Points de Vues rassemble les premiers comic strips à avoir jamais été publiés dans le New York Times . Publiées sous le nom de Eye of the Beholder , littéralement l'oeil de l'observateur et entièrement réalisées à la carte à gratter, ces histoires courtes sans paroles sont une nouvelle occasion pour Peter Kuper de laisser libre cours à son regard critique, tout en rendant hommage à Franz Masereel et Lynd Ward, les maîtres du récit en gravure sur bois. Dans Points de Vues , Peter Kuper brosse un portrait parfois humoristique et souvent acerbe de ses concitoyens new-yorkais, avec un accent particulier sur les travers de la société de consommation, ce qui ne saurait surprendre de la part de cet auteur, co-fondateur en 1979 de la revue de bande dessinée politique World War 3 Illustrated .
Situé au début des années 80, dans la banlieue d'Akron, une ville de la Rust Belt frappée par la crise économique, Punk Rock et mobile-homes est une comédie déjantée dans le milieude la musique punk, et une version trash des teenage movies de John Hughes. Le personnage principal, Otto Pizcok, est en terminale et vit dans le parc de mobile-homes appartenant à son grand-oncle. Gros balèze féru du Seigneur des Anneaux à la personnalité un peu borderline, il est à la fois admiré et incompris de ses camarades de classe. Grand fan de musique punk, il fréquente assidûment la principale salle de concerts punk d'Akron. Grâce à son impressionnant aplomb, il parvient à se débarrasser de son image de nerd pour devenir le guide/roadie de sommités du Punk telles que Joe Strummer ou les Ramones...
Conçu et réalisé en l’espace de quelques mois par Gregory Benton en « stream of consciousness » (écriture automatique), B+F est une expérience de lecture peu commune, une décoiffante invitation à un voyage onirique et fantastique. Le lecteur suit les pérégrinations d’une femme nue et d’un énorme chien jaune sur une planète dotée d’une flore luxuriante, peuplée de créatures dangereuses et de tribus sauvages. Couleurs éclatantes, récit sans parole, les somptueuses planches au grand format happent le regard et plongent le lecteur dans un enchaînement de péripéties où le dessin rond, presque disneyien, et les couleurs flamboyantes contrastent avec la violence de certaines situations. Dans ce conte fantastique, tout peut arriver, les personnages se font manger, régurgiter, découper pour renaître le page suivante et continuer leur périple à travers ce monde étrange.
Deux amis d'enfance qui s'étaient perdus de vue, sont réunis pour une nuit à l'endroit où ils passaient auparavant leurs vacances d'été. Ils sont tous les deux à un moment difficile de leur vie : Jim, jeune artiste sans emploi, sort d'une rupture et Emily est une jeune mère récemment divorcée. Ils passent une dernière soirée ensemble avant le départ d'Emily qui va refaire sa vie dans une autre ville. En se promenant dans ces lieux riches en souvenirs partagés, ils se remémorent des instants de leur amitié passée. Cette longue conversation révèle les traces de leurs amoures adolescentes. Au fil de l'eau est le récit du souvenir empreint de nostalgie de cette relation qui continue encore à les troubler. La narration et les dialogues tout en retenue de Joel Orff sont complémentaires de son dessin suggestif qui tend par instant vers le surréalisme.
Après le massif, Alec qui couvrait des décennies de sa propre vie, Eddie Campbell réalise cet ouvrage beaucoup plus modeste en taille, mais tout aussi magistral, consacré à un écrivain d'âge moyen, refoulé sexuel. Ce dramaturge a rencontré le succès en écrivant sur la vie, mais il échoue totalement à vivre la sienne. Le quotidien de ce personnage solitaire est dépeint dans une série de vignettes, un trajet dans l'autobus, l'encaissement d'un chèque, un déjeuner avec son agent, qui en général provoquent chez lui moults fantasmes sexuels. Peu à peu, il se trouve de nouveau en prise avec le monde en se rapprochant de sa famille dont il n'avait plus de nouvelles depuis qu'il avait utilisé l'histoire de ses proches comme matériau pour ses pièces. Il commence à développer des liens affectifs avec son entourage (son frère handicapé mental, l'aide-soignante de celui-ci), ce qui aura un effet délétère sur sa créativité.
Octobre 2003. La vie de Jake Gallo est un enfer, il est sans travail, son père a fait une crise cardiaque, son frère Freddie est une star du cinéma, mais le plus difficile à avaler, ce sont les frasques sentimentales de sa soeur May qui s'est mis en tête d'épouser... un humain. Car les Gallo, comme les autres poules et coqs du monde entier, sont subitement devenus conscients en 1979 au grand désarroi de l'espèce humaine. Suite au décès de son père, Jake va découvrir l'histoire de sa famille et de son père, Elmer, qui fait partie de la génération des coqs qui ont dû apprendre à cohabiter avec les hommes.Elmer est l'histoire d'une famille de gallinacées qui lutte pour sa survie dans un environnement hostile. À la fois drôle et émouvant, Gerry Alanguilan, maîtrise de bout en bout avec une candeur enthousiasmante cette parabole maquillée en chronique délirante.
