En 1989, le jeune Daniel Clowes crache sa frustration au visage de l'Amé- rique conformiste en une série de « krazy comics », publiés dans les pages de son magazine Eightball entre les épisode de Comme un gant de velours pris dans la fonte ou Ghost world.La trentaine de courtes histoires rassemblées ici sous le titre Eightball, témoigne de la versatilité d'un artiste qui passe de la satire sociale à la blague potache, de l'anecdote absurde à l'étude psychologique, en s'of- frant, au passage, le luxe de détourner l'imagerie et les codes des comics.La satire est réjouissante, renversant pêle-mêle intellectuels et sportifs, artistes et prolos, chrétiens et satanistes, hippies et puritains. L'auteur place cette anthologie sous la protection dérisoire d'une icône des années 50, la Magic 8 Ball, gadget créé par Mattel en 1946, et invite le lecteur à « une orgie de mépris, de vengeance, d'abattement, de désespoir et de perver- sion sexuelle ».Épuisée depuis cinq ans, cette édition augmentée intègre de nouvelles histoires totalement inédites. Le livre est proposé pour la première fois en grand format (cartonné) avec une couverture originale. Ouvrage culte pour tous ses fans, Eightball est considéré comme l'un des plus grand comic book de la fin du XXe siècle.
Une grammaire de l'acte amoureux, animée par deux des personnages les plus célèbres de l'âge d'or du cartoon. La drôlerie de cet ouvrage provient sans doute de l'affection, pour ne pas dire la vénération, que voue l'auteur à Popeye et Olive. Mais par delà l'hommage, Richard McGuire évite l'écueil du simple exercice de style et orchestre l'une des plus belles pavanes amoureuses jamais dessinées.
dans l'italie des sixties, cinéma giallo et fumetti neri secouent le joug de la décence démocrate-chrétienne et élèvent le mauvais goût au rang d'art populaire.usant au mieux du petit format et du noir et blanc économique des fascicules pour adultes, roberto raviola, alias magnus, peuple ses bandes dessinées érotiques de personnages séduisants et malfaisants qui font passer pour de grands dadais stéroïdés les super-héros des comics américains. la scientifique frieda boher est nécrophile. cette émule lubrique du bon docteur frankenstein se bricole un amant parfait avec des morceaux de cadavres premier choix .c'est ainsi que naît sous son scalpel virtuose, le géant necron, qui se révèlera un cannibale d'une sentimentalité pathétique. d'orgasmes séismiques en carnages homériques, la faiseuse de monstres et sa créature phallique, descendants dépravés de mary shelley, revisitent à grand fracas décors et thèmes de la littérature romantique. alors que triomphent le bon goût et la morale publique, il était temps de ressusciter ce réjouissant avatar du roman gothique et d'enseigner aux petits lecteurs que si la nécrophilie est, comme le dit la doctoresse boher, un mal qui ne pardonne pas, elle permet au moins de passer des moments bien sympathiques.et mort au politiquement correct !
Dans l'italie des sixties, cinéma giallo et fumetti neri secouent le joug de la décence démocrate-chrétienne et élèvent le mauvais goût au rang d'art populaire.Usant au mieux du petit format et du noir et blanc économique des fascicules pour adultes, roberto raviola, alias magnus, peuple ses bandes dessinées érotiques de personnages malfaisants et de salopards séduisants qui font passer pour de grands dadais stéroïdés les super-héros des comics américains. la scientifique frieda boher est nécrophile. cette émule lubrique du docteur frankenstein se bricole un amant parfait avec des morceaux de cadavres premier choix .C'est ainsi que naît sous son scalpel virtuose, le géant necron, qui se révélera un cannibale d'une sentimentalité pathétique. de carnages homériques en orgasmes séismiques, la faiseuse de monstres et sa créature phallique, descendants dépravés de mary shelley, revisitent à grand fracas décors et thèmes de la littérature romantique. alors que triomphent la morale publique et le bon goût, il était temps de ressusciter ce réjouissant avatar du roman gothique et d'enseigner aux petits lecteurs que si la nécrophilie est, comme le dit la doctoresse boher, un mal qui ne pardonne pas, elle permet au moins de passer des moments bien sympathiques.Et mort au politiquement correct !.
L'univers déprimant d'une banlieue ordinaire : des grilles, des barreaux, des dunes de ciment, un Bel Est qui n'est qu'une gare de RER, et pour tout géant, un centre commercial. C'est dans ce décor désolé que des adolescents maladroits, Véra, Agnès et Abel, jouent l'éternel drame du triangle amoureux. Véra voudrait ne plus être une victime. Elle aimerait se raser la tête, exhiber des cicatrices et puis que les gens aient peur d'elle.Mais dès qu'elle ouvre la bouche, elle rougit et son désir, refoulé, reste désespérément muet. Sur le chemin du lycée, elle croise un homme à capuche qui brandit un couteau et exhibe un long sexe blafard, des amazones inquiétantes qui dansent parmi les collines de béton... Ces personnages fantasmés la hantent et la tourmentent. La jeune fille avance à tâtons dans un monde où réalité et rêve se superposent et se confondent.Son imaginaire transforme le métro en un souterrain fantastique et peuple le paysage de vulves et de pénis. Prenant tour à tour des allures de conte pour enfants pas sages et de cauchemar freudien, le récit déploie des images cruelles et mystérieuses, qui évoquent l'esthétique des miniatures orientales ou l'ambiance hypnotique de La Nuit du chasseur. Poursuivant une oeuvre singulière et sensible, Fanny Michaélis signe avec Géante un nouveau conte fantastique inclassable et foisonnant.
La fin des années 1960 fut une période extrêmement troublée au Japon, le soulèvement de la jeunesse prenant parfois des formes plus radicales que ce qu'on pouvait observer en occident. Les attentes et la frustration de cette génération étaient immenses et le foisonnement artistique qui l'accompagna fût prodigieux. Mais la répression féroce que le pouvoir opposa à ce mouvement brisa les promesses et l'énergie qu'il dessinait, plongeant le pays dans la résignation. Dans ce Japon post-1968, Ichiro et Sachiko rêvent d'une vie meilleure, sans être pour autant des révolutionnaires. Leurs jours s'écoulent à flâner, boire, fumer et faire l'amour. Tandis que Shihiro tente de vivre de ses bandes dessinées, Sachiko doit résister au mariage que ses parents tentent d'arranger pour elle. L'urgence, c'est de ne pas penser à l'avenir. Mais, même affranchis des normes sociales qui ont emprisonnées leurs parents, Ichiro et Sachiko peinent à exprimer leurs désirs et, frustrés, finissent par se dire des choses qu'ils ne pensent pas, communiquant mieux par les corps que par les mots. En décrivant la vie quotidienne d'un couple vivant en concubinage - chose peu courante dans le Japon des années 1970 - Hayashi parvient à traduire les sentiments d'une manière à la fois métaphorique et précises, leur donnant une justesse et une intensité qui restent intactes plus de trente ans après.
Dieu vivant et icône underground au Japon, Toshio Seki est l'inventeur d'un style unique, dans un domaine qu'il a totalement transformé, l'ero-guro (littéralement : scènes érotico-grotesques). Ce genre remonte aux origines du dessin japonais classique et a donné de nombreuses estampes à travers les siècles. Mais Saeki, en déclinant les motifs traditionnels, les a mêlés des angoisses propres à sa génération, qui a connu les espoirs et les désillusions des années 1970.Le monde moderne, sa violence et ses tares s'immiscent dans des scènes intemporelles, produisant des monstres inédits et des fantasmes qu'on n'était parvenu à imaginer auparavant. Stimulé par la censure qui sévit au Japon - il est prohibé de montrer les sexes - Saeki fait de l'interdit une contrainte artistique et déporte vers l'absurde et l'onirisme le plus vieux sujet du monde.Son style unique, qui rappelle à beaucoup d'européen la fameuse « ligne claire » d'Hergé et Joost Swarte, est étrange tant pour le lecteur japonais que pour le lecteur occidental, chacun trouvant dans ce trait à la simplicité parfaite une forme d'exotisme inédit. Cette perception ne s'explique que par l'originalité absolue d'une oeuvre extravagante, sortie tout droit de la plume d'un artiste qui a consacré sa vie à tracer au plus prêt « ce qui se déroule dans sa tête lorsqu'il ferme les yeux ».
