de son chef, Angela se réfugie dans un accélérateur de particules alors qu'un papillon se pose sur son dos.Bombardée d'électrons elle devient... Butterflywoman, une super héroïne noire qui combat les racistes, machistes et autres suprématistes fous. Sa seule faiblesse est son addiction au pollen. Alors que le premier tome de la série vient de sortir, une perturbation gravitationnelle va donner vie à son personnage de fiction. Angela se retrouve à Paris, sans argent et sans repères, avec une folle envie de sniffer du pollen...Bientôt, la rumeur de ses exploits remonte jusqu'à Greg... et les ventes de Butterfywoman s'envolent.
1871. La France et sa capitale viennent de connaître des mois sombres. Pendant le conflit avec la Prusse, qui a affamé Paris assiégé, Sarah avait transformé le théâtre de l’Odéon en ambulance, et s’était muée en infirmière pour soigner les blessés.Alors que la vie reprend un semblant de normalité, Sarah doit faire ses preuves sur les planches et jouer dans une pièce qui démontrera toute l’étendue de son talent. Après des années d’apprentissage et de galère, la voilà prête à s’élancer dans une carrière qu’elle veut prestigieuse.Victor Hugo se présente comme l’homme providentiel et lui propose le rôle de la reine dans son Ruy Blas… Les deux artistes se découvrent des affinités et la pièce connaît un immense succès, son premier triomphe… Sarah Bernhardt détonne dans un paysage enraciné dans ses valeurs traditionnelles où la place des femmes est souvent consignée au foyer. Forte de la liberté qui lui apporte son succès sur les planches, la comédienne n’hésite pas à claquer les portes des théâtres prestigieux (l’Odéon), joue selon son envie des rôles féminins ou masculins.Son incroyable aura fait d’elle une muse pour Émile Zola, Edmond Rostand, Marcel Proust ou Sacha Guitry… sa notoriété dépasse l’hexagone, elle s’embarque à plusieurs reprises dans des triomphales tournées internationales.Elle est aussi reconnue pour ses prises de positions audacieuses qui en font une citoyenne de premier plan : féministe avant l’heure, elle milite aussi contre la peine de mort, soutient Zola dans l’affaire Dreyfus.
Bienvenue à Monplaisir ! Sur 300 000 hectares, avec deux niveaux d'accès et près de 18 millions de visiteurs quotidien, Monplaisir est le plus grand parc d'attraction de la galaxie ! À l'entrée, chaque visiteur est dirigé à la costumerie où il troquera son costume civil contre l'un des 400 000 déguisements mis gratuitement à sa disposition. À l'intérieur, tous les plaisirs l'attendent. Mais Monplaisir n'attire pas que des visiteurs en mal de divertissement, de nombreux voleurs y viennent pour tenter leur chance. Las, les robots d'A.L.I.C.E., le système informatique qui gère la ville veillent au grain et rares sont ceux qui arrivent à partir avec leur butin. Seuls les meurtriers et les violeurs sont poursuivis par des flics humains, la brigade des Urban Interceptor. Et, parce que tout se finit en jeu dans ce parc, les arrestations sont filmées en direct et font l'objet de paris. Le jeu, animé par le maître de Monplaisir, Springyfool, est sans limite et se termine souvent par la mort d'un des participants. Zachary Buzz vient justement d'arriver en ville pour y intégrer la brigade. Il rêve de justice. il va vite déchanter.
En 2008, la société française Amesys a vendu pour un peu plus de 12 millions d'euros un système d'interception des communications électroniques à la Libye du colonel Kadhafi. Une transaction secrète, couverte par les services français, qui va permettre au dictateur de surveiller de près ses opposants. Certains seront torturés après avoir été repérés par le logiciel Eagle.Jean-Marc Manach a enquêté sur ce scandale qui implique le colonel Kadhafi et son beaufrère Abdallah Al-Senoussi, chef des services de renseignements et accessoirement condamné à perpétuité pour l'attentat du DC-10 d'UTA en 1989, l'état français, avec sa tête Nicolas Sarkozy, et le devenu célèbre homme d'affaire libanais Ziad Takieddine. Il découvre que les employés d'Amesys n'avaient pas pris la peine de déployer les mesures de sécurité que prennent d'ordinaire les entreprises commerçant avec des dictateurs. Façon Pieds Nickelés, ils ont même été jusqu'à mettre sur le web des preuves de leurs méfaits.Ce qui pourrait paraître être une farce n'en est pas moins une tragédie quand on imagine le nombre de personnes qui ont été tuées ou torturées à cause de ces surveillances.
Dans une mégapole d'un futur proche, un groupe d'enfants des rues, rebelles et désespérés, mettent le feu à un centre commercial, causant des centaines de morts, y compris la leur, dans une folie incompréhensible. Seule une petite fille de huit ans appelée Margaret a survécu. Elle était au coeur du brasier, et pourtant elle n'a aucune marque de brûlure. Plongée dans le coma, elle se réveille de temps en temps pour parler en russe, une langue qu'elle n'a jamais apprise ! Sacha, un scientifique ayant travaillé sur les pouvoirs latents du cerveau, semble à même de rentrer en contact avec elle et de répondre aux questions que tout le monde se pose à son sujet. Depuis que Margaret a été surprise en état de lévitation, Emma, de la Society for Parapsychical Medecine and Research est harcelée par la police. Elle interroge à son tour Sacha sur ce phénomène. Il pense que Margaret est le Poltergeist le plus impressionnant qu'il n'ait jamais rencontré. Pour en savoir plus, il part à la recherche d'un savant russe, Vladimir Szymanski, que beaucoup considèrent comme un illuminé.
Plus de quinze ans après la publication de son premier livre, Palestine une nation occupée, Joe Sacco poursuit son engagement en livrant dans Gaza 1956, le récit d'une tragédie que l'Histoire aurait bien voulu oublier.Cette note parlait du massacre perpétué par l'armée israélienne à Gaza en cette même année 1956.Plus de 270 palestiniens auraient perdu la vie dans cette tragédie. Difficile à croire.En 2003, Sacco se rend alors, une fois encore, en Palestine afin d'établir la réalité de ce fait et décide de recueillir le témoignage des survivants et témoins.Petit à petit, il remonte le fil de l'Histoire pour nous rapporter ce livre où la bande dessinée, comme pour d'autres grands créateurs, se fait grave, précise et vraie parole.Comme à son habitude, Joe Sacco se met en scène dans le récit, ce qui lui permet de donner chair aux témoins rencontrés, de dévoiler la dureté de la vie quotidienne des palestiniens depuis plus de 50 ans.Un témoignage exceptionnel.Un livre qui ne peut laisser indifférent.