Choosy McBride travaille pour une galerie d'art contemporain de Sydney. Ancienne juriste, elle voit le monde de l'art comme un marché lié au jeu de l'offre et la demande. Son compagnon, Dimitri, peintre en pleine crise artis-tique, est lui désabusé par l'emprise de l'argent sur la création. Au détour d'une visite chez un riche collectionneur, Choosy tombe en arrêt devant une toile qui l'impressionne, mais la peinture n'est pas signée, et personne ne connaît son auteur. Bien décidée à trouver cette perle rare et à en tirer le plus grand profit possible, elle décide de partir à sa recherche, entraînant Dimitri avec elle au fin fond du Northern Queensland, une région peu peuplée du nord-est de l'Australie. De fil en aiguille, ils trouvent une ancienne église où sont exposées des toiles du mystérieux artiste, laissées à la disposition de ceux qui souhaitent se les approprier. La volonté du peintre de rester inconnu enrage Choosy et trouble profondément Dimitri. La différence de leurs points de vue va s'accentuer au fur et à me-sure que la quête avance.
Le nouveau roman graphique de Dash Shaw, entre anticipation et récit initiatique. Danny et son grand frère Luke, sont deux ados américains dont le père est rédacteur en chef d’un magazine consacré aux parcs d’attraction. Intrigué par une annonce parue dans ce magazine, Luke quitte le giron familial pour aller travailler sur le chantier d’un nouveau parc, Clockworld, en construction sur la mystérieuse île de X. Une année s’écoule, et la famille est sans nouvelle de Luke. Danny décide de partir à sa recherche et de rejoindre l’île...Il est accueilli par son frère qui a désormais une petite amie et ne ressemble plus du tout au boy-scout modèle qu’il était. Déstabilisé, Danny tente de convaincre son frère de revenir aux États-Unis. Il découvre un pays étrange, où personne ne parle anglais, et dont les habitants sont sous la coupe de Otis Sharpe, un scientifique mégalomane à l’origine du projet Clockworld (un parc regroupant des attractions historiques animées par des automates).
Depuis le début des années 1980, Peter Kuper est l'un des principaux auteurs de bande dessinée de la scène indépendante américaine. Encore peu publié en France, il y est essentiellement connu pour son travail de dessinateur de bandes dessinées et de strips. Il livre avec ses Carnets d'un New Yorkais un magnifique livre hybride, mélange d'illustrations, de collages, de photos et de bandes dessinées. Une splendide ode à cette ville unique où il habite depuis près de trente-cinq ans.Les Carnets d'un New-Yorkais dressent un portrait de cette ville que j'aime, avec ses ombres et sa lumière. Plutôt qu'un récit chronologique, j'ai préféré juxtaposer ici deux aspects de la ville : sa surface miroitante et ses entrailles plus sombres - les clochards de Times Square et les skaters de Central Park, la dévastation du 11 septembre et l'effervescence du quotidien. Ce livre recueille trente-quatre années de réflexion sur vingt kilomètres d'île, au contact de huit millions d'habitants, dans une ville dont l'histoire ne cesse de s'écrire. (Peter Kuper / Juillet 2011)
Mon et Tim, ont maintenant respectivement seize et dix-sept ans. Tim est en terminale et Mon en première, dans le lycée professionnel d'une grand ville du nord de la Thaïlande où ils sont depuis deux ans. Les relations entre les deux anciens amis sont au plus bas depuis que Mon s'est rendu compte que Tim sortait avec Nim, pour laquelle Mon avait eu un coup de foudre. Mais Mon va à son tour rencontrer une jeune fille, ce qui va progressivement changer son attitude.Il souhaite désormais remonter sur scène avec Tim, mais il craint que celui-ci refuse de reformer leur groupe... Ce troisième volume conclut la trilogie Juice, commencée en 2014 par Art Jeeno, le jeune prodige de la scène thaïlandaise. Dans Juice, il met en scène le quotidien d'ados thaïlandais sous pression, obligés d'être en uniforme au lycée et obnubilés par les filles, qui cherchent un exutoire à travers la musique occidentale. Dessinateur virtuose, Art Jeeno donne énormément de dynamisme à ses personnages volubiles et hyper expressifs, le trait vif et le découpage énergique étant au diapason de la véhémence de ces ados impulsifs.