Avec les planches de Vues d'Ivry, Joëlle Jolivet offre un reportage sensible et décalé sur la vie en banlieue. Les masses noires et tranchées de ses linogravures donnent la sensation que le fantastique n'est jamais loin et évoquent ce qui a déjà disparu des quartiers de Paris : une poésie du bitume etdes faubourgs, et le sentiment indicible qu'il y a un autre monde à voir pour qui sait regarder.
Les nouvelles réunies dans ce volume ont toutes été publiées dans la légendaire revue Garo.Cette publication d'avant-garde, sur les traces du gek'iga, le mouvement fondé en 1957 par Voshihiro Tatsumi pour rompre avec la tradition enfantine du manga, ouvrait le genre à l'âge adulte. Fondée en 1964, elle accompagna tout au long des années 60 et 70 la jeunesse protestataire qui voyait en elle une forme de contestation de l'establishment. Kusunofei avait une vingtaine d'années quand il publia ces histoires, dans un lapon qui se remettait à peine de sa défaite et des conséquences de la seconde guerre mondiale.Ses nouvelles parviennent à créer un lien entre le lapon traditionnel et la société d'après-guerre marquée par la censure, le culte du travail, l'érosion des traditions et un anti-américanisme virulent. Comme Susumu Katsumata (Neige Rouge, Cornélius), il s'attache à décrire la vie quotidienne du peuple, tout en y insufflant une dimension plus épique. A travers des genres aussi variés que le conte japonais traditionnel, la chronique urbaine ou le récit de samouraï il décortique l'ambiguïté des rapports humains.Mettant à nu les sentiments qui unissent les êtres, les raisons pour lesquelles ils s'attirent et les malentendus qui les séparent, Kusunoki parvient, à travers un style limpide, à exprimer ce qui ne l'est pas... Un auteur immense qu'il est urgent de redécouvrir et de célébrer.
Objet d’un ve?ritable culte, Toshio Saeki est l’inventeur d’un style unique, dans un domaine qu’il a totalement transforme?, l’ero-guro (litte?ralement : sce?nes e?rotico-grotesques). Ce genre , dont on attribue la paternite? a? l’e?crivain Edogawa Ranpo, remonte aux origines du dessin japonais classique et a donne? de nombreuses estampes a? travers les sie?cles. Saeki en a de?cline? les the?mes en les me?lant aux angoisses propres a? sa ge?ne?ration, qui a connu les espoirs et les de?sillusions des anne?es 1970.La socie?te? humaine, sa violence et ses tares, inspirent des sce?nes dont la cruaute? provoque l’effroi ou le rire, poussant dans ses retranchements la me?canique du fan- tasme. le sado-masochisme ne recouvre ici aucune re?alite?, puisant dans l’onirisme une forme de poe?sie macabre.Stimule? par la censure qui se?vit au Japon – il est prohibe? de montrer les sexes – Saeki fait de l’interdit une contrainte artistique et de?porte vers l’absurde et l’onirisme le plus vieux sujet du monde.Son style unique, qui rappelle a? beaucoup d’europe?ens la fameuse «ligne claire» d’Herge? et Joost Swarte, est e?trange tant pour le lecteur japonais que pour le lecteur occidental, chacun trouvant dans ce trait a? la simplicite? parfaite une forme d’exotisme ine?dit.Cette perception ne s’explique que par l’originalite? absolue d’un imagier extravagant, sorti tout droit de la plume d’un artiste qui a consacre? sa vie a? tracer au plus pre?s «ce qui se de?roule dans sa te?te lorsqu’il ferme les yeux».
Recueil de douze histoires courtes, Entre chien et loup nous plonge dans l'univers rural de la Chine contemporaine. Loin de l'industrialisation des grandes villes, la campagne se révèle comme un terrain propice aux événements surnaturels. La nature luxuriante et grouillante de vie, l'isolement social et l'apparente tranquil- lité des lieux, baigne le lecteur dans une ambiance pesante et inquiétante où le temps semble s'écouler plus lentement. Jusqu'à ce que le réel bascule soudain, au coeur d'une forêt, au croisement d'un chemin ou au passage d'un chat.Pour la première fois édité en français, Zuo Ma réalise avec Entre chien et loup un ouvrage sensible et intense qui dévoile un pays en pleine mutation. Ainsi, l'au- teur aborde avec délicatesse des sujets complexes tels que les relations intergé- nérationelles, l'écologie, le déclin de l'agriculture ou encore la dichotomie ville/ campagne.L'utilisation du noir et blanc offre des jeux de clair-obscur subtiles qui contrastent avec l'image d'une campagne bucolique et colorée. L'atmosphère qui s'en dégage, savant mélange entre nostalgie douce-amère et imagerie cau- chemardesque, convoque aussi bien les nouvelles de Franz Kafka que les récits intimistes de Yoshiharu Tsuge. Il faut savoir accepter la part de mystère qui se dégage de Entre chien et loup pour en apprécier la saveur.
Les histoires réunies dans ce volume complètent La promesse, achevant de rendre disponible l'intégralité des récits composés par Shohei Kusunoki.Elles ont pour la plupart été publiées dans Garo, la légendaire revue d'avant-garde fondée en 1964 qui a révélé des auteurs aussi incontournables que Yoshiharu Tsuge ou Yoshihiro Tatsumi, accompagnant pendant les décennies 1960 et 1970 une jeunesse réfractaire au conservatisme de la classe dirigeante.Shohei Kusunoki a imaginé ces histoires entre 1968 et 1974 dans un Japon qui cherchait à se réinventer par une course à la modernité peu soucieuse du sort des classes populaires. Comme son ami Susumu Katsumata (Neige rouge, Cornélius), il fut marqué par l'apparition de Yoshiharu Tsuge, qu'il fréquenta à cette époque et dont l'influence se retrouve dans plusieurs des récits regroupés ici.Délaissant le registre contemporain sans renoncer à parler de son époque, Shohei Kusunoki s'attache à décrire avec justesse la vie du peuple, tout en lui insufflant une dimension épique. Au travers de genres aussi codés que le conte traditionnel ou le récit de samouraï, il décortique l'ambiguïté des rapports humains. Mettant à nu les sentiments qui unissent les êtres, les raisons pour lesquelles ils s'attirent et les malentendus qui les séparent, Shohei Kusunoki parvient, à travers un style limpide, à exprimer ce qui ne l'est pas. Un auteur immense qu'ilest urgent de redécouvrir et de célébrer.
Mr. Natural est une des créations les plus connues de Robert Crumb, peut-être la plus sympathique. Il appartient à cette faune d'escrocs, évangélistes, faux prophètes et charlatans de tout poil, qui hante les États-Unis et que décrivent Herman Melville, Sinclair Lewis ou Harry Crews.Né on ne sait où, on ne sait quand, Fred Natural mène une existence picaresque, tour-à-tour guérisseur, magicien, chef d'orchestre, taulard, trimardeur et chauffeur de taxi en Afghanistan, avant de réapparaître en 1967, dans les pages de Yarrowstalk, bien décidé à guider l'Amérique vers son salut. Entre Charles Manson et Aimee Semple McPherson, ce maître zen cynique et roublard arpente les rues de Chicago et de San Francisco, prêchant le renoncement aux biens matériels tout en cherchant un débouché commercial pour ses aphorismes. Traqué par des disciples crétins, qui exigent qu'il leur révèle le sens de l'univers, Mr. Natural les maltraite avec un sadisme bon enfant et, après un « Va te faire foutre ! » définitif, les fuit dans le désert, comme il sied à un véritable prophète.Nous retrouvons donc Mr Natural, et son premier disciple Flakey Foont, pour ce deuxième et dernier opus consacré aux histoires des années 1980 et 1990. Des histoires reprenant les thèmes chers à l'auteur, encore plus déjantées, mêlant diablerie, sexe et. spiritualité ?