Par un beau temps d'hiver, deux individus, bonnets sur la tête, sécateur en main, taillent une vigne. L'un a le geste et la parole assurés. L'autre, plus emprunté, regarde le premier, cherche à comprendre « ce qui relie ce type à sa vigne » et s'étonne de « la singulière fusion entre un individu et un morceau de rocher battu par les vents ». Le premier est vigneron, le second auteur de bandes dessinées. Qu'ont-ils donc en commun ? Pendant un an, Étienne Davodeau va goûter aux joies de la taille, du décavaillonnage, de la tonnellerie ou encores'interroger sur la biodynamie. Richard Leroy, de son côté, va découvrir des livres de bande dessinée choisis par Étienne, rencontrer des auteurs comme Emmanuel Guibert et Jean-Pierre Gibrat, participer à des salons de bande dessinée, ou encore visiter la maison d'édition Futuropolis. Étienne et Richard échangent leurs savoirs et savoir-faire, mettent en évidence les points que ces pratiques (artistiques et vigneronnes) peuvent avoir en commun. Au bout du compte, l'un et l'autre répondent à ces questions : comment, pourquoi et pour qui faire des livres ou du vin?Meilleur Livre du Vin de l'Année, Gourmand Awards 2012.Prix de la Réciprocité 2012.Sélection officielle 2012 du Festival international de bande dessinée d'Angoulême.Prix de la librairie Univers Bd de Caen Meilleur album de l'année CoinBD d'Argent 2012 (vote des internautes).Sélection pour le prix Bédéis Causa 2012, Festival de la bande dessinée francophone de Québec.Sélection pour le Prix des libraires de bande dessinée 2012.Prix régional de la bande dessinée des Comités d'entreprise 2012 (Cezam Bretagne).Prix du Clos-de-Vougeot, salon Livres en Vignes 2012.
Quand le Grand A a été construit à l'aube des années 70, nul ne savait quelles seraient les conséquences de sa présence sur le centre-ville d'Hénin-Beaumont et sa région. Aujourd'hui, le chômage est omniprésent et la ville est dirigée par un élu Front National. Pour mieux comprendre le fonctionnement de cet hypermarché, les auteurs ont interrogés des clients, bien sûr, mais aussi, des caissières, des employés, la direction, des agriculteurs et des fournisseurs. Et les commerçants délaissés du centre-ville. Ils tentent de répondre à de multiples questions : L'Hypermarché est-il un « état » indépendant qui peut imposer sa loi ? Quelle organisation dans cet état ? Comment vendre à ceux qui n'ont pas les moyens ? Comment créer les besoins, de la baguette de pain au service bancaire ? L'Hypermarché est-il un ogre qui dévore et détruit tout sur son passage ou est-il source de progrès, de développement ? Comment fonctionnent les filières d'approvisionnement ? Les producteurs locaux sont-ils les laissés pour comptes de ce gigantisme ? Les clients sont-ils les victimes de la guerre économique liée au modèle de consommation ou les bénéficiaires? Les hypermarchés sont-ils les responsables de la malbouffe ? Le petit commerce et la vie des centres villes sont-ils victimes ou coupable de ne pas s'être adaptés ?
Nous sommes en 1813. Archibald Weir assiste à une pendaison publique.En affirmant qu'il s'agit là d'un assassinat, d'un défi à Dieu, il s'attire les foudres de son père, le Lord-Juge d'Hermiston. C'est lui l'être implacable qui avait prononcé la condamnation à mort. Pour punir son fils, il le contraint à l'exil, sur les terres d'Hermiston en Écosse, où il devra gérer le domaine familial. De fait, là il trouvera la paix, mais aussi l'amour, en la personne de Christina, une jeune femme de condition inférieure. Et cela sous le regard non moins enamouré de Kirstie Elliott, la grand-tante de cette jeune fille.Christina est la fille d'un des quatre neveux de Kirstie. Surnommés « Les quatre frères noirs », ils sont connus pour leur violence.Réservé, Archibald (Archie) tente de séduire la belle jeune fille, sous le regard moqueur de Frank Innes, un ami venu le rejoindre dans les landes d'Ecosse. Vil et jaloux, Frank tentera d'éloigner Christina d'Archie.Les nuages s'accumulent, la tempête n'a plus qu'à éclater !...
Avec sa biographie officielle, Le géant, pilier de l'Amérique, on croyait tout connaître de Craig Pressgang, cet ancien agent de la CIA. L'histoire secrète du géant nous raconte, par le truchement des trois femmes qui l'ont le mieux connu, son authentique histoire, qui il était et le secret de sa disparition.Le malheur s'est rapidement abattu sur Marge. Son mari faisait partie des troupes alliées et il est mort en France durant le débarquement alors qu'elle était enceinte. Leur enfant, Craig Pressgang grandit anormalement. À 10 ans, il a déjà une taille d'adulte. Malgré ce handicap, il semble intégréavec les gens de son âge. C'est même plutôt un atout.Mais plus il grandit, plus les problèmes s'accumulent, car il finit par atteindre la taille d'un immeuble de 3 étages.Les vêtements ne peuvent être que fait sur mesure, tout comme sa maison.Pour financer cela, il réalise des peintures (les plus populaires étant ses empreintes de main), pose pour des publicités, et est recruté par la CIA, qui l'aide également médicalement. Manipulé par l'agence d'espionnage, Craig ne comprend pas qu'on lui ment, il ne voit pas sa vie se détruire, il ignore les dégâts qu'il cause autour de lui. .
Après un album consacré au chamanisme, Johanna Schipper revient avec un récit en deux tomes sur la recherche d¹identité, la place de l¹homme avec un grand H, face à la barbarie des hommes, avec un petit h. Une histoire poignante magistralement racontée par l¹une des meilleures dessinatrices de sa génération. Après dix-huit ans d¹absence, Principius, un jeune peintre d¹origine juive, retourne en Pologne au moment où les nazis s¹apprêtent à envahir ce pays, pour retrouver son fils caché. Un contexte historique révélateur de la manière dont l¹intime (nos croyances, notre culture, notre identité, nos appartenances, nos choix) peut être instrumentalisé et faire de nous, soit des boucs émissaires, soit des bourreaux. Cracovie 1919. Le jeune artiste Principius doit quitter la Pologne pour l¹Allemagne. La nuit est arrosée, et des années plus tard, il apprendra que Magdanela, le modèle avec qui il a fini la nuit, a eu un fils, probablement le sien. L¹Allemagne où il vit désormais est sujet à la montée du nazisme, et notre héros, d¹origine juive, ne peut plus y vivre décemment. Dix-huit ans après son départ, il décide de retourner en Pologne, à la recherche de son supposé enfant, de sa mère, et pour fuir l¹antisémitisme. Le voyage en train est l¹occasion de multiples rencontres, d¹interrogations, de suspicions¦ Et que penser lorsque Benyamin, le jeune homme au visage d¹ange qui partage son wagon, annonce que sa mère s¹appelle Magdanela? Le voyage n¹est pas de tout repos, car le train est arrêté en pleine voie, et les SS débarquent. L¹Europe s¹apprête à entrer en guerre et Principius ne sait pas quelles horreurs l¹attendent en Pologne.