Après la pseudo-science, Darryl Cunningham se confronte dans Fables Psychiatriques aux préjugés sur les maladies mentales. Avec le même brio et sens de la synthèse que dans Fables Scientifiques, il analyse les a priori qui touchent les personnes atteintes de ces troubles.Fables psychiatriques s'appuie sur l'expérience d'aide-soignant de Darryl Cunningham dans un service psychiatrique pour donner une image raisonnée du monde de la maladie mentale. Dans chaque chapitre, Cunningham explore un problème de santé mentale différent (troubles bipolaires, dépressions, schizophrénie, etc...), en décrivant l'expérience de la maladie mentale, tant du point de vue des malades que de leurs amis, de leurs parents et des soignants. Cunningham montre aussi comment la perception de la maladie mentale dans la société engendre une stigmatisation et une discrimination infondées, comme le mythe selon lequel les personnes schizophrènes sont plus susceptibles de commettre des crimes que les non-schizophrènes. Souffrant lui-même de dépression chronique, il démythifie habilement ces troubles, qu'une proportion importante de la population de nos sociétés vit au quotidien.
La Machine à influencer est le premier livre de la journaliste Brooke Gladstone, vedette de la radio publique NPR, avec son émission On the Media où elle décortique depuis 14 ans le traitement de l'information par les médias. Avec l'aide du dessinateur de bande dessinée documentaire Josh Neufeld, elle raconte l'histoire des médias d'information et des pratiques journalistiques, en commençant par les Incas, Hérodote, et l'Acta Diurna du Sénat romain, puis conduit le lecteur à travers deux millénaires, des journaux de la Rome de César jusqu'aux errements de la presse américaine au moment de la guerre d'Irak. Elle livre ses réflexionssur la création, le traitement et la circulation de l'information, mais aussi les manipulations, l'analyse des sondages, des rumeurs, l'utilisation des statistiques...Véritable manifeste, La Machine à influencer réfute la notion que les médias sont une force extérieure, hors de notre contrôle. Grâce une multitude d'anecdotes, et une construction analytique sans faille, Brooke Gladstone et Josh Neufeld fournissent au lecteur des outils pour lui permettre de décrypter les médias d'information.
Annie et Verti sont devenues amies grâce à leur passion commune : le cosplay. Elles fabriquent elles-mêmes leurs costumes, afin d'incarner des personnages de mangas, de films ou encore de jeux vidéo ; elles participent ensemble à des concours, vont à des conventions, et tournent des vidéos qu'elles mettent en ligne. Les deux jeunes femmes prennent plaisir à se réapproprier des histoires, à en inventer des nouvelles, mais elles se heurtent constamment à une réalité qui les contrarie. Elles râlent contre les jurés qui votent toujours pour les filles en bikini, se moquent des commentaires haineux sur leur chaîne Youtube et doivent trouver comment se débarrasser des fans un peu trop collants...Dans Cosplayers Dash Shaw crée deux personnages de jeunes femmes très attachantes que le lecteur suit avec amusement au gré de leurs petites aventures quotidiennes dans le monde des fans de comics,de mangas et de jeux vidéos. Une immersion décalée et un brin ironique dans le microcosme fascinant de la culture geek.
Blanca sait que les fantômes n'existent pas. Ni les extraterrestres. Rien de tout ça n'existe. En revanche, ses amis sont bien réels. Eric, Sam, qu'elle n'a pas vue depuis trois ans, et Cookiefire, une youtubeuse fan de mangas à l'eau de rose. Blanca distingue très bien ce qui est réel et ce qui ne l'est pas, mais il y a cet être étrange qui apparaît et que personne ne peut voir, sauf elle. Serait-ce une sorte d'avertissement ? Pour le moment, ce qui semblait devoir être un jour comme les autres s'est terminé par une nouvelle apparition mystérieuse suivie d'une découverte macabre : le cadavre d'une fille sur la plage.Cet événement replonge Blanca dans ses souvenirs du terrible accident qui s'est déroulé des années auparavant... Après Proches Rencontres qui abordait le thème des victimes d'enlèvements par des extraterrestres, Anabel Colazo continue d'explorer les mythes de la pop culture, dans un récit inspiré des creepypastas , ces légendes urbaines qui circulent sur internet. Comme dans son précédent livre, Anabel Colazo pratique les faux semblants : le dessin crayonné, les personnages aux traits enfantins et les couleurs explosives dissimulent en réalité de sombres secrets.
Grâce à Filmo Graphique, Edward Ross combine ses deux passions, le cinéma et la bande dessinée, et nous fait (re)découvrir des pans entiers de l'histoire du cinéma.Edward Ross a fait des études de littérature et de cinéma avant de travailler pendant six ans au Festival International du Film d'Édimbourg où il a vu des centaines de films. Avec Filmo Graphique, il traverse toute l'histoire du cinéma, de sa création, à la fin du XIXe siècle, jusqu'à l'avènement de la 3D, à travers des analyses de films regroupés par grandes thématiques (la représentation du corps, le son, les décors, la voix, le temps...) et des citations de spécialistes du cinéma. Edward a réalisé pour ce faire une sélection qui reflète son panthéon personnel, navigant des films grands publics les plus commerciaux à des longs-métrages beaucoup plus pointus, une sélection qui mélange les genres, les époques et les continents, de Star Wars à Hiroshima mon Amour en passant par Do the right thing. Au fil des pages, Edward Ross redessine des scènes iconiques du 7ème art, créant un impressionnant patchwork visuel et narratif constitué de plus de 300 films. Il compose ainsi une filmographie graphique dans laquelle il se met en scène, à la fois scénariste, réalisateur et acteur.