Né en 1883, mort en 1968, Gus Bofa a traversé deux siècles, vécu deux guerres mondiales et vu les débuts de l'automobile, de l'aviation et de la conquête spatiale. Revenu infirme de la Grande Guerre, il voue sa vie, non à la poursuite de la gloire et de la fortune, mais à la pratique de vices délicieux et antisociaux : le dessin, l'écriture et la lecture. Timide, il donne son amitié aux bêtes et contemple de ses yeux bleus d'enfance la faillite d'une humanité qui fuit la peur du néant de désastres intimes en catastrophes bruyantes.Au fil de cinquante ans de carrière, et au gré de sa fantaisie, cet artiste autodidacte dessine pour la presse, réalise des affiches publicitaires, écrit des articles et des contes, des revues et des pièces de théâtre, se fait critique dramatique et littéraire, fonde un Salon artistique, et illustre plus d'une cinquantaine de livres. Après avoir mis en images le fantastique social de Pierre Mac Orlan et donné sa vision personnelle, parfois acide, des grands classiques, il associe ses propres textes et ses dessins dans une suite d'albums souvent introspectifs, toujours désillusionnés.Respecté de ses contemporains pour son talent et son intransigeance, Gus Bofa, qui a influencé nombre d'auteurs de bande dessinée, n'en est pas moins aujourd'hui oublié et du public et de la critique. Cette biographie, la première qui lui soit consacrée, tente de percer le mystère de l'homme et de l'artiste, en le mettant en scène dans sa vie, son métier et son époque.
C'est un jeu de devinettes, mais c'est aussi un jeu du regard. Vu et non-vu. Ce qui est caché nous révèle ce qu'on ne reconnaît plus à force de le voir. Ce qui est visible l'est grâce à l'oeil incisif de Philippe Petit-Roulet. Avec une pointe d'absurde, beaucoup d'humour etun sens inné du décalage, il réalise pour nous ce tour de passe-passe, en laissant à l'élégance de son trait le soin de cerner un vide parfait.
Comment faire pour arrêter de fumer quand on n'en a pas envie ? Se couvrir le corps de patchs, se bouffer les ongles, ou agresser son entourage à la moindre occasion ? Nadja s'attaque à cette question largement débattue, et s'amuse à décomposer sa première journée « sans clopes », au rythme de toutes celles qu'elle arrive à ne pas fumer. Une comédie faite de victoires et de regrets, un best-seller assuré !
Persuadé que la prothèse oculaire de son oncle est un objet magique, un gamin crédule se crève un oeil Ainsi débute l'histoire, tragique et dérisoire, de Victor.Elle se déroule sur le rythme décousu et fantasque des romans-feuilletons, avec comme décor le bric-à-brac bourgeois de la Belle Epoque : peintres pompiers, coloniaux courageux, mages mystiques, marquises majestueuses. Une femme avec un trou au ventre, qui voit des choses insensées dans les yeux des animaux, éveille chez l'influençable Victor une vocation de peintre. Le malheureux est sans le sou et pour pouvoir installer son atelier, il va devenir assassin et voleur.Pauvre Victor ! Le voilà riche mais maudit. Car il ne peut plus peindre désormais que des canassons, ce qui handicape sa carrière d'artiste mondain. Tout cela finira très mal, comme il se doit. Benoît Preteseille a de bien mauvaises fréquentations : Fantômas, Elephant Man, Heurtebise, Arthur Cravan, et autres dynamiteurs du conformisme et de la morale. Ennemi de la logique et de la raison, ce pistolero dada affronte notre société déshumanisée avec pour seules armes la dérision et l'humour.Les véritables monstres de Maudit Victor ne sont pas les freaks, magnifiques et grotesques, mais les braves gens, égoïstes et stupides, rouages ordinaires d'une mécanique sociale implacable où cette fable cruelle a puisé son goût acide et enchanteur.
Les puissances du mensonge ont tout tenté pour empêcher la parution de cet ultime volume ! Mais auteur et éditeur ont déjoué les pièges qui leur étaient tendus, et après une retraite préventive du côté de Prapoutel, sont revenus à la charge avec ce brûlot qui met le nez dans le caca à tous ceux qui le méritent ! Pierre La Police a depuis rejoint la clandestinité, où il prépare en secret un autre obus pas piqué des vers.
Immensément populaire au Japon, où pas un enfant ne grandit sans dévorer ses aventures, Kitaro le repoussant est le héros emblématique d'une oeuvre qui se penche sur les monstres pour mieux parler des hommes. Dans ce quatrième volet, la série prend sa vitesse de croisière, les personnages sont au complet ; on va pouvoir décoller ! C'est une nouvelle fois un plaisir de se laisser porter par l'imagination méchamment débordante du grand Shigeru Mizuki.
À l'été 1982, se mettant lui-même au défi de produire plus de pages, Chester Brown improvise des histoires. Sa compagne l'encourage à publier ces planches sous forme de fanzine. le premier numéro de Yummy Fur paraît en juillet 1983. C'est dans ces pages que naît Ed, personnage lunaire et naïf, entre Harry langdon et Little Orphan Annie.Ce clown malchanceux subit les pires indignités. Il est enfoui sous une montagne de merde, voit son gland remplacé par la tête d'un Ronald Reagan improbable .. .Ses aventures mêlent macabre et scatologie, horreur et science-fiction, sexe et religion, fiction et autobiographie. Brown fait feu de tout bois, adopte l'imagerie catholique, tout en ridiculisant l'homophobie et mettant en scène vampires et savants fous. Sans surprise, son refus de l'autocensure lui vaut d'être accusé de perpétuer des stéréotypes racistes ou sexistes. Le livre est en réalité un véritable OVNI, burlesque, jouissif et profondément dérangeant.En 1989, Chester retravaille ce seriai déjanté pour le transformer en «roman graphique ». Puis il le modifie à nouveau en 2005 et en 2012 pour aboutir à cette version définitive qui, grâce à ses notes inédites donne un extraordinaire aperçu du processus créatif de l'auteur.Ed the happy clown ne sera pas le Tintin de Chester Brown, qui l'abandonne à son sort et met en avant Josie et Chet, les amants tragiques, dont la fin révèle soudain un univers plus proche des Louvin Brothers que de Charles Schulz.
Alerte ! Enid et Becky, les enfants terribles de Daniel Clowes, sont de retour ! Et elles n'ont pas perdu une once de cynisme.Enfin ! Le temps est venu pour Ghost world de rejoindre le catalogue Cornélius, auprès du reste de la progéniture de Daniel Clowes (David Boring, Wilson, Mister wonderful), le grand peintre de la cruelle banalité de la vie quotidienne.Près de vingt ans après sa première parution chez Fantagraphics Books, Ghost world, dont les héroïnes ont toujours la peau grasse, est LE roman graphique emblématique de l'adolescence désabusée. Clowes s'immisce dans la vie d'Enid et Becky, à cet âge ingrat qu'elles sont prêtes à quitter, non sans regrets inavoués.En retraçant l'été des deux amies jusqu'ici inséparables - mais cela ne saurait durer - Ghost world évoque leur petite existence minable, dans un bled tout aussi minable du fin fond des États-Unis.Enid Coleslaw (mais ?! c'est l'anagramme de Daniel Clowes !) et Rebecca Doppelmeyer posent un regard glacial sur le monde et les adultes qui le peuplent, à commencer par leurs parents, qui ne sont pour elles que des enveloppes charnelles sans convictions à qui elles désespèrent de ressembler un jour. Va pourtant se poser la question, à l'issue du récit, de savoir ce qu'il adviendra de leur vie désormais.Une fois encore, Daniel Clowes crache au visage de l'Amérique conformiste et propose sa vision d'un « monde de fantômes » vide de sens, où des étincelles de beauté peuvent naître là où on ne les attend pas.
