Tout est contrebasse dans ce CD/DVD et si certaines pièces sont écrites pour la contrebasse seule, l'utilisation de loops dans d'autres, permet une véritable démultiplication de l'instrument. Ces boucles, constituées d'une variété de sons issus de la seule contrebasse, produisent : percussions, harmoniques, voicings, pizzicati. Une véritable orchestration évolutive qui permet au jeu soliste et improvisé de s'exprimer dans toute son étendue et sa variété (et non par des ostinati répétitifs et sans nuances). L'inspiration des thèmes oscille entre orient et occident, mais aussi entre musique ancienne et musiques actuelles : médiévales (Marcevol); baroque (Hacía Compostela); Orientales (Voyage à Jeyhounabad); africaines (Kalimbass); latino (Yupanqui); rock, blues (Rock Wandering); espagnole (Bajo Flamenco). Renaud réalise ici son rêve de toujours : faire de la contrebasse un instrument à vocation universelle qui se suffit à lui même; Donner à entendre - et à voir - les mille et une voix, de la belle, en explorant toutes les techniques de l'archet au pizzicato. La musique est affaire de vibrations et c'est le prieuré de Marcevol de par son emplacement (proche de l'Espagne) et ses origines romanes, qui s'est imposé à lui comme lieu idéal pour donner corps à l'entreprise, tant par sa sonorité équilibrée - avec juste ce qu'il faut de réverbération naturelle - que par l'esprit qu'il s'en dégage favorisant une inspiration à la fois spirituelle et festive telles que son répertoire l'exprime.
Nouvelle adaptation de l'Arpeggione par Luigi Piovano. Récemment nommé chef attitré de l'orchestre des cordes de l'Accademia di Santa Cecilia, Luigi Piovano a concocté un programme de choix pour leur premier disque. Il a lui même réalisé une adaptation de la fameuse sonate Arpeggione de Franz Schubert, assumant avec brio le rôle de soliste sur un violoncelle piccolo à 5 cordes afin de s'approcher le plus possible de l'arpeggione et permettre ainsi l'exécution des octaves originales. La présence de l'orchestre donne une nouvelle dimension à l'oeuvre et semble si naturelle qu'on en vient à douter qu'il en fut autrement. Le quatuor La Jeune Fille et la Mort est, lui, interprété dans la version de Gustav Mahler de 1896. La force de l'ensemble orchestral est encore plus débordante que le quatuor, voire dévastatrice ! L'ajout de la contrebasse au canevas musical confère à l'oeuvre une plus grande profondeur et une plus grande dramaturgie, obscurcissant les couleurs et portant les sentiments et l'émotion aux firmaments.
Louisa Bey (voc), Olivier Louvel (g,dobro,mandoline) Alexandre Saada (p,Rhodes & Wurlitzer) Gilles Coquard (b), Xavier Desandre-Navarre (perc,dr) Invité : Hervé Meschinet (fl) Le parcours de cette artiste est éclectique. Cumulant les talents d'auteur, compositeur et chanteuse de jazz, Louisa Bey (nom de scène choisi en hommage à Abbey Lincoln) a étudié le piano classique, a pris le temps d'obtenir un DEA de droit communautaire, d'acquérir une expérience professionnelle dans la communication, puis a commencé en 2002 les cours de l'école Atla et notamment le jazz vocal se découvrant alors une passion pour cette musique qui lui permet d'exprimer et d'interpréter les émotions qui trouvent écho en elle. En octobre 2002, une rencontre est déterminante : celle de Frédéric Charbaut et de Donatienne Hantin, organisateurs du Festival Jazz à Saint- Germain-Des-Prés où Louisa donne son premier concert en 2003. Puis elle part à Tanger pour le festival Tanjazz où elle rencontre le pianiste Nico Morelli qui l'accompagne et l'encourage à lui présenter ses compositions. Il est trop tôt pour que ces deux-là travaillent ensemble, mais ce n'est qu'une question de temps...Louisa s'entoure alors du pianiste Alexandre Saada et de sa rythmique (Laurent Sériès à la batterie et Jean-Daniel Botta à la contrebasse). Après quelques concerts donnés à Paris, une nouvelle aventure Tanjazz s'annonce en mai 2004. Le quartet apprend à se connaître et l'expérience de la grande scène de la Mandoubia à Tanger restera pour tous, un grand moment. Suivent alors les clubs parisiens : le Sunside, les Sept Lézards, l'Archipel, le Café Universel, et les festivals Jazz à Saint- Germain-des-Prés et Jazz à Vienne. Le thème de Turning Me Jazz est tourné vers l'espoir et le jeu, sans perdre de vue les petites noirceurs de la vie. « Mon discours est de ne pas juger; d'exprimer par ma voix, mes textes et ma musique d'autres vies qui ne sont pas les miennes, et d'essayer d'en comprendre les émotions. Je recherche un discours universel via une multitude d'individualités. » Un jazz au caractère folk et pop autour d'une formation dont le socle est la guitare (Olivier Louvel). Le travail s'articule autour des compositions de Louisa Bey, inspirées par des artistes tels Herbie Mann, Gil Scott Heron, Joni Mitchell ou Nick Drake. L'ensemble puise sa source dans les « seventies » avec le choix d'un son plus ample et plus profond, grâce à la présence de la basse électrique, des percussions, du Rhodes, du Wurlitzer, et de la flûte. Nouvelles compositions, nouvelle formation pour ce disque dont la direction artistique a été assurée par Olivier Louvel.