Été 1995 : Alan s’est laissé convaincre par ses fils Jason et David de partir avec eux au camp scout de la forêt de Pinewood, dans le New-Jersey. Plutôt citadin, casanier et un peu laxiste, le voilà parachuté pour une semaine dans une institution régie par la hiérarchie et les traditions, qui glorifie la vie au grand air et en communauté. Dans ce petit théâtre à ciel ouvert,il va partager le quotidien des autres pères de famille, du personnel du camp et, surtout, d’une ribambelle d’ados surexcités qui ne manqueront pas d’éprouver la patience de leurs aînés. Au sein de la troupe 142, chacun va vivre des moments heureux, pénibles, cocasses ou douloureux, au rythme des repas, feux de camps, randos et autres cours de sculpture sur bois.Lui-même ancien scout, Mike Dawson porte un regard à la fois tendre et corrosif sur un mouvement qui offre à ses adeptes des journées inoubliables mais patauge parfois dans des idées rétrogrades. Par un trait vif et expressif et des dialogues d’un drôlerie irrésistible, il donne vie à des adolescents plus vrais que nature, qui masquent leurs complexes à coups de vannes et de brimades, et à des adultes qui essaient tant bien que mal de leur montrer l’exemple...
Après sa remarquable bande dessinée FilmoGraphique qui était consacrée au cinéma, l'auteur écossais Edward Ross se penche sur l'histoire du jeu vidéo. Il brosse un portait approfondi de ce medium à travers l'histoire en remontant aux origines des tout premiers jeux joués par les hommes, puis l'apparition des premiers ordinateurs, des premiers jeux d'arcade, des premières consoles jusqu'aux innovations les plus récentes.Edward Ross analyse l'influence des jeux dans notre société, sur nos comportements et il explique pourquoi ils nous fascinent tant, quels en sont les ressorts narratifs, techniques, scientifiques, et pourquoi tellement de joueurs y consacrent autant de temps. A travers une multitude de références, Edward Ross montre l'extraordinaire variété des jeux, des plus rudimentaires aux plus sophistiqués, du FPS au jeux de plate forme en passant par les jeux en ligne multijoueurs et les jeux de stratégie.Edward Ross propose une vision synthétique et foisonnante, complétée par de très nombreuses citations de théoriciens, de créateurs et de journalistes spécialistes du domaine, s'appuyant sur desexemples allant de Grand Theft Auto aux jeux indépendants queer pour illustrer son propos. La Vie des jeux est une passionnante plongée dans un monde d'infinies possibilités.
1980, Bruce a une douzaine d'années et il fait sa rentrée dans un collège de Melbourne. Chétif, timide, pas sportif pour un sou, il est la risée de la plupart des autres enfants. Lui qui semble ne pas être attiré par les filles - une hérésie - devient rapidement un véritable souffre-douleur. Bruce se réfugie alors dans un monde parallèle où il assouvit ses pensées morbides de vengeance et où il se fantasme lui-même harceleur de ceux qui le maltraitent.Cette situation va durer jusqu'à ses 18 ans... Ce n'est qu'à l'entrée à l'université que Bruce commence à mettre en place un mécanisme de défense et qu'il parvient, grâce à l'humour et un esprit de transgression très poussé, à repousser les jeunes de son âge qui lui cherchent des noises. Mais des années plus tard, une fois adulte et sa carrière de dessinateur bien entamée, Bruce va se rendre compte que les brimades subies dans son enfance auront un impact délétère à long terme et il devra se débattre avec un problème d'anorexie qui mettra sa vie en danger.Avec beaucoup d'honnête et de transparence, Bruce Mutard se livre à un véritable exercice d'auto analyse, et revient sur cette enfance dévastée. Il livre un récit dur et émouvant sur le harcèlement scolaire et ses répercussions sur la psyché de ceux qui en ont souffert.
Rob et Louise, deux jeunes trentenaires d'une petite ville anglaise des West Midlands, en plein centre de l'Angleterre, sont sur le point de se marier lorsqu'ils sont licenciés par la manufacture de faïences qui les employait tous les deux. Rob et Louise réagissent très différemment. Elle entame tout de suite des recherches pour trouver un autre emploi. Lui n'accepte pas son licenciement, se refuse à changer d'employeur, et encore plus de métier. En plein déni, il cache son licenciement à sa famille et à ses amis et sombre dans la dépression. Leur relation se dégrade au fur et à mesure jusqu'à peut-être menacer leur couple.Initialement publié dans la collection Casterman écritures il y a 15 ans et depuis longtemps indisponible, Breakfast After Noon est le premier roman graphique d'Andi Watson publié en France. On retrouve la patte de cet auteur sensible à la peinture des relations amoureuses et au réalisme social et en toile de fond la crise économique du post-thatcherisme qui a frappé de plein fouet les régions industrielles anglaises. Avec la publication de Breakfast After Noon, la totalité des oeuvres de cet auteur anglais incontournable est désormais au catalogue des éditions çà et Là, avec Slow News Day, Rupture, Little Star et Points de Chute.