Laura, une amichienne au pedigree incertain, a disparu : elle n'a pas pointé de la semaine et ne s'est pas présentée à la séance de relaxothérapie caudale à laquelle le syndichien l'avait inscrite.Il faut alors se rendre à l'évidence: un crimechien a été commis, assorti de sévices prolongés, incluant le non-lancer de balle et le refus de promenade. Une enquête de routine commence mais rien ne se déroule comme l'avait prévu notre héros... Le détective est embarqué dans un traquenard foireux et se retrouve projeté du côté obscur. Au beau milieu d'un complot politique qui mettra le pays à feu et à sang, il se lance dans une course contre la montre pour sauver sa propre peau plutôt qu'un monde au bord du gouffre.Préambule dépouillé au foisonnant Hors-Zone (également aux éditions Cornélius), Crimechien partage avec son successeur un goût pour la chute stationnaire et cultive la fin du monde comme possible esthétique. Le lecteur est entraîné de l'autre côté du miroir, dans un univers futuriste qui fait s'entrechoquer Philip K Dick, Tintin et le Bauhaus. Oeuvres siamoises, les deux livres se complètent autant qu'ils se combattent, illustrant par leur dualité l'inspiration complexe et schizophrène d'un auteur qui, livre après livre, force notre admiration.S'appuyant sur une maîtrise virtuose de la couleur directe et de l'impression, Blexbolex franchit avec Crimechien et Hors-Zone un nouveau palier dans une oeuvre déjà riche, tirant son style faussement minimaliste vers un expressionnisme coloré plus éblouissant que jamais.
Récit onirique d'un corbeau mélancolique et d'une jeune fille rêveuse, La Main verte est paru pour la première fois dans le magazine Métal Hurlant en 1977 avant d'être édité l'année suivante aux Humanoïdes associés. Cette histoire fantasmagorique aux couleurs psychédéliques nous entraîne dans un univers surréaliste où les plantes parlent toute seule et les maîtres d'hôtel font des mots croisés. Comme dans une suite de rêves, le récit est divisé en plusieurs épisodes qui s'entremêlent subtilement. on retrouve dans ces pages l'influence de dessinateurs tels que moebius ou druillet mais aussi celle de l'illustrateur tchécoslovaque Heinz edelmann.Le livre est complété par de nombreuses histoires courtes, pour la plupart parues dans le recueil Le Petit Légume qui rêvait d'être une panthère et autres récits et dont certaines étaient restées jusqu'alors inédites.Scénarisés et illustrés par Nicole Claveloux, ces récits en noir et blanc au trait fin abondent de détails et de touches d'humour absurde. D'une grande richesse graphique, les dessins de Nicole Claveloux possèdent une force évocatrice intemporelle qui s'imprime immédiatement dans l'imaginaire des adultes comme des enfants.De Topor à Gustave Doré en passant par Lewis Caroll, son oeuvre convoque de nombreux croisements tout en possédant une énergie unique qu'il est temps de redécouvrir. Ce premier ouvrage de rééditions consacré à l'oeuvre de Nicole Claveloux en bande dessinée adulte.
Le genre animalier occupe dans l'oeuvre de Robert Crumb une place prépondérante, ne serait-ce que par la renommée de Fritz le chat ( Anthracite ). On trouvera ici l'essentiel de la production animalière qu'il a dessinée par ailleurs et qui court sur trois décennies. Ses thèmes de prédilection et son regard désespéré sur l'existence se trouvent ici renforcés par le décalage que génèrent les pelages veloutés et les yeux brillants de malice de cet univers surcodifié. Les bons sentiments volent en éclats, pour ne plus laisser place qu'à des instincts trop tristement humains...
Tel un musicien virtuose faisant corps avec son instrument, Blutch repousse ici les voies de la narration classique pour se lancer dans une fulgurante improvisation. Se défiant de ses propres facilités, il part à la rencontre d'un geste et d'une inspiration rénovés par la spontanéité, ne conservant de la thématique déjà traitée dans les précédents volumes qu'un canevas narratif sur lequel plaquer ses accords. Ce quatrième opus de Mitchum marque un stupéfiant tournant stylistique dans l'oeuvre incroyablement variée de cet auteur toujours plus surprenant
Le marais (1965-1966), Les fleurs rouges (1967-1968) et La vis (1968-1972) nous montraient Yoshiharu Tsuge atteindre progressivement la pleine puissance de son art et fonder le watakushi manga (la bande dessinée du moi).Après la publication de Neiji Shiki (La vis) en 1968, Tsuge poursuit son exploration de l'autofiction, incluant désormais une part autobiographique et onirique dans son travail.Après son passage dans la revue Garo, Tsuge ne cesse de se réinventer et commence à tisser la suite de sa carrière bien que ses publications se fassent de plus en plus rares.Plus sombres qu'à ses débuts, les récits qui composent ce quatrième volume marquent ainsi l'apparition de thèmes inédits, caractéristiques de sa nouvelle orientation, et qui reviendront comme des motifs récurrents. Le quotidien en couple, la vacuité des voyages, le désir de changement de carrière ou encore les souvenirs de jeunesse deviennent des sources d'inspiration pour Tsuge, qui extériorise grâce au dessin une forme de mal-être social. Ce besoin de revenir sur les expériences marquantes de sa vie atteint son apogée avec l'histoire L'usine d'électroplastie d'Ôba, où l'auteur revient pour la première fois sur son enfance et plus particulièrement sur son travail dans un atelier d'électroplastie dans la province d'Ôba. Une période décisive sur laquelle il reviendra régulièrement jusqu'à la fin de sa carrière et qui délivre un témoignage précieux sur le mode de vie des oubliés du succès économique.Ce nouveau volume inédit de l'anthologie que nous consacrons à Yoshiharu Tsuge, présente ainsi un auteur au sommet de son art, en perpétuelle remise en question des codes de narration de la bande dessinée, de ses thèmes et de son propre passé.
Ce cinquième Mitchum reconduit la veine fantasmagorique et débridée initiée par le volume n° 3. Le héros, un adorable petit ourson sans défense, est emporté dès les premières pages de l'histoire dans la logique absurde d'un cauchemar éveillé, dont il devra subir les implacables conséquences, pour le plus grand plaisir du lecteur. Philtre envoûtant agissant sur les yeux comme le bon vin sur le palais, alchimie narrative produisant simultanément plaisir et désarroi, Mitchum s'impose décidément comme une nouvelle forme de magie noire.
Ce nouveau recueil de l'anthologie que les Éditions Cornélius consacrent à Robert Crumb met en avant la veine pamphlétaire de ce dernier. Le constat lucide et acerbe qu'il dresse de son pays vaut pour tout l'Occident, tant nos modes de vie semblent s'être calqués sur le rêve américain. La soif de destruction, la folie consumériste, la volonté de puissance, les réflexes racistes et communautaristes, tous les instincts primaires qui animent l'homme moderne sont ici taillés en pièces. Un livre noir, à la rage salvatrice, qui redonne un peu de colère à l'heure où semble s'installer la résignation.
Au même titre queles yokaï, ces êtres surnaturels qui peuplent l’univers fantastique de Shigeru Mizuki, le kappa est un personnage issu de la mythologie japonaise. Diablotin anthropomorphe vivant dans les rivières et les étangs japonais, la légende dit qu’il attirait les jeunes filles au fond de l’eau afin de leur prendre leur vertu. Devenu populaire dans la littérature, les mangas et l’animation, son image a évolué au cours du XXème siècle pour finalement incarner un personnage malicieux, sympathique voire bienveillant.Le jeune Sampei Kawara ressemble étrangement à ces créatures, à tel point que deux kappas en goguette s’y méprennent et l’entraînent de l’autre côté du miroir, point de départ d’une série d’aventures hilarantes.À travers cette trilogie burlesque, qui fait écho à Kitaro le repoussant, sa série culte conçue (... plus tôt, plus tard ,même époque), Shigeru Mizuki renoue avec la tradition du conte populaire dans lequel un enfant - souvent orphelin - parvient à apprivoiser un monstre. Oscillant constamment entre le fantastique et le quotidien, Mizuki joue sur son terrain de prédilection, un mélange des genres dans lequel le conte traditionnel fait la part belle à la critique ironique du Japon contemporain.Derrière l’humour slapstick à tendance scatologique transparaît une véritable empathie pour l’enfant qui ne cesse de se heurter à l’abandon de sa famille. Confronté en accéléré à tous les tourments de l’enfance et de l’âge adulte, hanté par la mort omniprésente tout au long du récit, Sampei trouve son salut dans sa relation avec son copain le kappa, l’autre comme lui.