Jean, la trentaine heureuse, est employée municipal dans une ville de province. Célibataire, il partage son temps entre son travail, ses collègues, les visites à sa maman, et sa vie, une partie de la nuit, sur internet : il tchatte, s’informe, dialogue avec des inconnus aux pseudos bizarres comme VieilleTruieVolage, écoute de la musique, regarde des films et des vidéos porno, joue à des jeux genre Counter-Strike, prend et envoie des photos. Bref, il mène une vie qui lui convient parfaitement. La vraie vie, pour lui, c’est ça, ce mélange d’un réel somme toute paisible et du virtuel que fabriquent les nouvelles technologies. Mais, pour Jean, le virtuel ne s’oppose pas au réel, il en est même partie prenante. Il appartient à sa vie, une vie d’aujourd’hui, intense et partagée. Partagée notamment avec TIMFUSA, qui semble vivre dans le Wyoming aux États-Unis, avec qui il échange mots délicats et photos muettes. Une rencontre qui l’intrigue. Partagée aussi avec Carine, nouvelle collègue de travail, nouvelle amoureuse. Deux rencontres vives, intenses, qui construisent son équilibre. Jusqu’au moment où Jean apprend qu’il va mourir…
C'est à l'initiative de Roberto Ribeiro, responsable des éditions Casa XXI et organisateur du Festival International de Bande Dessinée de Belo Horizonte, que Jean-Claude Denis s'est rendu dans la ville de Belém au cours du mois de janvier 2005.Depuis quelques années, Casa XXI édite une série de livres sur les villes brésiliennes. Cette collection, intitulée Cidades Ilustradas ( Villes Illustrées ) a pour objet de faire découvrir une ville en une trentaine d'illustrations. Avant lui, Jano est allé à Rio de Janeiro et Miguelanxo Prado à Bela Horizonte.En fait, cette proposition est surtout l'occasion pour Jean-Claude Denis de retourner au Brésil, et dans cette ville de Belém, vingt ans après un premier séjour dont il gardait le souvenir d'un port de pêche baigné d'une lumière irréelle.De retour en France, il s'attelle à la tâche pour tenter de retrouver sur le papier un peu de la magie de cette lumière si particulière. Il décide de réaliser des aquarelles selon la technique traditionnelle utilisée au dix-neuvième siècle. Cette approche classique, loin du style du carnet de voyage, permet le recul, la distance et la réflexion. En artiste exigeant, il s'y consacre alors de longs mois, s'immergeant dans un travail délicat de composition et de rendu des lumières. Pas d'esbroufe, pas de spectaculaire, rien de pittoresque, aucun cliché convenu. Une apparente simplicité, une évidente réalité. Au lecteur de percevoir l'étrangeté des lumières et des ombres, de sentir la densité de l'air, de saisir l'équilibre fragile de cette ville, de capter sa respiration.En contrepoint à ces aquarelles, toujours avec l'élégance et l'acuité qui le caractérisent, Jean-Claude Denis propose des croquis accompagnés de textes qui les remettent dans leur contexte (social, économique, culturel...). Permettant de comprendre la valeur des scènes peintes, ces ajouts sont aussi une formidable clé pour saisir les raisons qui ont dicté les choix de l'auteur.Jean-Claude Denis raconte Belém sans en troubler la vie. Une oeuvre intimiste, toute en réserve et en pudeur.
John Glanton (1819-1850) est un Texas Ranger pendant la guerre mexicaine déclenchée en 1845 par l'annexion du Texas par les États-Unis. Les États-Unis annexeront aussi les territoires mexicains de la Californie. Pour Ulysse Grant, qui participa à cette guerre, « La rébellion du Sud fut l'avatar de la guerre avec le Mexique. Nations et individus sont punis de leurs transgressions. Nous reçûmes notre châtiment sous la forme de la plus sanguinaire et coûteuse guerre des temps modernes. » Après la guerre, chassé de l'armée pour meurtre, Glanton devient soldat de fortune, un mercenaire à la tête d'un gang particulièrement violent. Il loue ses services à l'état de Chihuahua afin de chasser les Indiens Apaches qui opèrent à la frontière du Mexique mais massacre aussi des Indiens pacifiques pour se faire plus d'argent. Car Glanton est payé au scalp rapporté. Ses massacres bafouent les traités signés entre ces tribus et les États- Unis et oblige l'état de Chihuahua à les déclarer hors-la-loi.Ils partent vers la Californie où la ruée vers l'or vient de commencer et s'enfoncent de plus en plus dans la violence. Glanton - et sa bande - tombera en 1950 dans une embuscade de la tribu de Quechan qui voulait se venger de leurs exactions.En se basant sur la vie de John Glanton, Texas Ranger pendant la guerre civile mexicaine puis mercenaire à la tête d'une bande de tueurs d'Indiens payés au scalp, Hugues Micol livre un récit hallucinant de la guerre civile mexicaine du milieu de XIXe siècle. Son dessin, puissant,qui rappelle les gravures de Goya, dépeint l'implacable brutalité d'une époque, loin des clichés du Far west.