Le retour du plus connus des dessinateurs de Cleveland (après Joe Shuster), dans une anthologie de ses histoires courtes ! Derf Backderf a réalisé des strips hebdomadaires pendant près d'un quart de siècle, entre 1990 et 2014. D'abord diffusés dans les journaux gratuits de la ville de Cleveland, ces strips atteindront par la suite jusqu'à 140 journaux du pays. Voici 200 de ces histoires rassemblées pour la première fois en un unique volume. Dans True Stories, on croise des illuminés en tous genre, pris sur le vif dans la rue ou dans des magasins, des scène du quotidien qui font mouche. True Stories, c'est l'Amérique profonde, dérangée, saturée de malbouffe, foutraque. On retrouve avec bonheur la patte de cet auteur dont le dessin, en construction au début des années 1990, évolue au fil des histoires et cette faculté à déceler les situations baroques et à croquer des personnages marquants, alliée à un art consommé de la chute.« Oui, tout ce qui est dans ce livre est réellement arrivé. J'ai été personnellement témoin de la plupart de mes True Stories. Les autres m'ont été rapportées par des amis en lesquels j'ai confiance. Devoir réaliser un strip chaque semaine ne me manque pas vraiment. Ce qui me manque, c'est de me balader dans les rues de la ville à la recherche de gens bizarres. Ça a toujours été ce qui me plaisait le plus dans ce boulot » Derf Backderf.
Médecin de campagne coincé à Kajaani, une petite ville reculée de la Finlande du 19e siècle, Elias Lönnrot a l'impression d'être enfermé dans une prison.Sa famille démunie le harcèle et l'ivrognerie des notables locaux lui est devenue insupportable. Il est endetté, stressé, et de plus, impliqué dans une vague liaison avec une paysanne mariée. Leur relation dévoilée au grand jour, il panique et envisage de s'enfuir en Russie. Pour créer le héros de son roman graphique, Ville Ranta s'est inspiré d'une personnalité historique finlandaise, Elias Lönnrot (1802-1886) qui fut médecin de campagne, poète, et auteur du recueil des poèmes chantés qui constituent Le Kalevala, l'épopée nationale finlandaise. Le héros du présent ouvrage porte son nom, mais cette histoire est presque entièrement imaginée.Au cours du récit, Lönrot fait tomber enceinte la femme avec qui il entretient une liaison illicite, il erre dans les steppes russes, et participe à des soirées imbibées. Il finit par causer la mort de deux membres de sa famille et va fuir une deuxième fois. L'exilé du Kalevala est un récit sur le besoin obsessionnel d'être un honnête homme, sur l'isolement, l'angoisse et la tendance inconsciente de Lönnrot à gâcher sa propre vie.
Le très athlétique Jules Léotard, né en 1838 et mort en 1870, est l'inventeur du trapèze volant et plus particulièrement de la voltige entre deux trapèzes. Il portait le maillot collant inventé pour ses besoins, nommé depuis le « léotard » et utilisé par les hommes en gymnastique artistique. Bien qu'il donne son nom à la bande dessinée d'Eddie Campbell et Dan Best, Jules Léotard meurt dès la page treize du récit suite à un accident de voltige. Entre alors en scène son jeune neveu, Étienne, qui prend l'identité de son célèbre oncle ainsi que la direction de son bigarré cirque itinérant. À partir de cet instant, la vie d'Etienne prend une tournure surréaliste au fil de ses déplacements en compagnie de cette troupe de cirque unique en son genre, peuplée de personnages ayant une très forte ressemblance avec les super-héros des temps modernes. Les membres de la petite équipe vont vivre des aventures rocambolesques à travers l'Histoire ; le siège de Paris par l'armée prussienne, l'exposition universelle de 1889, le vol de la Joconde, le naufrage du Titanic... Entre Les Aventures du Baron de Münchhausen et lesMarvel comics, Le remarquable et stupéfiant M. Léotard est un jubilatoire récit picaresque peuplé de proto-super-héros dans cette Europe à l'aube du XXe siècle.