Après que les étagères des librairies se sont effondrées sous le poids des résumés insupportablement objectifs et les odes nostalgiques du siècle passé, ce feuilleton arrive à point nommé pour nous sauver de la nostalgie malsaine et de la malhonnêteté intellectuelle. Libre penseur entre tous, Willem donne ici libre cours à sa veine satirique, et accouche d'un livre revigorant qui renvoie Alain Decaux à ses pitoyables imitations de Napoléon. Une leçon d'Histoire où les anecdotes ne sentent plus la fin de banquet et où l'on nous explique enfin comment Adolf Hitler a rencontré le Che.
Shigeru Mizuki est né en mars 1922 à Sakai-minato, petite ville côtière du sud-ouest du Japon. Il connaît dans cette province tranquille une enfance libre et heureuse, période faste dont il s'inspirera à de nombreuses reprisesdans ses mangas. Très tôt, il montre des aptitudes étonnantes pour le dessin, talent encouragé sans réserve par ses parents. Il a à peine vingt ans lorsque la guerre du Pacifique vient interrompre ses espoirs de carrière.Enrôlé dans l'armée impériale japonaise, il est envoyé dans la jungle de Nouvelle-Guinée, où il va vivre un véritable cauchemar: il contracte rapidement la malaria, assiste à la mort de ses camarades et perd le bras gauche dans un bombardement... Détenu sur place à la fin de la guerre, il se lie avec les membres d'une tribu locale, amitié qui le sauvera de la famine, de la maladie et de la folie. Ce n'est finalement qu'en 1957, après une vie déjà trop riche de souvenirs et de blessures, qu'il entame la carrière de mangaka qui a fait de lui l'un des plus grands raconteurs d'histoires de son pays.Auteur singulier et généreux, il ne cesse d'explorer tout au long de son oeuvre les univers qui se cachent derrière notre monde pour mieux dire sa profonde compréhension de l'âme humaine, et communiquer à ses lecteurs l'empathie qu'il éprouve pour toutes les formes de vie. Après NonNonBâ et Opération Mort (Fauves du Meilleur Album et du Patrimoine en 2007 et 2009 au festival d'Angoulême), les éditions Cornélius présentent avec Vie de Mizuki un autre chef-d'oeuvre et une nouvelle facette de ce géant du manga.Le succès sans commune mesure de la bande dessinée au Japon, son ancrage dans la société, sa forme unique et ses thèmes de prédilection, s'expliquent une fois placés en regard de l'Ere Showa (1926-1989). Les biographies des pionniers du manga, de Vie et Mizuki de Shigeru Mizuki à Une vie dans les marges de Yoshihiro Tatsumi, témoignent autant de l'explosion d'un art populaire que de cette période parmi les plus complexes de l'histoire du Japon.La Vie de Mizuki rappelle qu'en un peu plus d'un siècle, cet archipel presque exclusivement constitué de villages de pêcheurs s'est mué en l'une des plus grandes puissances industrielles mondiales. Entre-temps, un élan de modernité et de nationalisme a emporté ses hommes vers la guerre, avant de rapatrier les survivants sur une terre occupée, en perte d'identité, en marche d'industrialisation forcée, démunie de son armée et de son besoin de produire de l'énergie.Cette société qui n'aurait plus besoin de se défendre ni de se nourrir allait accoucher d'une forme d'expression naturellement enfantine, mais d'une richesse indéniable: le manga. Shigeru Mizuki, cet artiste qui a ressuscité le goût du folklore au Japon, incarne plus que quiconque cette édifiante réaction artistique face au poids de l'Histoire: celle d'un homme qui a perdu un bras au combat et rentre dans son pays pour donner vie à un courageux fantôme à qui l'on a volé un oeil.Récit d'un destin hors du commun, témoignage unique sur la mutation d'un monde, Vie de Mizuki est une extraordinaire fresque romanesque qui embrasse un siècle de chaos et d'inventions.
Après avoir délivré le Grand A des griffes de Huwawa, Sophia, Pochon et les 4 savants trouvent refuge au Paradis terrestre. L'Arbre originel les y attend et ils sont bientôt rejoints par tous les animaux de la Création, venus leur prêter main forte pour la confrontation finale. Car dans l'ombre, l'ennemi rassemble ses troupes... Avec ce volume, David B. clôt le cycle du Démon à tête d'entrailles, et lâche définitivement la bride à ses personnages. Le furieux délire qui en découle n'est pas sans rappeler le meilleur Jean-Pierre Mocky... et surtout le meilleur David B !
Les morts n'ont jamais pu raconter leur expérience de la guerre. Moi, je le peux. Lorsque je dessine une bande dessinée sur le sujet, je sens la colère me submerger. Impossible de lutter. Sans doute ce terrible sentiment est-il inspiré par les âmes de tous ces hommes morts depuis longtemps. écrit Shigeru Mizuki dans sa postface à Opération Mort.Fin 1943, une troupe de l'armée impériale japonaise débarque sur une île de Papouasie-Nouvelle Guinée. Les engagés (pour la plupart de jeunes recrues) font alors l'apprentissage de la survie dans cette contrée d'apparence paradisiaque. Et puis un jour, l'ennemi est là...
Daniel Clowes est né à Chicago où, un jour de 1924, deux étudiants assassinèrent par ennui leur jeune voisin, et le souvenir de Leopold et Loeb hante les pages de Ice haven. Cet album raconte comment la disparition d'un petit garçon bouleverse la routine d'une bourgade du Midwest, repliée sur ellemême, et met à jour la solitude et la frustration de ses habitants. L'auteur de David Boring marche ici sur les traces d'Edward Hopper ou de Charles Schultz et cartographie la terrible mélancolie du quotidien. Derrière l'ironie transparaît une empathie profonde pour les prisonniers de Ice Haven, qui ne cessent de se heurteraux barreaux de leur cage en cherchant aveuglément une issue à leurs rêves.
Immensément populaire au Japon, où pas un enfant ne grandit sans dévorer ses aventures, Kitaro le repoussant est le héros emblématique d'une oeuvre qui se penche sur les monstres pour mieux parler des hommes. Sa description fait dresser les cheveux sur la tête : ultime descendant d'une tribu de morts-vivants, Kitaro est né borgne, en rampant hors de l'utérus du cadavre de sa mère, condamné à errer dans un monde qui ne veut pas de lui... Pourtant, loin du tragique étouffant que laisse présager ce funeste résumé, Kitaro le repoussant est une série pétillante de drôlerie. Les tribulations de ce gamin chargé de résoudre les conflits opposant les humains aux yokaï sont unplaisir rare mariant subtilement la noirceur à la légèreté.
Personnage de fiction créé en 1911 par Pierre Souvestre et Marcel Allain, Fantômas acquiert une notoriété internationale lorsque Louis Feuillade, le maître du cinéma fantastique français, l'adapte au cinéma en 1913. Plus grand criminel de tous les temps, le génie du crime n'hésite pas à tuer et à torturer pour arriver à ses fins.Surpassant l'original, Benoît Preteseille crée un Fantômas monstrueux à la fois physiquement et psychologiquement. Personnage récurrent dès les première figures antiques, le monstre trouve son pendant vertueux à travers la figure du héros. Le monstre y est fréquemment utilisé pour sa fonction d'opposition face au héros voire réduit à cette unique fonction. Il vient perturber une harmonie préexistante en mettant la société en danger, le héros parvient à la protéger - la plupart du temps en commettant un monstricide- et acquiert ainsi son statut.Face à une pénurie de héros, le monstre acquiert une dimension supérieure dans l'Art et le sang et s'élève au rang de protagoniste. Ici, les héros - Dupois et Dubois, deux policiers aux accents hergéens - sont peu crédibles dans leurs déguisements de clowns. Ces erzats de policiers symbolisent la loi naïve et grotesque dans son impuissance à contenir cette force débordante et incontrôlable qu'est le monstre.À travers le travestissement de ses personnages, l'auteur joue avec l'imagerie du cirque qui lui est chère - il a travaillé sur les décors de spectacles de cirque avant d'entamer sa carrière dans la bande dessinée. Fantômas sublime et fantasme la notion même de travestissement à travers des figures littéraires telles que Dorian Gray (son livre de chevet) ou cinématographiques telles que Elephant Man.Sociopathe cauchemardesque et monstre effrayant, le Fantômas de Benoît Preteseille vient s'inscrire dans la lignée des oeuvres néogothiques de Robert Louis Stevenson (L'Étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde), Bram Stoker (Dracula), Mary Shelley (Frankenstein) ou Oscar Wilde (Le portrait de Dorian Gray).