France, terre d'accueil. Même si la réalité est souvent assez éloignée de ce grand principe, Christophe Dabitch a recueillile témoignage de 11 immigrants, ayant trouvé asile en France.Ces témoignages dessinés sont éclairés par six textes d'historiens, spécialistes de la question, qui replacent les raisons de l'immigration dans l'histoire de notre pays.Au XXe siècle, la France a été l'un des principaux pays d'immigration dans le monde. Cet aspect de notre histoire contemporaine a longtemps été refoulé de la mémoire collective. Aujourd'hui, le vieux stéréotype «nos ancêtres, les Gaulois» tend à disparaître. Mais d'autres préjugés se sont installés, notamment l'idée que les immigrants d'autrefois se seraient «bien intégrés», alors que ceux d'aujourd'hui «poseraient problème». L'histoire de l'immigration montre qu'en réalité, c'est toujours le dernier venu qui a été perçu comme le plus menaçant aux yeux des autochtones...Cet ouvrage n'a pas pour objectif d'être représentatif des différentes réalités vécues de l'immigration. Il s'agit de porter un regard sur quelques trajectoires singulières et, grâce au travail de réflexion des historiens, d'interroger quelques thématiques liées à l'immigration.Ils viennent de Roumanie, d'Angola, de Turquie, d'Uruguay... Pour des raisons économiques ou politiques ou de santé, leurs parents, ou eux-mêmes, ont dû quitter leur pays pour la France. Ce livre raconte leur intégration, qui passe très souvent par une phase de «racisme ordinaire».Benjamin Flao dessine Hélène, arrivée d'Angola. Elle a quitté son pays à cause des tortures subies. «Je veux encore rajouter: quand les gens viennent demander asile à un pays, la plupart ne viennent pas pour rien, ni pour l'envie de vivre en Europe.».Kkrist Mirror dessine Misa, venu de Roumanie pour faire soigner sa fille. «Quand on est arrivés en France, c'était une vie difficile pour nous. Je ne savais pas parler le français, on ne savait où aller travailler. Je faisais la manche. Je n'avais pas d'autre choix. Dans ma famille, on ne vole pas.».Troub's dessine Jamshid, venu d'Iran pour faire son doctorat. «J'avais une vision féerique et idéaliste de la France. Je croyais que je pouvais parler avec n'importe qui de Stendhal, Malraux, de la Commune de Paris... Au début, ça m a chagriné de voir qu'il y avait une grande partie des Français qui étaient incultes, je me demandais pourquoi.».Jeff Pourquié dessine Gambie, arrivé de Sierra Leone. Député et ministre, lorsque l'armée prend le pouvoir, il doit fuir. «Au Pôle Emploi, on m'a dispensé de rechercher un travail vu mon âge (55 ans). Mais je voulais travailler et apporter quelque chose à mon nouveau pays. Ca fait 5 ans que je travaille comme employé de nuit dans deux hôtels.».Simon Hureau dessine Naïma, venue du Maroc avec ses parents qui ne pouvaient plus nourrir la famille. «Pour moi le travail, la réussite scolaire, ça a toujours été comme un passeport. Tu vois tous ces livres, c'est à eux que je dois l'essentiel...».Christophe Gaultier dessine Anna, née en Uruguay, qui a quitté le Chili pour fuir le régime politique. «Vous êtes blessée moralement, économiquement, vous êtes loin de votre famille et on vous dit que vous venez manger le pain des Français.».Manuele Fior dessine N'Guyen, née au Laos, réfugiée à Taïwan pendant 28 ans, elle rejoint finalement sa fille, son mari et leurs deux enfants nés en France. «On travaille tous dans le même resto japonais. Les Français n'y voient que du feu. Il y a une entraide entre nous, c'est pour ça qu'on se retrouve entassés dans des appartements à disons 10, 15 ou 20 personnes. »...
Johnson m'a tuer n'est pas une fiction, mais un reportage, ou plutôt un témoignage, celui de Louis Theillier qui raconte, de l'intérieur, la lutte des ouvriers et des employés d'une usine qui fabrique des catalyseurs pour les grandes marques de l'automobile. Cette usine, située à Bruxelles, appartient à une multinationale anglaise (Johnson Matthey), emploie des ouvriers belges et a délocalisé en Macédoine. Haute technologie, haute qualification des ouvriers et employés, un groupe bénéficiaire, mais des ouvriers et des employés « trop chers », pour reprendre l'antienne cynique de la direction de Johnson Matthey. D'où la délocalisation et trois cents personnes sur le carreau, certaines travaillant sur le site depuis vingt-cinq ans. C'est l'Europe ultra-libérale dans toute sa « splendeur ». Même s'il est titulaire d'un diplôme d'arts plastiques, Louis n'est pas un professionnel de la bande dessinée. C'est un ouvrier, employé dans l'usine Johnson Matthey depuis cinq ans. Il est donc acteur et témoin. Et son témoignage, en mettant en scène et en dessinant ses camarades avec talent, en racontant les doutes, la rage, le dégoût, mais aussi l'enthousiasme, l'espérance, la fraternité, la lutte, est exceptionnel.
Sans pères ni maîtres, nous ne sommes que des nains assis par terre, et nous cherchons des géants pour nous jucher sur leurs épaules, dit un ami à Alexandre Franc. Ce dernier a trouvé son géant, sur les épaules duquel il souhaite se poser, pour voir plus loin. Ce géant, c'est Régis Debray, intellectuel de haute volée, écrivain exceptionnel, « pointu d'intelligence, raffiné de culture », comme l'écrit Pierre Assouline. Tout en se racontant, au gré de scènes autobiographiques drolatiques, Alexandre Franc interroge le philosophe. Par la bande (dessinée), il le questionne sur la place et le rôle du père, cherchant même en Régis Debray un père de substitution, lui qui trouva, à diverses époques de sa vie, des pères spirituels en Louis Althusser, Fidel Castro, Salvador Allende et François Mitterrand. L'auteur de bande dessinée interroge encore Debray, républicain et jacobin de coeur, sur la patrie, la nation, la France. Interpellé par l'auteur de bande dessinée, l'écrivain riposte. Ainsi se noue, au fil des mois, une correspondance dessinée singulière, légère et grave à la fois, drôle, insolite, et au bout du compte passionnante.
Suite indirecte (car soixante plus tard) de Seules contre tous, Lâcher prise nous montre Miriam Katin, maintenant devenue adulte, essayer de comprendre son fils Ilan, qui a décidé de déménager à Berlin et d'épouser une européenne. Terrible ironie de l'histoire car pour cela, il peut bénéficier de la nationalité hongroise car sa mère est née en Hongrie. Pour Miriam, c'est l'horreur. Berlin et la Hongrie sont les symboles du nazisme, de la guerre et du communisme. Tous ses traumatismes remontent à la surface, la rendant physiquement malade. À 70 ans, après un début de carrière tardif, ce second album de Miriam Katin prouve que l'expérience de la vie et la jeunesse d'esprit font bon ménage. Utilisant à merveille la couleur, ce nouveau chef d'oeuvre de Miriam Katin est un livre unique. Ce roman autobiographie raconte avec finesse et humour une histoire unique, manipulant avec merveille l'intime et l'universel. De la douleur et la colère, Miriam Katin passe doucement à l'apaisement, prenant le temps de regarder autour d'elle, de s'attarder sur les choses qu'elle aime, le ciel, la rivière, New York, sa famille. Un message positif à même de toucher le plus grand nombre.