Aida Karlsson, une jeune suédoise de treize ans, vit à proximité d'une petite ville dans la région du Småland. Elle et ses amies, Tess et Marre, viennent de rentrer en classe de cinquième et se retrouvent confrontées à de nombreux changements dans leurs relations avec les garçons ; nouvelles règles du jeu, nouveaux comportements, attouchements qui dégénèrent en agressions, relations amour/haine et cette frontière parfois ténue entre les simples jeux d'enfants et la violence... Les trois amies réalisent qu'elles vont devoir s'endurcir pour ne pas perdre leur place dans la nouvelle hiérarchie qui s'instaure dans ce monde où les adultes sont presque perçus comme une menace, un monde où elles ne peuvent compter que sur elles-mêmes.Dans son premier livre, publié en 2014 en Suède, Hilda-Maria Sandgren dessine au crayon le récit sensible de ces prémices du passage à l'âge adulte, les rires et les blessures del'enfance qui ne vont peut-être jamais tout à fait guérir. Elle retranscrit le temps qui s'écoule et ses bouleversements ; cette métamorphose des corps et des caractères reflétée par les changements de la nature au fil des saisons, avec de magnifiques dessins de paysages, les champs, les cours d'eau et les forêts où des drames se nouent parfois...
La douleur, quelle chose étrange est le premier volume d'une trilogie de courts essais en bande dessinée consacrés à la douleur, au trauma et à l'anxiété par les anglais Steve Haines et Sophie Standing. La douleur, quelle chose étrange explore les mécanismes psychologiques et physiologiques à l'oeuvre dans le phénomène de la douleur, à la fois familier et craint. Praticien adepte des médecines douces, sans pour autant être un adversaire de la médication, Steve Haines aborde le question du regard que la société porte sur la douleur (considérée comme une émotion ou un signal d'alerte selon les écoles) et examine de façon approfondie, à l'aide de très nombreuses références et citations de spécialistes du domaine, comment la douleur agit.Steve Haines s'attarde plus particulièrement sur les douleurs chroniques qui sont souvent dans l'angle mort de la médecine conventionnelle et dont il n'est pas toujours possible d'identifier la cause. Les nombreux concepts et mécanismes biologiques abordés au fil de cet ouvrage sont brillamment mis en images par Sophie Standing qui parvient à associer un réel parti-pris stylistique à une narration documentaire et pédagogique.Les deux autres titres de la trilogie: Le Trauma, cette chose étrange et l'Anxiété cette chose étrange paraîtront au premier semestre 2019.
Alerte rouge est un re´cit semi-autobiographique situe´ dans le milieu de la sce`ne alternative yougoslave des anne´es 1980, alors que le punk rock franchit le rideau de fer pour devenir un mouvement important, le plus souvent re´prime´ par le re´gime autoritaire de l'e´poque. 20 ans plus tard, Youri, alias « La Taupe », ancien batteur du groupe punk Alerte Rouge devenu graphiste, est un homme marie´, pe`re d'un enfant et citoyen mode`le. Il se reme´more avec nostalgie, mais aussi avec une pointe d'ironie, le de´but de son groupe des anne´es 80 et de ses premiers concerts alors qu'il e´tait encore lyce´en. Puis arrive la traditionnelle se´paration des membres du groupe, la plonge´e dans la came mais aussi la hantise du service militaire, au moment de l'inde´pendance de la Slove´nie et de la guerre dans l'ex-Yougoslavie. Le re´cit fait des va-et-vient entre 1982 et 2010, et l'on retrouve ainsi les protagonistes a` des e´tapes marquantes de leur vie. Dro^le, un poil cynique et dote´ d'un rythme tre`s enleve´, Alerte Rouge est le premier roman graphique de Tomaz? Lavric?, alias TBC, l'auteur slove`ne le plus connu dans son pays et a` l'e´tranger. Originellement auto-e´dite´ en 1996, le livre a e´te´ publie´ dans une version augmente´e en 2010 en Slove´nie. C'est cette e´dition qui est publie´e par les e´ditions c¸a` et la`, comple´te´e par une nouvelle introduction de TBC.
Après La douleur quelle chose étrange (octobre 2018) et L'Anxiété quelle chose étrange (mars 2019), Steve Haines consacre un nouveau petit précis à un thème de santé. Il se penche ici sur le traumatisme psychique, qui touche tout le monde à des degrés plus ou moins importants. En trente-deux pages, Haines brosse un tableau synthétique de ce que l'on sait sur ce phénomène psychologique en s'attardant notamment sur sa manifestation la plus courante, la dissociation.Cette réaction de notre cerveau à un ou plusieurs événements insupportables se manifeste par des amnésies sélectives ou une sensation de déconnexion de son propre corps dans le cas des expériences les plus traumatisantes. Comme dans ses précédents ouvrages, Steve Haines propose également des pistes pour les personnes qui souffrent de traumatismes psychiques, à base de techniques simples qui peuvent permettre de diminuer l'intensité des troubles ressentis.L'illustratrice anglaise Sophie Standing, déjà dessinatrice des deux autres essais de Steve Haines, met à nouveau en dessin le texte avec un vrai travail stylistique et la volonté de rendre compréhensible les explications du scénariste mais aussi de trouver des astuces graphiques tout en utilisant une palette de couleurs et un style singuliers, inhabituels dans le registre de la bande dessinée didactique.