Immensément populaire au Japon, où pas un enfant ne grandit sans dévorer ses aventures, Kitaro est le héros emblématique d'une oeuvre qui se penche sur les monstres pour mieux parler des hommes. Ultime descendant d'une tribu de morts-vivants, Kitaro est né borgne, en rampant hors de l'utérus du cadavre de sa mère, condamné à errer dans un monde qui ne veut pas de lui... Pourtant, loin du tragique étouffant que laisse présager ce funeste résumé, les tribulations de ce gamin chargé de résoudre les conflits opposant les humains aux yôkaï sontun plaisir rare mariant subtilement la noirceur à la légèreté. Les lecteurs français de NonNonBâ ne manqueront pas de retrouver dans ce monument de la BD japonaise l'humour et l'inspiration qui les avaient fait chavirer de bonheur.
Ce n'est pas parce qu'il a le projet de la croquer depuis la nuit des temps que le loup est condamné à être l'ennemi du petit chaperon rouge.Pas plus qu'ils ne sont destinés à rejouer ad vitam aeternam la même sempiternelle conclusion, quand tant d'autres options plus attrayantes s'offrent à eux... amateurs de bibelots exigeants, esthètes pantouflards, ce livre est fait pour vous ! car il se propose de rajeunir vos collections de porcelaines, tout en vous déchargeant de la corvée de poussière et de l'angoisse des maladroits qui rôdent ! mixant deux techniques et deux versants de son inspiration, nadja donne avec ce chaperon rouge (collection privée) une synthèse totalement inattendue de son style, sculpté dans le meilleur humour et décoré des atmosphères les plus fines.
D'où viennent les nains ? Qui se cache derrière les tartines ? En quelle matière est fait le véritable Saddam Hussein ? Tous ces mystères et bien d'autres sont la matière première de cet ouvrage conduit de main de maître par Pierre La Police, qui regroupe ici quelques-unes de ses plus notables collaborations à la presse internationale.Couvrant les 15 premières années d'une carrière prolifique, Attation ! comblera autant l'amateur éclairé que le néophyte désireux d'entrer dans l'univers tortueux d'un auteur qui préfigure par son oeuvre les prochaines évolutions humaines et animales.Cette splendide nouvelle édition, largement augmentée et remaniée pour satisfaire aux exigences de luxe de l'auteur et de son éditeur, promet d'être, en toute logique, le plus gros succès de librairie de ces prochaines années.
Nous sommes au début des années 1930, dans une petite ville de la côte ouest du Japon. NonNonBâ, une vieille dame mystique et superstitieuse, est accueillie dans la famille du jeune Shigeru. Encyclopédie vivante des croyances et légendes populaires de la région, elle abreuve l'imaginaire déja débordant du garçon d'histoires de monstres et de fantômes.Les yôkaï, ces créatures surnaturelles qui peuplent l'univers des hommes, deviennent vite les compagnons de rêveries quotidiens de Shigeru, qui trouve en eux d'excellents guides pour visiter les mondes invisibles. Si ces voyages l'aident à fuir et à comprendre les émotions parfois compliquées qui naissent dans son coeur, ils embrouillent aussi considérablement sa vie quotidienne : il est déjà bien assez difficile de savoir à qui se fier sans que des monstres bizarres et malicieux viennent s'en mêler...
Avec ce livre construit autour de saynètes parues chaque semaine dans le New York Times, Daniel Clowes donne naissance à un nouvel anti-héros : Marshall, célibataire introspectif et grisonnant, s'apitoie sur son sort et sur celui de l'humanité toute entière qui part à vau-l'eau.Il attend Nathalie, avec qui un couple d'amis bienveillants lui ont arrangé un rendez-vous et dont il est presque certain qu'elle ne viendra pas. Les minutes passent, Marshall est de plus en plus déprimé et de plus en plus obsessionnel. Nathalie finira par arriver et Marshall achèvera de se torturer afin de ne pas passer à côté de la compagne idéale de ses petits-déjeuners dominicaux fantasmés. Savant mélange d'humour, de tragédie et de romantisme, Mister Wonderful met en scène l'attachement profond de Clowes pour ces personnages esquintés par la vie mais jamais complètement irrécupérables.
Mitchum constitue une aventure artistique aussi fascinante qu'originale. Libre d'inventer comme d'enfreindre ses propres règles, Blutch y esquive les pièges de la virtuosité pour laisser la seule émotion guider sa main. Interrogeant sous différents axes les thèmes du regard, de l'artiste et du modèle, Blutch capte avec sensualité les chassés-croisés sentimentaux ou les visions nocturnes angoissantes. Les images qui surgissent de ces fulgurantes improvisations sont une plongée sans carte ni boussole au coeur d'un univers intime et onirique en perpétuelle mutation. La présente édition de Mitchum compile en un volume les cinq 'comix' initialement parus, en les enrichissant de nombreuses pages et dessins inédits. Une occasion privilégiée de voir la bande dessinée en mouvement et de revivre une performance qui aura marqué autant les esprits que son auteur lui-même.
Necron et sa maîtresse se réfugient dans une ferme Néerlandaise, où ont lieu les funérailles d'un jeune et vigoureux paysan, Hans. Ca tombe plutôt bien, puisque Frieda aime toujours autant les beaux macchabées.Une fois repus des produits de la ferme et de ce que Hans pouvait encore offrir, ils voguent dans les Mers du Nord, quand une Baleine d'acier prête à couler avec son chargement d'armes de contrebande, leur coupe la route. Le Commandant Sparrow et son étrange compagne Mezeze vont vite déchanter quant à leurs chances de survie.Le chemin de la nécrophile sadique et de son monstre débile, croise ensuite celui du Docteur Shark, dont les expériences visant à créer des Hommes Poissons pour extraire de l'uranium, intéressent au plus haut point Frieda. Ca sent le poisson mort...
Le tout dernier opus des aventures extraordinaires de la charmante doctoresse Frieda Boher et de sa créature hyper-membrée ! Dans ce volume encore jamais traduit en français, Frieda et Nécron font leur grand retour à la civilisation. Lassés de leurs mésaventures dans la jungle du continent noir, ils posent pied en Amérique !Dans la jungle urbaine de New-York, nos deux acolytes se retrouvent en prise avec la mafia chinoise. Et ce n'est pas trahir le suspens du récit que d'indiquer des lors que les Chinois auront du fil à retordre..Véritable feu d'artifice, Magnus met fin à son chef d'oeuvre dans les règles de l'art ! Pour fêter la retraite de la scientifique lubrique et de son monstre phallique, Cornélius aura la joie d'offrir à ses fidèles lecteurs un cahier supplémentaire ! Composé des couvertures de l'édition italienne originale et d'esquisses inédites, 24 pages de plaisir en plus et en couleur !
Apparu pour la première fois en 2000 sur les tables des libraires américains, Skibber-bee-bye est un livre en tous points curieux dont l’inspiration puise aux fondements même du mystère de la vie et des origines.S’attachant à des personnages que rien ne semble lier au premier abord, Ron Rege Jr. tisse de l’un à l’autre un récit fait de pertes et de renaissances, imitant la structure flottante des arantèles, irisées par la lumière et bercées par le vent. Chant dont les circonvolutions nébuleuses et les apartés font se croiser des lutins moléculaires, un éléphant amoureux, une passion funèbre et des chercheurs d’or, Skibber Bee-Bye semble venu de nulle part, entraînant le lecteur dans une expérience psychédélique hors-normes.Ron Rege Jr., qui a tiré de l’économie de moyens une écriture cristalline, signe avec Skibber Bee-Bye une œuvre visionnaire et inclassable qui, comme tous les grands livres, se refuse à toute forme d’explication.