En posant la question de notre avenir, Après la Guerre nous confronte à notre présent, à se sdérives économiques, aux erreurs qu'il est déjà trop tard pour réparer et à l'espoir qui est en chacun de nous.
La passion amoureuse de Ziegfeld Horowitz, modeste employé, pour une femme qu'il aperçoitdepuis sa fenêtre.Et pourtant elle ne le connaît pas... mais chaque fois qu'elle déménagera, tombera malade, Ziegfeld sera là, veillant sur elle. Jusqu'à sa mort...
Farid Boudjellal s'est souvenu de sa propre enfance toulonnaise pour écrire les récits de Petit Polio. On y retrouve les joies et les peines d'un enfant, la solidarité familiale, la douleur du deuil et le handicap, qui occupe une place prépondérante mais non centrale du récit.
C'est à l'heure où l'ombre chasse la grisaille pour servir d'écrin aux lumières de la ville.Carla tourne la clé de contact. la mercedes démarre en douceur et pénètre dans la nuit, à petite vitesse et à pneus feutrés. au loin, à l'horizon, le soleil disparaît, noyé dans l'océan.
Une histoire pour raconter une mort annoncée qui ne survient pas, un voyage qui n'aboutit pas, et une vie prête à redémarrer au bout de la dérive intérieure et géographique d'un homme qui se croit condamné.Des images d'une grande beauté tissant avec les mots un récit minimaliste qui laisse le lecteur confronté à ses propres sentiments et sensations.
Tout avait commencé avec la lecture des carnets de voyage du poète Matsuo Basho, l'inventeur du haïku. Voyager, pour lui, c'était un état intérieur, un vagabondage sans but précis, le coeur prêt à cueillir la moindre étincelle de vie. Voilà, ce fut cette idée, je crois, qui me fascina et me mit sur la voie, encore une fois. En marche, sans but déterminé, allais-je rencontrer quelque chose qui enrichirait ma petite existence ? Reprenant son bâton de pèlerin, Igort nous convie à un voyage très intime au Japon sur les traces de son ami Jirô Taniguchi, mais également, celles de Miyamoto Musashi, figure emblématique du pays, maître bushi et célèbre escrimeur ou de Yasunuri Kabawata, prix Nobel de littérature. Igort voyage sur les traces du passé, à Hiroshima notamment, visite un fabricant de papier traditionnel, qui aime à dire :« Boue, bois papier, voilà l'essence du Japon. » L'auteur ne néglige pas pour autant la société contemporaine japonaise et s'interroge sur la pression au travail, les Hikikomori, ces adolescents qui refusent de sortir de chez eux, ou Love plus, une application vidéo qui permet une relation virtuelle avec une fille de rêve.
Leo n'a pas vécu le même exil que les dizaines de milliers de Chiliens contraints de fuir le régime militaire chilien après le coup d'Etat du 11 septembre 1973. Sa famille est certes partie loin de Santiago et s'est installée en Afrique du Sud. Mais c'était pour fuir Salvador Allende. Son élection en septembre 1970 avait été un coup terrible pour ses parents qui ne partageaient pas les idées de ce dirigeant socialiste et redoutaient un effondrement du Chili.Du coup, ils avaient fait le choix de l'exil. Et quand Allende fut renversé en 1973, ils élevèrent leurs quatre enfants dans le culte d'un sauveur, le général Augusto Pinochet.Cet héritage familial vole en éclat avec le départ de Leo en Europe. Parti travailler à Londres, il se retrouve confronté à l'histoire de son pays d'origine, ce Chili où il n'a jamais mis les pieds. Il rencontre alors des gens qui lui racontent une version très différente de ce que lui ont inculqué ses parents : la première élection démocratique d'un président socialiste, Salvador Allende, dans un pays non communiste et de ses conséquences. Il décide de revivre cette histoire dans les pas des deux principaux acteurs de cette période, Salvador Allende, et celui qui l'a renversé par la force, Augusto Pinochet pour se faire sa propre opinion.Il décide de franchir le pas et d'aller au Chili. Avec sa compagne, une journaliste française, ils veulent rencontrer des acteurs ou des victimes de la dictature. Un séjour qui permet à Leo de réaliser à quel point ce pays peine encore, trente ans après le coup d'Etat, à affronter cette période tellement douloureuse. Les deux camps sont irréconciliables, faisant écho à ce qui prévaut au sein de sa propre famille où Allende n'aura jamais sa place. Par contre, le président défunt en a désormais une dans sa vie.
Paris, 1943. Justin a vingt-deux ans. Il aime Renée et voudrait l'épouser. Mais le gouvernement de Vichy, pour fournir à l'occupant la main-d'oeuvre qu'il réclame, crée le STO, le Service du travail obligatoire. Comme des centaines de milliers de jeunes Français, Justin est alors contraint de partir en Allemagne.
La Véritable Histoire du soldat inconnu Mort le 10 novembre 1918 dans la boue, inhumé le 11 novembre 1918 sous l'Arc de Triomphe, auteur de romans d'aventure à cent sous, simplistes et affligeants, considéré comme une sacrée tête de con par ses compagnons de tranchées, voilà pour Tardi qui était le soldat inconnu !Il plonge cet anti-héros en plein délire cauchemardesque. L'homme qui a passé sa vie à créer des êtres ignobles, malsains et néfastes pour plaire au public et satisfaire son éditeur, est amené à les rencontrer. Les confrontations, parfois teintées d'humour noir, sont toujours violentes et douloureuses.Ce récit onirique d'une force narrative envoûtante, au dessin puissant et somptueux, est une pièce incontournable de l'oeuvre de Tardi.La Bascule à Charlot Au matin d'une nuit d'errance et d'alcool, un homme se réveille chez une prostituée. Peu de temps après, il la découvre à côté de lui, sans vie, poignardée, tout comme le handicapé monstrueux qui vivait chez elle. Il s'enfuit, est rapidement arrêté et condamné à mort.Il ne sait pas si c'est lui qui a commis ses meurtres. Le lecteur non plus. Il doute de sa santé mentale. Le lecteur aussi, qui assiste à son exécution.