À 21 ans, J.B. se retrouve à son grand désarroi de nouveau coincé chez ses parents, dans un patelin du fin fond de l'Ohio. Il vient d'arrêter la fac et doit absolument trouver un boulot pour ne plus avoir sa mère sur le dos en permanence. Suite à une annonce providentielle parue dans le magazine municipal, J.B. se retrouve engagé sur le champ comme éboueur contractuel. Il sera bientôt rejoint par un ancien pote de lycée, Mike. À eux deux, ils vont découvrir les joies de ce métier, se confronter aux habitants les plus dérangés de la ville, aux éboueurs titulaires de longue date, aux chiens errants et aux sacs poubelle mal fermés. Pendant une longue année, ils devront faire leur tournée quotidienne sous la pluie, la neige ou sous un soleil de plomb, persécutés en permanence par leur chef, l’infâme Will E.Après Mon Ami Dahmer (Prix Révélation Angoulême 2014) et Punk Rock & Mobile Homes, Derf Backderf change de registre tout en continuant à nous parler des petites villes de banlieue américaines... Librement inspiré de l'année qu'il a passée à être éboueur, entre la terminale et sa première année de fac, Trashed est à la fois un truculent récit parsemé d'anecdotes hilarantes, un portrait au vitriol de l'American Way of Life et un document édifiant sur les dommages collatéraux de la société de consommation.
Sara est le premier roman graphique d'une auteure espagnole, Anapurna (de son vrai nom Ana Sainz), récompensé par le Prix Fnac Salamandra en 2015. Dans ce récit, une jeune artiste, Sara, quitte l'Espagne pour suivre une formation dans un atelier de gravure à Karlsruhe, en Allemagne, alors que son père vient tout juste de décéder. Elle débarque dans ce pays inconnu, maîtrisant très mal la langue. Encore sous le choc de la mort de son père, Sara n'est pas rassurée par son nouvel environnement. Elle vit chez Greta, une vieille allemande très douce mais un peu mystérieuse. La nuit, Sara entend des bruits inquiétants en provenance du sous-sol de la maison. Elle en vient à se demander si Greta n'est pas une dangereuse maniaque...Partiellement inspiré d’événements arrivés à l'auteur (le décès de son père et un séjour en Allemagne dans le cadre de ses études artistiques), Sara est un récit sur la frontière parfois ténue entre la raison et la folie qui traite de la paranoïa, de la perte d'un être cher et de la tragédie historique. Au diapason des pensées du personnage principal, les fines hachures du dessin remplissent tout l'espace des cases, contribuant à créer un climat étouffant et oppressant et la bichromie par petites touches contraste avec la noirceur des fantasmes de Sara et ses démons personnels. Un premier ouvrage remarquablement maîtrisé.
« Il n’y a rien de pire qu’un livre sur l’éducation des enfants dans lequel l’auteur se présente comme un parent parfait, avec toutes les bonnes réponses. Mike Dawson n’a pas cette prétention. Élever des enfants dans nos sociétés modernes est devenu beaucoup plus compliqué au niveau social, politique et religieux que pendant les décennies précédentes. Mike n’a aucune certitude dans ce domaine, uniquement des craintes, et c’est la même chose pour tous les parents, ou ça devrait l’être. Ses conflits intérieurs font de ce livre un ouvrage à la fois divertissant et sincère. Nouvelles du front d’un père moderne est non seulement destiné aux parents mais aussi à tous ceux qui veulent réfléchir à l’influence que notre monde a sur les jeunes, et franchement, cela concerne tout le monde. »- Julia Wertz auteur de L’attente infinie et Whiskeys & New York.Au fil d’une douzaine d’histoires courtes, autobiographiques ou non, Mike Dawson nous livre un commentaire décalé et sensible sur des questions liées à l’éducation des enfants. Entre le choix des jouets, l’apprentissage du vélo et ses angoisses anticipées sur les futurs petits amis de sa fille, il met en évidence la difficulté de rester un parent zen dans un mode contrasté où les fusillades dans les écoles et les princesses Disney bénéficient de la même couverture médiatique.
Derf Backderf a passé son enfance à Richfield, petite ville de l’Ohio située non loin de Cleveland. En 1972, il entre au collège, où il fait la connaissance de Jeffrey Dahmer, un enfant solitaire au comportement un peu étrange. Les deux ados se lient d’amitié et font leur scolarité ensemble jusqu’à la fin du lycée. Jeffrey Dahmer deviendra par la suite l’un des pires serial killers de l’histoire des États-Unis. Son premier crime a lieu à l’été 1978, tout juste deux mois après la fin de leur année de terminale. Il sera suivi d’une série de seize meurtres commis entre 1987 et 1991. Arrêté en 1991, puis condamné à 957 ans de prison, Dahmer finira assassiné dans sa cellule en 1994.Mon Ami Dahmer est donc l’histoire de la jeunesse de ce tueur, à travers les yeux de l’un de ses camarades de classe. Précis et très documenté, le récit de Derf Backderf (journaliste de formation) décrit la personnalité décalée de Dahmer qui amuse les autres ados de cette banlieue déshumanisée typique de l’Amérique des années 1970. Dahmer enfant vit dans un monde à part, ses parent le délaissent, il est submergé par des pulsions morbides, fasciné par les animaux morts et mortifié par son attirance pour les hommes. Personnage fascinant, voire attachant car presque victime de son environnement, Dahmer vit une implacable descente aux enfers vers une folie irréversible.