Cinq ans durant, l'ami des bêtes et mampion de karting Pierre La Police a donné des dessins d'humour au magazine 50 Foot. Se basant sur les travaux de généticiens, paleonutritionnistes, géologues racistes et mimistes mexicains, ils offrent du football une image bien balancée : il y a des avantages et des inconvénients.A l'occasion de l'Euro 2012, les éditions Cornélius en publient opportunément une compilation qui ravira aussi bien le néophyte, pour qui la formule « dribble bordel» est aussi obscure qu'un almanam des marées en araméen, ou l'aficionado qui démiffre couramment le Ribéry.Ils y trouveront tout ce qu'ils doivent savoir sur la cuisse de Ronaldhino, la casquette de Pirès, ou, Dieu leur pardonne, le sperme de Cantona. Pierre La Police n'évite pas les questions qui fôment, violence, dopage, racisme ou cruauté envers les canaris, et leur apporte une réponse définitive: c'est malheureux mais c'est comme ça.Encore une fois Cornélius met au fond du filet ! Goal ! Goal !
M. Barthélemy se meurt. M. Barthélemy est mort. Mais non. Encore raté. M. Barthélemy ne meurt jamais. À chaque fois, il revient à la vie sous la forme d'un petit garçon. Et tout recommence.L'enfant a vu construire les pyramides, combattu avec le Roi Arthur et voyagé avec Hemingway. Le souvenir de ses vies multiples lui pèse. Et puis, combien de bougies mettre sur son gâteau d'anniversaire ?Avec le fidèle Baptiste, un domestique qu'il aime comme un fils et qui le traite comme un père, et le mystérieux Auguste Salomon, un aventurier légendaire qui erre à travers les siècles, l'enfant sans âge se lance dans une quête ultime : comment mourir pour de vrai ?Entre feuilleton d'aventure et conte fantastique, ce récit à la simplicité trompeuse joue avec les ellipses, les ruptures de ton et applique les codes de la bande dessinée classique à une méditation mélancolique sur la destinée humaine. « La désespérance », écrit Kierkegaard, « c'est le manque du dernier espoir, le manque de la mort. »
On imagine volontiers Anouk Ricard s'attabler chaque matin au bistro du coin, pour y dépouillerles Dernières Nouvelles d'Alsace ou La Provence, et traquer, à travers la presse quotidienne régionale, le crime crétin et le drame dérisoire.Sa fantaisie se met alors au travail. Elle fait dérailler l'anecdote, l'envoie brinqueballer sur les chemins de traverse de la réalité, à la rencontre d'une conclusion, lamentable et loufoque dans sa logique même. Ces histoires courtes retrouvent l'humour anarchiste des récits en trois lignes de Félix Fénéon ou des détournements de Gabriel de Lautrec, basés eux aussi sur les faits divers.La ménagerie de l'artiste peut sembler enfantine. Méfiez-vous des apparences. Le canard bleu, le cheval jaune ou le chien myope renvoient l'image d'une humanité mesquine, ridicule et pas au mieux de sa forme. Aussi empotés que décalés, les personnages de Faits divers prouvent de façon hilarante que le crime ne paie pas, du moins s'il est commis par des imbéciles.
Le Japon, en pleine expansion, voit son nombre de gratte-ciel croître à vitesse grand V, toujours plus grands, plus hauts, plus impressionnants à tel point que le Kasumi-ga-seki, le plus haut immeuble du Japon avec ses trente-six étages, est devenu une attraction populaire ! Enfin populaire, pas tant que cela, car les visiteurs sont plutôt fortunés. et désireux de le montrer. Et comment ? En arrivant en voiture classe, pardi ! Mais c'est sans compter les problèmes de circulation, ça bouchonne sec chez les bourgeois ! Alors il faut bien construire un parking, voire même le parking le plus profond qui ait jamais existé. et quand il y a du business, il y a forcément Ratichon, spécialiste du BTP ! Mais c'était sans compter la présence séculaire des renards des profondeurs, guère ravis de cette intrusion sur leur territoire. Une nouvelle fois, Kitaro intervient pour régler les conflits entre humains et yokaï et par là même entre tradition et modernité.
Dans un placard mortifère, telle la plus atroce des attractions de foire, est enfermé l'enfant.Il ne peut pas se voir. est-il un monstre? ou une bête, comme ses compagnons d'infortune, les petits animaux des cloisons? sans souvenir de son arrivée dans cet endroit, l'enfant du placard observe depuis des temps incertains le monde extérieur au travers du petit trou qu'on a percé pour lui dans son meuble. chaque jour, il reçoit la visite de ses geôliers qui le bercent d'histoires sordides. la vérité est au bout de son calvaire et, comme dans tous les contes, l'issue promet d'être heureuse.Ou effroyable. la mine douce et délicate du crayon de blanquet appuie avec délectation le grotesque de cette fable que l'auteur nous livre avec son habituel sourire en coin. la présente édition reprend, sous une forme entièrement nouvelle, le livre paru en 1997 chez schokoriegel, ce qui ravira les amateurs qui le cherchaient depuis, et obligera les autres à sortir une nouvelle fois leur porte-monnaie.
Mitchum constitue une aventure artistique aussi fascinante qu'originale, qui permet à Blutch d'explorer les nombreuses pistes que lui ouvre la virtuosité de son trait. Libre d'inventer comme d'enfreindre ses propres règles, il y esquive les pièges pour laisser la seule émotion guider sa main.Entièrement dédiées au geste et au plaisir de raconter, ces pages sont un miracle d'épure et d'équilibre. Interrogeant sous différents axes les thèmes du regard, de l'artiste et du modèle, Blutch capte avec sensualité les chassés-croisés sentimentaux ou les visions nocturnes angoissantes.Les images qui surgissent de ces fulgurantes improvisations sont une plongée sans carte ni boussole au coeur d'un univers intime et onirique en perpétuelle mutation.Cette intégrale de Mitchum compile en un volume les cinq « comix » initialement parus chez Cornélius dans les années 90, en les enrichissants de nombreuses pages et dessins inédits. Une occasion privilégiée de voir la bande dessinée en mouvement et de revivre une performance qui aura marquée autant les esprits que son auteur lui-même.
Nadja adore les polars. En regardant de plus près la collection Paul, elle s'est aperçue que celle-ci était dédiée aux bandes dessinées de genre (porno-horreur, manga, comics). Paul n'avait pas encore de polar à son actif, Nadja lui en a offert un très réussi.Dans ce polar très noir, elle raconte l'histoire de Kate, une jeune femme qui tombe dans le piège d'un tortionnaire psychologique et fait d'elle une marionnette. De l'artiste indépendante ne reste plus qu'une ombre sans orgueil ni confiance en sa personne comme en son art. Dans cette lutte pour la survie de son âme, Kate trouve refuge de l'autre côté du miroir, un village loin du tumulte parisien dans lequel elle tentera de se reconstruire.Le dessin en bichromie évoque à la fois l'univers du polar caractérisé par le noir et blanc et celui des pulps avec les touches de rouge des talons hauts ou du rouge à lèvres de Kate.Avec 'L'Homme de mes rêve', Nadja signe une histoire d'aliénation poignante et envoûtante.
Au même titre que les yokaï, ces êtres surnaturels qui peuplent l'univers fantastique de Shigeru Mizuki, le kappa est un personnage issu de la mythologie japonaise. Diablotin anthropomorphe vivant dans les rivières et les étangs japonais, la légende dit qu'il attirait les jeunes filles au fond de l'eau afin de leur prendre leur vertu. Devenu populaire dans la littérature, les mangas et l'animation, son image a évolué au cours du XXème siècle pour finalement incarner un personnage malicieux, sympathique voire bienveillant.Dans Mon copain le kappa, on rencontrait Sampei, un jeune garçon qui ressemble étrangement à un kappa, au point que deux de ces créatures s'y méprennent et l'entraînent avec elles dans leur monde. Sampei en reviendra accompagné d'un espion de son âge, point de départ d'une série d'aventures hilarantes.Dans le dernier volume de cette trilogie, Sampei est menacé par le messager de la Mort, décidé coûte que coûte à emporter le petit garçon dans son royaume. Alors que Sampei et sa mère sont enfin réunis, ce dernier est emporté de l'autre côté du miroir...