Dans un futur proche.Genetiks est un laboratoire pharmaceutique, un gigantesque trust en fait, dont la puissance financière est bien supérieure à nombre d'états du tiers-monde.Thomas Hale est l'un des milliers d'employés de celaboratoire. Comme tous ses confrères, il a consenti à donner une goutte de son sang à son employeur.À partir de cette goutte, les chercheurs du laboratoire vont décoder l'intégralité du génome de Thomas Hale.Comme la goutte de sang est propriété de Genetiks, Thomas va devenir, de façon implicite, le premier homme privatisé, propriété du laboratoire pour lequel il travaille.Coup d'éclat médiatique ou première étape d'une dérive incontrôlable ?Car Andréas Martin, propriétaire de Genetiks, semble ne pas avoir l'intention de s'arrêter là. Son but est de circonvenir l'éthique scientifique pour mener à bien le projet ANQÂ dont l'objectif est tout simplement d'assurer aux puissants de ce monde « la vie éternelle ».Peut-on encore s'opposer aux plans de Andréas Martin ? C'est ce que Thomas et un mystérieux groupe d'opposants vont tenter de faire. Tenter ou plutôt « croire tenter ». Car Thomas ne semble rien contrôler des événements et de la réalité même dans laquelle il s'agite en vain.
Si l'on en croit Paul Jorion, l'économie est une chose trop sérieuse pour être laissée aux mains des seuls économistes ! Preuve en est faite avec La Survie de l'espèce, un essai dessiné percutant, drôle, et pas complètement désespéré, mis en images par Grégory Maklès, connu jusqu'ici pour ses bandes dessinées de fantasy humoristique. En une succession de courts chapitre et d'analyses aussi pointues sur le fond, que délirantes dans la présentation, pimentées d'un brin de souvenirs personnels et d'un zeste d'actualité, Jorion brosse au vitriol un portrait érudit et rigolo de l'idéologie politique et de l'organisation de l'humanité actuelles, qui s'acheminent vers leur extinction naturelle, et il propose quelques idées pour l'éviter. Jouant des symboles connus de tous, Maklès vulgarise les écrits de Jorion, avec la volonté de faire sourire plutôt que de se laisser abattre. Cela commence avec le procès de monsieur x, trader et mercenaire zéléde la banque d'investissement Gloldman Sax, accusé d'avoir créé un produit financier à partir des créances les plus pourries du marché, qu'il a revendu sciemment à ses clients avant de parier sur l'effondrement de cette camelote. Pourquoi ? Parce que ces clients étaient faibles, et que le système dit M.A.F. (Mort Aux Faibles) ! Bien sûr, cela nous rappelle quelque chose... Comment a-t-on bien pu en arriver là ? C'est le postulat de départ des auteurs : comprendre. Alors, avec trois symboles simples (le Salarié, un petit jouet en plastique, le Patron, un général d'armée, et le Capital, un financier à haut de forme et gros cigare), Jorion et Maklès expliquent pourquoi et comment. Cyniquement, ironiquement et avec beaucoup d'humour (noir), ils décortiquent l'invention du travail, le partage des richesses, le management, la Bourse ou encore l'ultra libéralisme.
Après le succès de L'Aigle sans orteils, la suite que l'on attendait ! Sur les pavés de Paris-Roubaix, dans les entrailles des mines du Nord ou dans la noirceur de l'orphelinat, Pain d'alouette est le récit sublime de l'humaine condition ! Le vélo, métaphore de la souffrance et de la dignité des humbles...Avril 1919, dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. Quentin Ternois, ancien coureur cycliste, gazé à Ypres deux années plus tôt, emmène son neveu Élie découvrir Paris-Roubaix, «l'Enfer du Nord». La souffrance et la persévérance de ces trimards du vélo forcent le respect du jeune mineur, qui sait ce qu'«aller au charbon» veut dire. Et pour lui, ce sera une révélation. Au même moment, dans un orphelinat du Sud-Ouest, une très jeune enfant est en butte à la brutalité du directeur. C'est Reine Fario, la fille d'Amédée, «l'Aigle sans orteils», tué sur le front... Quatre ans plus tard, Camille Peyroulet, ingénieur en retraite de l'observatoire du pic du Midi, grand ami d'Amédée, apprend l'existence de Reine, et la mort d'Adeline, sa mère. Désormais, dans le souvenir ému d'Amédée, Camille n'aura de cesse de retrouver Reine, pour l'adopter. Ce ne sera pas une mince affaire...
La rencontre avec une fille au Harris Bar de Venise peut être quelque chose de hasardeux, mais surtout de dangereux, lorsqu'on ne la connaît pas et qu'elle vous gifle pour un rien.Mais un bon conseil : écoutez les gens ; s'ils vous disent de ne pas les suivre plus longtemps, il y a sans doute une raison !
1950. Brest est un immense chantier. De la ville fortifiée, aux ruelles étroites, une nouvelle ville va surgir, orthogonale, rectiligne, ordonnée, moderne. Ce sera Brest-la-Blanche, qui deviendra très vite Brest-la-Grise.Mais face aux revendications salariales des ouvriers travaillant à la reconstruction, les patrons refusent de céder. La grève générale est déclarée. Les chantiers sont immobilisés, les ouvriers de l'Arsenal rejoignent le mouvement.Et le 17 avril, le drame se produit. La police, dépassée par l'ampleur du mouvement, tire sur la foule, blessant plus de vingt personnes et tuant un homme. Édouard Mazé.Le lendemain, appelé par la CGT pour tourner un film sur le mouvement, René Vautier débarque clandestinement à Brest. Il est alors recherché par la police suite à un premier film documentaire, Afrique 50, témoignage sans concessions du système colonial français d'après guerre.René arrive dans une ville en état de siège. Le lendemain ont lieu les obsèques d'Édouard Mazé.Une foule immense, un peuple entier accompagnera son cercueil.En s'attachant à la véracité des événements, en respectant la parole des témoins, Kris et Étienne Davodeau nous redonnent l'espoir en l'homme et en sa faculté à lutter pour sa liberté.