Chris, un jeune londonien, vit en colocation avec un ancien ami de fac, James. Chroniqueur de films pour un site web, Chris a une petite copine, Alex, qui fait partie avec James d'un groupe d'amis qui se connaissent depuis le lycée. A l'occasion des funérailles d'un certain Georges, Chris rencontre Una, qui s'avère être la jeune veuve du défunt. Attiré par cette femme, il la retrouve à plusieurs reprises.Au fur et a mesure qu'Una et Chris se rapprochent l'un de l'autre, la relation de celui-ci avec sa petite amie se détériore, il se sent de plus en plus à l'écart de leur petit groupe. Le malaise ne fait que s'accentuer quand Chris apprend qu'Una faisait auparavant partie de ce cercle et qu'ils ont tous rompus avec elle lorsqu'elle a épousé cet homme plus âgé . Una était la meilleure amie de la fille de Georges, avant de tomber amoureuse de lui et d'être exclue du cercle d'amis.Après Slow News Day, Ruptures et Little Star, on retrouve avec bonheur l'univers d'Andi Watson, ses histoires de couples en devenir ou en fin de vie, de jeunes adultes désemparés et un peu perdus, dans ce nouveau livre ou le dessin se fait encore plus libre. Dans Points de Chute Andi Watson décrit les relations compliquées d'amis qui vivent chez les uns et les autres, les tensions, les relations amoureuses...Il livre une sorte de version en demi-teinte de la serie Friends, grave et mélancolique, ou les sentiments sont comme étouffés.
Né en 1939 à Cleveland (Ohio) et mort en juillet 2010, Harvey Pekar est l'un des pionniers de l'autobiographie en bande dessinée. Au début des années 1960, il est employé au classement d'un hôpital public de la ville de Cleveland, critique de jazz et collectionneur de vieux disques pour arrondir ses fins de mois. Il rencontre alors le dessinateur Robert Crumb et découvre la bande dessinée underground américaine. Fasciné par les possibilités offertes par ce medium, il développe quelques années plus tard un projet de bande dessinée autobiographique et, incapable de dessiner, il convainc Crumb et deux dessinateurs de Cleveland, Gary Dumm et Greg Budgett, d'illustrer les premières histoires. En 1976, il décide d'auto-éditer sa bientôt mythique série, American Splendor, à laquelle la fine fleur de la scène indépendante américaine va participer. La série a reçu le très prestigieux American Book Award en 1987. American Splendor a été adaptée au théâtre en 1985 et 1990, puis au cinéma en 2003. Ce second volume de l'anthologie American Splendor regroupe des histoires publiées entre 1983 et 1991,écrites par Harvey Pekar et dessinées par Gary Dumm, Sean Carroll, Mitch Sonoda, Val Mayerik, Bill Knapp, Frank Stock, Joe Zabel, Don Simpson, Alan Moore, Rebecca Huntington, Carole Sobocinski, Jim Woodring, William Fogg, Gerry Shamray et Kevin Brown.
50 ans après les événements tragiques de la manifestation de Kent State, Backderf livre un récit historique magistral et poignant.Après l'autobiographie (Mon Ami Dahmer) et l'autofiction (Trashed), l'auteur américain Derf Backderf réalise un magistral documentaire historique sur les années 1970 et la contestation contre la guerre du Vietnam. Kent State relate les événements qui ont mené à la manifestation du 4 mai 1970 et à sa violente répression sur le campus de cette université de l'Ohio. Quatre manifestants, âgés de 19 à 20 ans, furent tués par la Garde nationale au cours de cette journée. Cet événement marqua considérablement les esprits et provoqua des manifestations gigantesques dans tout le pays avec plus de quatre millions de personnes dans les rues, marquant un retournement de l'opinion publique sur l'engagement américain au Vietnam.Derf Backderf, avait 10 ans à l'époque des faits. Il a vu des troupes traverser sa ville en 1970, et il a été profondément marqué par la répression sanglante de la manifestation du 4 mai. Dans Kent State, il brosse le portrait des étudiants qui seront tués au cours de la manifestation ainsi que celui d'un membre de la Garde nationale. Sa description détaillée de la journée du 4 mai 1970, montre comment l'incompétence des responsables locaux a débouché sur une véritable boucherie.Derf Backderf a consacré trois ans à la réalisation de Kent State, il a réalisé un véritable travail journalistique et interviewé une dizaine de personnes ayant participé à la manifestation. Kent State est un récit extrêmement prenant, poignant, une leçon d'histoire et une démonstration implacable de l'absurdité de l'utilisation de la force armée pour contrôler des manifestations.