À l'exemple de Toriyama Sekien qui avait dressé, vers 1780, l'inventaire des monstres japonais, Shigeru Mizuki a réintroduit dans la culture populaire les yôkaï, ces êtres surnaturels du quotidien que la modernisation de l'ère Meiji avait mis en sommeil.Amoureux des contes populaires et du merveilleux qui s'infiltre dans les interstices de la vie ordinaire, le créateur de Kitaro et de NonNonBâ a mis les yôkaï au centre d'une oeuvre qui oscille constamment entre fantastique, humour et poésie. Explorant la frontière incertaine et mouvante qui sépare les spectres des vivants, les histoires de 3, Rue des mystères sont des fables étranges, dans lesquelles il suffit de prendre un ascenseur pour passer d'un monde à l'autre. Les hommes s'y amourachent de fantômes, ils y retrouvent les êtres chers qu'ils ont perdus, ils y cherchent même l'immortalité... mais ils s'y condamnent eux-mêmes à n'être que des hommes.Ce deuxième volume de 3, Rue des Mystères nous fait goûter à la veine effrayante de Mizuki, achevant de présenter au public français ce dieu vivant du manga, qui entend bien dessiner encore jusqu'à 110 ans avant de pouvoir, à son tour, devenir un yôkaï.
Amoureux des contes populaires et du merveilleux qui s'infiltre dans les interstices du quotidien, Shigeru Mizuki a placé les yôkaï, ces êtres surnaturels qui peuplent les coulisses de notre monde, au centre d'une création qui oscille constamment entre fantastique, humour et poésie.Immensément populaire au Japon, où pas un enfant ne grandit sans dévorer ses aventures, Kitaro le repoussant est le héros emblématique d'une oeuvre qui se penche sur les monstres pour mieux parler des hommes. Sa description fait dresser les cheveux sur la tête : ultime descendant d'une tribu de morts-vivants, Kitaro est né borgne, en rampant hors de l'utérus du cadavre de sa mère, condamné à errer dans un monde qui ne veut pas de lui...Pourtant, loin du tragique étouffant que laisse présager ce funeste résumé, Kitaro le repoussant est une série délicieuse. Les tribulations de ce gamin chargé de résoudre les conflits opposant les humains aux yôkaï sont un plaisir rare mariant subtilement la noiceur à la légèreté. Les lecteurs français de NonNonBâ ne manqueront pas de retrouver ce monument de la bande dessinée japonaise l'humour et l'inspiration qui les avaient fait chavirer de bonheur.
Amoureux des contes populaires et du merveilleux qui s'infiltre dans les interstices du quotidien, shigeru mizuki a placé les yôkaï, ces êtres surnaturels qui peuplent les coulisses de notre monde, au centre d'une création qui oscille constamment entre fantastique, humour et poésie.Immensément populaire au lapon, oú pas un enfant ne grandit sans dévorer ses aventures, kitaro le repoussant est le héros emblématique d'une oeuvre qui se penche sur les monstres pour mieux parler des hommes. sa description fait dresser les cheveux sur la tête: ultime descendant d'une tribu de morts-vivants, kitaro est né borgne, en rampant hors de l'utérus du cadavre de sa mère, condamné à errer dans un monde qui ne veut pas de lui.Pourtant, loin du tragique étouffant que laisse présager ce funeste résumé, kitaro le repoussant est une série délicieuse. les tribulations de ce gamin chargé de résoudre les conflits opposant les humains aux yôkaï sont un plaisir rare mariant subtilement la noirceur à la legèreté. les lecteurs français de nonnonbâ ne manqueront pas de retrouver dans ce monument de la bande dessinée japonaise l'humour et l'inspiration qui les avaient fait chavirer de bonheur.
Amoureux des contes populaires et du merveilleux qui s'infiltre dans les interstices du quotidien, Shigeru Mizuki a placé les yôkaï, ces êtres surnaturels qui peuplent les coulisses de notre monde, au centre d'une création qui oscille constamment entre fantastique, humour et poésie. Immensément populaireau Japon, où pas un enfant ne grandit sans dévorer ses aventures, Kitaro le repoussant est le héros emblématique d'une oeuvre qui se penche sur les monstres pour mieux parler des hommes. Sa description fait dresser les cheveux sur la tête : ultime descendant d'une tribu de morts-vivants, Kitaro est né borgne, en rampant hors de l'utérus du cadavre de sa mère, condamné à errer dans un monde qui ne veut pas de lui... Pourtant, loin du tragique étouffant que laisse présager ce funeste résumé, Kitaro le repoussant est une série délicieuse. Les tribulations de ce gamin chargé de résoudre les conflits opposant les humains aux yôkaï sont un plaisir rare mariant subtilement la noirceur à la legèreté. Les lecteurs français de NonNonBâ ne manqueront pas de retrouver dans ce monument de la bande dessinée japonaise l'humour et l'inspiration qui les avaient fait chavirer de bonheur.
1969, année érotique...Aux etats-unis, robert crumb poursuit sa croisade contre le bon goût et la décence en couvrant les pages de snatch comics de lolitas grassouillettes et de fermiers zoophiles. la petite revue underground se réclame des célèbres tijuana bibles . surgies en pleine dépression, fabriquées et vendues clandestine ment, ces bédés pornos où le panthéon de la culture populaire, de popeye à garbo, fornique joyeusement tout ce qui bouge, sont les premiers vrais comic books pour adultes et annoncent aussi bien mad que zap.La pornographie est un art difficile, qui demande tout à la fois honnêteté, brutalité et rire. les vigoureux dessins de crumb insultent donc tous les tabous, de l'inceste à la pédophilie, et bafouent allègrement la dignité humaine (et même animale), sans distinction de sexe, d'âge ou de couleur. les pudibonds et les hypocrites y trouveront aujourd'hui comme hier, de quoi alimenter leur indignation, ô combien vertueuse.Les autres se réjouiront de voir crumb ramener la bande dessinée sur le trottoir où elle est née, et retrouver la qualité brute et anarchique des dessinateurs anonymes des tijuana bibles .
amoureux des contes populaires et du merveilleux qui s'infiltre dans les interstices du quotidien, shigeru mizuki a placé les yôkaï, ces êtres surnaturels qui peuplent les coulisses de notre monde, au centre d'une création qui oscille constamment entre fantastique, humour et poésie.immensément populaire au japon, où pas un enfant ne grandit sans dévorer ses aventures, kitaro le repoussant est le héros emblématique d'une oeuvre qui se penche sur les monstres pour mieux parler des hommes. sa description fait dresser les cheveux sur la tête : ultime descendant d'une tribu de morts-vivants, kitaro est né borgne, en rampant hors de l'utérus du cadavre de sa mère, condamné à errer dans un monde qui ne veut pas de lui...pourtant, loin du tragique étouffant que laisse présager ce funeste résumé, kitaro le repoussant est une série pétillante de drôlerie. les tribulations de ce gamin chargé de résoudre les conflits opposant les humains aux yôkaï sont un plaisir rare mariant subtilement la noirceur à la légèreté. les lecteurs français de nonnonbâ ne manqueront pas de retrouver dans ce monument de la bande dessinée japonaise l'humour et l'inspiration qui les avaient fait chavirer de bonheur.
des neiges éternelles du nouveau mexique aux plages paradisiaques du nevada, pierre la police et jean le cointre font de l'ouest américain le décor d'un bouleversant western pharmaceutique.alors qu'entre southfork et durango les vaches se suicident, une souche de fécule infectieuse, venue de la lune, entreprend de coloniser la terre. le chef du monde en appelle à l'equipe sonique de la paz et ses mutants moches, au qi d'huîtres. sans surprise, la taupe de houston, le tarzan de la perception et le monstre mexicain foirent la mission et c'en est fini pour toujours, car tout le monde est tué et le vêtement est déchiré.cette plongée dans l'inconscient collectif du cinéma de série z ramène à la surface de créatures irresponsables, savants fous, algues cannibales ou laborantines à lunettes, qui, avant de monter dans leur chambre regarder la télévision, s'obstinent à traiter avec naturel et sérieux un monde définitivement dérangé. entre roman-photo et serial d'aventure, la balançoire de plasma joue des codes et des conventions du film de monstres jusqu'à ce que mort s'en suive.un livre beau comme la rencontre fortuite d'ed wood et des fantastic four sur la table de dissection du docteur frankenstein.