Cervantès, Mike de son prénom, est un jeune homme plutôt paisible. Pour éviter de menus ennuis avec la police, il s'engage dans l'armée, et le voici GI en Afghanistan. Fait prisonnier par les talibans, évadé, repris, maltraité, il est amputé d'un bras. Exactement comme cet autre Cervantès, Miguel de son nom de baptême, futur auteur de Don Quichotte, qui perdit l'usage de sa main gauche au cours de la fameuse bataille de Lépante le 7 octobre 1571.De retour au pays, à Jerome en Arizona, Mike, comme beaucoup de ces « revenants » de la guerre, se sent déboussolé, devient irritable, oscille entre accès de violence et moments de dépression.Révolté contre une société dure pour les faibles, fou de rage il détruit une succursale de banque, et se retrouve en prison.C'est au pénitencier du comté, où il purge sa peine, qu'il se plonge dans la lecture et découvre, émerveillé, l'oeuvre de son illustre homonyme, Miguel de Cervantès. C'est une révélation : Mike sera le Don Quichotte des temps modernes, en butte à toutes les inquisitions contemporaines, économique, politique ou religieuse, et en lutte contre toutes les formes d'injustice.Mike Cervantès n'écrira pas le remake de l'épopée du « chevalier à la triste figure », mais au volant de sa Mustang, sa Rossinante rutilante modèle 1971, il la vivra pleinement.
« Il y a quelques années, j'ai lu un article dans un journal slovène :« Un tir unique à 150 mètres a blessé Bruno, le premier ours sauvage en Allemagne depuis 170 ans ». C'est ainsi que débute L'histoire de l'Ours que j'ai commencée à dessiner et à écrire à la suite, quand j'ai déménagé en Allemagne.Dans mon histoire, l'Ours, blessé par un chasseur au passé sinistre, est sauvé par une jeune fille et par Manfred, l'homme qui comprend le langage des sangliers (c'est un sanglier qui découvre l'Ours blessé).L'Ours veut se rendre à Hambourg. Mais atteindra-t-il la ville avant ses poursuivants ? Et la ville est-elle un endroit sûr pour lui ?Manfred, qui a vraiment existé sous le nom d'Heinz Meynardt, cache dans sa maison l'Ours qui y hiberne, et va en sortir très changé.Parallèlement on suit Stefano le Lapin et son compagnon, un singe autiste, ambulanciers en vadrouille. Ils essaient de sauver Bianca, une femme qui est morte lorsque je faisais mon service civil aux urgences, et dont j'ai rêvé quelquefois.Dans ce récit se mélangent les paysages des Apennins et ceux de Poméranie, les êtres humains et les animaux. Ce sont surtout ces derniers qui sont en difficulté. Les histoires parallèles de l'Ours, du Lapin et d'autres, qui s'ajoutent à celles-ci, ont pour moi clairement quelque chose en commun : la transformation, la nécessité que toutes les choses vivantes ont de bouger et de changer.» Stefano Ricci
Contient un hors-texte inédit en couleur. Août 1936. C'est le temps du Front populaire.Dix-huit ans plus tôt, au retour de Russie, après la mort de Gervasio, après aussi que Juliette lui a appris la naissance de son petit Louis, Mattéo s'était livré aux gendarmes : toujours sous le coup d'un mandat d'arrêt pour désertion, il fut condamné aux travaux forcés, et envoyé à Cayenne. Ayant purgé sa peine, Mattéo s'installe en région parisienne, où il retrouve son ami Paulin et Amélie, l'infirmière qu'il avait connue à la guerre.Août 36. C'est le bonheur des premiers congés payés.Accompagné de Paulin, d'Amélie et d'Augustin, le compagnon de celle-ci, Mattéo revient, pour la première fois depuis longtemps, à Collioure.Comment sa mère va-t-elle l'accueillir ? Et Juliette et son fils Louis, que sont-ils devenus ?Août 1936. C'est la liesse des bains de mer et des bals populaires. Mais de l'autre côté des Pyrénées, dans l'Espagne toute proche, le bruit et la fureur de la guerre civile se font de plus en plus entendre. Et Mattéo, le fils d'anarchiste espagnol, malgré l'indifférence au monde dans laquelle la douleur de Cayenne l'avait plongé, dresse de plus en plus l'oreille.
Loustal a promené ses plans-séquences de la Californie ou du Maroc dans Métal Hurlant et (A SUIVRE).Ce qui ne l'empêche pas de faire de l'illustration pour des magazines rock. Dans cet album, Loustal s'intéresse aux loosers du cinéma, à ceux qui ne verront jamais le jour sur une grande affiche. De l'autre côté du 7ème Art.
12 novembre 1918. Premier jour de paix.Dans la morne cour d'une caserne, Max Brunner, alsacien, soldat défait, lève un poing rageur tandis que le drapeau allemand est abaissé. Julien Varin, soldat vainqueur, le regarde, intrigué. C'est peut-être bien ce jour-là, sur les cendres de l'Europe, qu'est apparue à Max et Julien, l'un avec l'autre, l'un malgré l'autre, l'idée même d'un monde nouveau.Tout s'enchaîne très vite. Paris d'abord, où Max présente à Julien ses amis anarchistes. Le port de Rouen ensuite, où Max et ses camarades s'emparent du Libertad, un vieux cargo rouillé retenu par la Marine française, et libèrent l'équipage.Et tandis que le commandant donne ses ordres pour quitter Rouen et gagner la haute mer dans la plus grande discrétion, Max entraîne Julien dans les entrailles du navire.Ouvrant l'une des cales, Julien découvre, enfouies sous le charbon, des centaines de caisses remplies d'armes et de munitions. « Pour aider la révolution qui se propage en Allemagne, ça fera l'affaire. Cap sur Hambourg ! », rigole Max.L'Allemagne, vraiment ?Tapie dans un recoin, une ombre guette les deux hommes...Une ombre qui corps et âme se dévouera à leur faire découvrir la lumière.Et, enfin, quitter l'hiver...
12 novembre 1918. Premier jour de paix. Dans la morne cour d'une caserne, Max Brunner, alsacien, soldat défait, lève un poing rageur tandis que le drapeau allemand est abaissé. Julien Varin, soldat vainqueur, le regarde, intrigué. C'est peut-être bien ce jour-là, sur les cendres de l'Europe, qu'est apparue à Max et Julien, l'un avec l'autre, l'un malgré l'autre, l'idée même d'un monde nouveau. Tout s'enchaîne très vite. Paris d'abord, où Max présente à Julien ses amis anarchistes. Le port de Rouen ensuite, où Max et ses camarades s'emparent du Libertad, un vieux cargo rouillé retenu par la Marine française, et libèrent l'équipage. Et tandis que le commandant donne ses ordres pour quitter Rouen et gagner la haute mer dans la plus grande discrétion, Max entraîne Julien dans les entrailles du navire. Ouvrant l'une des cales, Julien découvre, enfouies sous le charbon, des centaines de caisses remplies d'armes et de munitions. « Pour aider la révolution qui se propage en Allemagne, ça fera l'affaire. Cap sur Hambourg ! », rigole Max. L'Allemagne, vraiment ? Tapie dans un recoin, une ombre guette les deux hommes... Une ombre qui corps et âme se dévouera à leur faire découvrir la lumière. Et, enfin, quitter l'hiver...
Lui est chauffeur routier. Une femme, des gosses. Elle, serveuse dans un restoroute. Seule, un fils en prison. Fatigués tous les deux. Par le manque d'amour, par les emmerdes qui tombent dru. Par la vie, pénible et sans horizon, terne et froide. Ils ne se connaissent pas vraiment, juste bonjour, bonsoir, quand Jean-Claude, de temps à autre, gare son bahut près du restoroute où s'étiole Nouria.Quand sa Majesté Salopard 1er, le patron de Nouria, s'est mis à la frapper, Jean-Claude n'a pas hésité un instant. Il s'est interposé, a balancé son poing dans la figure du connard, et a embarqué Nouria dans son camion.Jean-Claude, c'est pas le genre main au panier et tout ça, non, juste un homme gentil, un peu timide aussi. C'est pour ça que Nouria, méfiante quand même, parce qu'elle n'a jamais eu vraiment de chance avec les mecs, s'est laissée faire. Et ne sachant pas vraiment où aller, s'est laissée convaincre par Jean-Claude de passer une nuit ou deux dans une piaule appartenant à un copain, à Lormont, près de Bordeaux. Loin du restoroute.Et c'est là que leur vie va changer. pour le meilleur, et le moins bon, forcément.« They say the darkest hour is right before the dawn », chantait Dylan. On dit que l'heure la plus sombre vient juste avant l'aube.
Janvier 2016. Bilal, jeune Tunisien, est arrivé à Paris grâce à une bourse au mérite pour poursuivre son master d'histoire contemporaine. Il s'est lié d'amitié avec Ahmed un autre Tunisien et Yann, un Antillais arrivé aussi en métropole pour les études supérieures.Il rencontre Léa, une jeune parisienne, avec laquelle il se met en couple. Il découvre une nouvelle vie pleine de possibilités : une réussite universitaire, des projections professionnelles, une liberté personnelle et intime, une ville-musée... Mais son statut d'homme arabe le rattrape dans une société française en crise identitaire.Ses fantasmes d'une « Europe de tous les possibles » se heurtent rapidemment au racisme et aux préjugés. Lorsque le corps noyé de son cousin, resté en Tunisie, est identifié, il est rappelé à sa condition « d'immigré » qui brise la jeunesse « du sud ».Face à de jeunes européens libres de parcourir le monde, il regarde de loin sa jeune soeur, restée en Tunisie, qui manifeste et survit entre désillusion et enfermement. Sa rancoeur atteint ses relations avec ses amis : accusant d'un côté Ahmed d'être un bourgeois incapable de comprendre les tunisiens qui galèrent, il déverse sur Léa sa colère et sa solitude en la chargeant des travers racistes de la société française. Lorsque sa tristesse éclate, il lui livre ce qu'elle n'avait pu voir ni comprendre.
Au lendemain de la guerre 14-18, un ancien soldat allemand, Werner, erre quelque part en Indochine. De la guerre il garde une blessure à l’endroit du coeur. Un ami, Georg, l’a sauvé d’un tir ennemi mourant à sa place. Werner se sent coupable de cet épisode. Georg avait femme et enfants. Werner pense qu’il ne pourra racheter ce sacrifice que s’il parvient à trouver l’amour et fonder une famille à son tour. Dans l’Indochine française, il est surtout un paria rejeté des colons. Il vit de menus travaux, et échoue dans une petite ville du Laos, Savannakhet. Il trouve refuge dans une énorme manufacture pareille à une forteresse de style chinois. Son activité est obscure : des matériaux entrent dans l’enceinte, une armée d’employés s’active. Ils sont étranges, vieux, gris, mutiques, éteints. Dans la ville, tout le monde craint la famille chinoise qui possède la manufacture. Des histoires courent à son propos. On dit qu’elle est maudite, prisonnière d’un mal tout-puissant. Les maîtres auraient une fille unique, atteinte d’une maladie rare qui lui interdit de s’exposer à la lumière du jour. La jeune fille ne sortirait de sa chambre qu’à la nuit tombée pour se promener au bord de l’étang, dans la cour intérieure. Pour vérifier ces rumeurs, Werner se cache dans le jardin et attend la nuit...
Ce sont les années 50. Angel et Anne sont ingénieurs à Paris.Ils travaillent ensemble mais n'ont pas la même ambition et leurs caractères sont plutôt opposés. Pourtant, ils sont très bons amis. Angel est un grand romantique et il pense que Rochelle, la petite amie de Anne, est la femme de sa vie.Une opportunité professionnelle (ils ont failli écraser Cornélius Onte, un ingénieur) les envoie tous les trois au milieu du désert pour participer à la construction d'une ligne de chemin de fer. Dans ce cadre propice à la révélation des identités, le destin de ces personnages hors du commun va connaître un déroulement inattendu.Angel va réaliser que Rochelle n'est pas celle qu'il croyait et qu'il était fasciné par une illusion, mais il trouvera le véritable amour chez une femme sur laquelle il n'avait pas posé le moindre regard.Un archéologue flegmatique et son assistante futée, un médecin sans scrupule, passionné de modèle réduit, un curé peu orthodoxe, un contremaître tyrannique et un patron d'hôtel bourru, vont se croiser, et les masques vont tomber.Publié pour la première fois en 1947, L'Automne à Pékin est l'un des romans les plus loufoques de Boris Vian.À l'occasion de la réédition du roman, Gaëtan et Paul Brizzi lui redonnent vie dans une bande dessinée qui bouillonne d'idées et de fantaisie.
Comme des funambules, Moudy, Alex et Samir marchent sur le bord de la vie. Une manif de sans-papiers, au cours de laquelle Moudy tue un vigile, et c'est le tourbillon terrible de la mort. Fait-divers et drame social. Mais pour Samir, la sortie c'est vers le soleil du Sud, en compagnie de Cheyenne la jolie Gitane et de son sourire plein de vie.
Le sergent Kirk est l'hôte de la tribu des Osagi. Pour sauver ses amis, il doit cependant retourner au fort de Puesto Solo. Ses méthodes l'opposent de nouveau à son ancienne hiérarchie militaire. La bataille contre les Sioux ne tarde pas à faire rage et le sergent doit affronter le fils du chef à mains nues.